La 14ème session ordinaire de l’Union Africaine (UA), tenue récemment à Addis Abeba (Ethiopie), siège de l’UA, a été consacrée, pour l’essentiel, aux nouvelles technologies de l’information et de la Communication en Afrique sous l’angle des défis et perspectives pour le développement.
Contrairement à la téléphonie où l’Afrique se prévaut d’un taux de pénétration de 42%, des retards devront être comblés pour ce qui est de l’Internet et de la bande large, nous a déclaré Hamadoun Touré, SG de l’Union Internationale des Télécommunications, présent au Sommet de l’UA. Interview :
Au niveau du sommet de l’Union Africaine à Adis Ababa où le thème justement porte sur les technologies de l’information et de la communication, pensez-vous qu’avec cette crise de conscience aujourd’hui, les TIC peuvent émerger sur le continent africain ?
On a fait un grand pas, et un sommet de l’Union Africaine pour la première fois a comme thème un thème de développement, c’est les technologies de l’information et de la communication. En fait, on n’a plus besoin de convaincre les chefs d’Etat de la nécessité de la mise en place de la technologie de l’information et de la communication comme outil de développement. Il s’agit pour nous de voir comment on peut avoir des stratégies au niveau régional et continental pour qu’on puisse avoir une harmonisation des politiques de développement et je suis vraiment très heureux en tant que secrétaire général de l’Union Internationale des Télécommunications de voir enfin que le continent africain est en train d’émerger et prend la place qui lui revient normalement dans le concert des nations.
Et au niveau de l’Union Internationale des Télécommunications, est-ce que vous êtes prêt à accompagner le continent ? Et que pouvez-vous faire concrètement ?
Vous savez que nous avons fait beaucoup de travail avec la Commission de l’Union Africaine déjà depuis le temps du président Konaré, et maintenant avec Jean Ping nous travaillons beaucoup ensemble pour l’harmonisation, donc des projets très concrets. Nous sommes en train de voir maintenant au-delà de l’harmonisation des politiques comment concrètement nous pouvons faire des projets d’interconnexion dans le continent africain parce que c’est la deuxième chose qui manque. Au delà de cela, les deux étapes suivantes sont :
premièrement, la formation et le développement des capacités dans tout le continent et deuxièmement le développement des services et applications pour la télémédecine, la télé éducation et le télé commerce et aussi la télé agriculture qui sont des outils de démocratisation qui donnent beaucoup plus de puissance aux citoyens. Nous sommes donc en train d’y travailler avec la Commission de l’Union Africaine, et nous sommes en train de travailler également avec les pays individuellement. Il y a déjà un grand pas qui a été fait dans le domaine des mobiles. Vous savez que le continent africain aujourd’hui a un taux de pénétration de 42%, ce qui est phénoménal, et personne ne pouvait croire qu’il y a dix ans seulement, nous étions à -5%. Donc, maintenant il faut capitaliser sur cela et voir comment nous pouvons augmenter le taux de pénétration de l’Internet qui est seulement à 8% dans le continent africain et aussi le taux de pénétration de la large bande. Ce sont donc deux domaines où nous sommes en retard, mais, évidement, vous me connaissez très bien, c’est un challenge et on peut tourner ce challenge en opportunité, et moi je dis que ce sont des très grandes opportunités qui s’offrent au continent africain.
Cinq ans après la seconde phase du Sommet mondial sur la société de l’information qui s’est tenu à Tunis, peut-on dire aujourd’hui que les objectifs sont vraiment atteints ?
On est en 2010, cinq ans donc après le Sommet mondial sur la société de l’information qui était organisé par l’Union Internationale des Télécommunications, et cinq ans avant la date butoir de 2015 qui est la date fixée aussi pour les objectifs qui ont été mis par le Sommet mondial de la société de l’information. Donc, nous somme en train de faire une réévaluation mondiale de l’état d’avancement dans le domaine des technologies de l’information et de la communication et cela nous permettra de réajuster les tirs afin que l’objectif de 2015 soit maintenu. Nous avons déjà au niveau du continent africain organisé le sommet « connecter l’Afrique » à Kigali en 2007 pour pouvoir donner une stratégie africaine dans le continent et on l’a bien réussi. A Kigali aussi, on a fixé des objectifs assez ambitieux mais réalisables : connecter toutes les capitales africaines d’ici 2012, ce qui est très avancé, et il s’agit d’ailleurs pour nous ici à Adis Abeba de voir comment nous pouvons faire les interconnexions entre les pôles qui existent déjà parce que beaucoup d’investissements étaient faits dans ces pays, et d’une autre part comment faire en sorte que nous puissions développer beaucoup plus de contenu. C’est encore un autre challenge, mais nous avons vu qu’il y a beaucoup de success stories dans plusieurs pays. Il s’agit pour nous de ne pas faire des erreurs qui ont été commises et partager l’information pour que nous puissions avancer.