Dans un communiqué publié, pour la seconde fois ,sur la presse officielle tunisienne par l’Ordre des experts comptables (OECT), le Conseil de l’Ordre «désapprouve la pratique de certaines entreprises d’établir une liste restreinte de professionnels habilités à intervenir sur des missions ou dans des secteurs bien déterminés et considère que les listes restreintes sont source de concentration des missions et d’exclusion des cabinets, ce qui est contraire à l’équité, aux règles d’éthique et d’indépendance, et aux exigences de qualité». Ceci pour l’information, qui est sacrée. Pour le commentaire, qui est libre rappelons- le, il nous semble là que l’OCET part avec ce communiqué, dans un combat à la «Donquichotte», contre les moulins à vents d’une pratique, qui existerait peut-être dans la pratique de certains grands groupes, mais qui reste improuvable. Une «guerre de Donquichotte » où l’OECT s’est réveillé un peu tard, puisqu’il n’a décidé de désapprouver les pratiques, objet de son communiqué, que suite à une «dispute» entre deux cabinets d’expertise comptable à propos de l’appartenance à un réseau étranger. De plus, le Conseil n’a fourni aucune preuve tangible de l’existence de ce genre de listes où le choix du cabinet d’expertise se fait sur appel d’offres publié dans un pays de libre économie où le concurrence est tout aussi libre et où les choix sont validés par les assemblées générales des entreprises concernées. Une conférence de presse avec des preuves tangibles de telles pratiques, si elles existaient, aurait aidé l’OECT à mieux se battre pour l’équité et le respect de l’indépendance et à mieux dénoncer les cabinets qui multiplient ou qui ont multiplié impunément les missions d’expertise et pratiquent ou ont pratiqué impunément la concentration des missions qui nuit aux exigences de qualité. Dans ce communiqué aussi, et pour l’information, le Conseil de l’OECT « rappelle que l’adhésion à un réseau étranger ne constitue pas nécessairement un avantage compétitif, ni un label de qualité, de sécurité et de compétence ». Pour le commentaire qui est libre, il y a lieu de se demander pourquoi ce Conseil dont nombre des membres est déjà affilié ou était affilié à ce genre de réseau même s’ils ne sont pas parmi les Bigs, a choisi ce moment pour faire ce rappel, par ailleurs plein de nationalisme ? Où était donc l’OECT lorsque le premier cabinet a conclu convention avec le premier réseau et a affiché ses armoiries et même les fanions de ces réseaux ? Pourquoi avoir maintenant changé son fusil d’épaule et ne pas appliquer ou avoir déjà appliqué le règlement intérieur de l’Ordre à ce sujet concernant la part du capital étranger dans les cabinets nationaux ? |