En général, la loi du marché impose à tout acteur un effort supplémentaire pour se différencier de la concurrence afin de survivre et de prospérer. Cet effort est intimement lié à l’innovation et à la création dans la mesure où le produit lancé doit être révolutionnaire ou, à tout le moins, porteur. Toutefois, dans le domaine de l’innovation technologique, les entreprises créatrices souffrent du problème de la piraterie tandis que d’autres voulant améliorer un produit existant voient la propriété intellectuelle et les brevets en tant que frein. C’est un sujet polémique qui a été débattu à l’occasion de la journée mondiale de la propriété intellectuelle dans le cadre d’un séminaire international ayant pour thème » l’Innovation technologique et le respect de la propriété intellectuelle » organisé, mardi 27 avril 2010 à Gammarth (banlieue Nord de Tunis), conjointement par l’Organisation Arabe des Technologies de l’Information et de la Communication et le ministère de la Technologie de la communication et en collaboration avec Microsoft.
La propriété intellectuelle un atout pour l’innovation Dans un contexte de compétition internationale, la propriété intellectuelle est pour les entreprises un moyen stratégique de concurrence, car elle permet de manière légale de contraindre les compétiteurs, limitant leur liberté, de les placer en situation de dépendance les excluant du marché. C’est pourquoi les pays leaders ou les plus agressifs commercialement sont si soucieux et actifs au sujet de la PI. « Arme défensive et offensive, un instrument de conquête de communication, la propriété intellectuelle protège les droits des inventeurs et des entreprises innovants et donne à tous les opérateurs économiques les moyens de gagner des marchés », a affirmé Charlton Adams, Président de l’IEEE. Pour lui, l’entreprise peut en tirer d’importants bénéfices, tant en termes de profit qu’en valeur d’image. Le privé, la locomotive de l’innovation Les participants au séminaire ont mis l’accent, d’un autre côté, sur le rôle crucial du secteur privé dans l’innovation et le développement technologique. Le 21ème siècle est sans doute l’ère de la société d’information. Cette nouvelle conjoncture est marquée par une grande corrélation entre le secteur public et le secteur privé en vue de réduire le fossé numérique et de s’unir au bénéfice de tout le monde. L’encouragement de l’Etat et les potentialités mises à la disposition du secteur privé l’ont mobilisé à prendre l’initiative et à jouer son rôle de miroir pour la société à l’extérieur. Un rôle crucial et une contribution active pour mettre les avantages de la société de l’information à la portée de tous. Toutefois, les enjeux de la société de l’information sont plus profonds et plus complexes que ceux des ères précédentes. En effet, la propriété intellectuelle, bien qu’elle soit une aubaine pour les uns, elle constitue un dilemme pour les autres, pouvant être un frein à l’innovation. En général, pour bénéficier d’un brevet ou d’une invention enregistrée sous droit d’auteur, l’éventuel exploitant devrait rembourser des sommes d’argent colossales aux détenteurs de la marque et de remplir certaines conditions qui sont parfois impossibles, et le contrevenant s’expose à des pénalités financières(amende) et même privatives de liberté ( prison ferme). Ces conditions, bien qu’elles soient un avantage et un moteur d’innovation, n’en constituent pas moins un handicap à la création et à l’innovation |