Les automobilistes sénégalais prendront leur mal en patience jusqu'à vendredi prochain pour une reprise normale de la distribution du supercarburant, un produit sous tension depuis l'arrêt des quatre principales raffineries d'Afrique de l'Ouest.
Dans un communiqué parvenu mardi à la PANA, le ministère sénégalais de l'Energie, qui "s'excuse pour les désagréments" causés par la rupture de stock de supercarburant, annonce que "la distribution devrait reprendre son cours normal à compter de ce vendredi".
Le secrétaire permanent du Comité national des hydrocarbures (CNH), Abdoulaye Guèye, attend l'arrivée de la prochaine cargaison de supercarburant le 4 février. "Un autre tanker est annoncé pour la fourchette 14-18 février 2010", a-t-il ajouté.
Selon lui, la rupture résulte du fait que le principal importateur local n'a pas pu trouver le produit dans la sous-région. "Aucune goutte d'essence n'est aujourd'hui produite dans ces quatre raffineries de l'Afrique de l'Ouest", a-t-il dit.
M. Guèye a expliqué que "l'opérateur s'est rabattu sur l'Europe". Cet importateur leader sur ce produit s'était engagé sur une fourchette d'arrivée de la cargaison, du 20 au 31 janvier 2010, au moment où la demande nigériane dope le marché européen.
"L'Europe, excédentaire naturelle en essences, a vu le Nigeria, fournisseur traditionnel de la SAR (Société africaine de raffinage, basée à Dakar), importer chaque mois un million de tonnes de supercarburant de son marché (européen); d'où la forte tension observée sur ce produit sur le marché international", a noté M. Guèye.
Alors que des millions de fidèles musulmans se rendent cette semaine à Touba (194 km, à l'est de Dakar), au pèlerinage annuel de la communauté mouride, les automobilistes sénégalais font la queue, depuis lundi matin, devant les stations services pour se procurer le supercarburant.
Cependant, précise le secrétaire permanent du CNH, "le gasoil n'est nullement concerné par cette situation, (son) marché étant suffisamment approvisionné pour ce produit qui représente 85 pour cent de notre consommation en carburant".
La tension qui existe sur le stock de supercarburant résulte en outre de l'arrêt de la SAR, contrôlée à 80 pour cent par l'Etat du Sénégal après une recapitalisation. Elle produit diversement 1,2 million de tonnes d'hydrocarbures raffinés par an pour une consommation domestique de 1,8 million.
Actuellement, la SAR négocie avec Bin Ladin Group un accord devant lui rapporter 320 millions d'euros (environ 150 milliards de FCFA). Ainsi compte-t-elle porter à moyen terme sa capacité de raffinage à trois millions de tonnes.
Le CNH relève aussi les difficultés actuelles que traverse l'industrie du raffinage en Afrique de l'Ouest. La Société ivoirienne de raffinage (SIR) et la Raffinerie du Ghana (TOR) sont à l'arrêt. Au Cameroun, l'unité de production d'essences de la SONARA est aussi dans la même situation.
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