La Banque africaine de développement (BAD) organise en collaboration avec Fonds international pour le développement de l’agriculture (FIDA), le 22 et 23 octobre, le forum international sur le transfert de fonds. Il s’agit du troisième d’une série de « congrès novateurs mettant en relief l’importance de la migration internationale et le caractère vital du flux des envois de fonds ». Le principal objectif du Forum est de mieux faire connaitre les envois de fonds internationaux en Afrique et l’identification des solutions en matière de politiques susceptibles d’améliorer l’environnement pour les transferts de fonds vers le continent africain. Cette initiative de la Bad a pour objectif de maximiser l’impact de développement des transferts de fonds des migrants avec une réduction de leurs couts. En effet, les migrants jouent un rôle important en tant que force capable de stimuler le développement durable dans leurs sociétés d’origine. Durant ces dernières années, les transferts de fonds effectués par les travailleurs migrants ont dépassé les flux d’aide officiels voire les investissements étrangers directs en tant que source de financement extérieur pour de nombreux pays en développement Selon le nouveau rapport publié par le Fonds international pour le développement agricole (FIDA), les travailleurs africains envoient plus de 40 milliards de dollars américains vers leur pays d’origine chaque année. 30 à 40% de tous les envois de fonds vers l’Afrique sont destinés aux zones rurales. Il s’agit surtout d’une forme d’aide à la couverture de besoins de base et de dépenses d’urgence ou sociales des familles dans les pays d’origine. Ceci représente 50 % des volumes transférés. Ces fonds émanent pour l’essentiel d’une population dont le niveau de revenu est souvent proche voire inférieur aux revenus minimum du pays d’accueil (85 % des cas). Toutes fois, les lois restrictives et les commissions élevés constituent un obstacle pour le développement des envois de fonds.. Selon Charles Boamah, directeur du département du contrôle financier à la BAD, la contribution de celle-ci est importante dans la mesure où elle contribue à promouvoir les partenariats entre les instituions de micro finance africaines et les institutions financières aux Etats Unis, acteurs majeurs de la gestion des transferts, et ce , en vue d’ établir un lien entre les envois et d’autres services financiers. Rappelons qu’avec la conjoncture actuelle, une baisse de 7-9% est prévue dans les flux de transferts de fonds vers toutes les régions en développement. En effet, et compte tenu de sa contribution dans la croissance économique, le transfert de fonds ne cesse de connaitre des problèmes (l’envoi d’argent est perdu dans une proportion de 20%). Pour cela, il est important d’identifier les mécanismes qui gouvernent le marché des transferts de fonds et les déterminants de l’offre et de la demande. Dans ce sens, Basilio Toth, , du Groupe de travail du G8, chargé des transferts de fonds, a souligné l’intérêt qu’ attache le G8 pour le transfert de fonds en tant que source de croissance pour les pays en voie de développement. Rappelons que lors du dernier sommet du G8, les participants ont reconnu l’impact de flux des envoies de fonds sur le développement. D’où l’importance de réduire les coûts des envois à 50% durant les cinq prochaines années, sachant qu’en dépit de la grisaille économique, le transfert de fonds a augmenté de 6% cette année. Parallèlement, il a mis en relief le rôle du secteur privé dans le transfert des fonds. Actuellement, plusieurs agences privées de transfert de fonds partagent ce marché. L’intérêt de celui-ci étant de satisfaire les besoins des familles restées au pays. Comme possibilités de développement, Basilio Toth a identifié en premier lieu le renforcement du secteur financier et la déréglementation des marchés de transfert de fonds afin d’accroître la concurrence. En développant le potentiel des politiques de développement liées à la migration, une efficace gestion des migrations pourrait freiner la fuite des cerveaux et encourager un développement cofinancé. A noter que ce forum coïncide avec la signature de l’accord portant création du Fonds fiduciaire sur les transferts de fonds des migrants entre la BAD et le ministère français de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, ainsi que le Fonds international pour le développement de l’agriculture (FIDA). |