Outre les crises régionales, notamment au Soudan, le sommet de l’Union Africaine qui réunit jusqu’à mardi les représentants des 53 Etats membres de l’organisation, a procédé, au titre de son ordre du jour de lundi, à l’adoption du budget pour l’exercice 2010 et l’examen du rapport de la commission sur la mise en œuvre des décisions antérieures du conseil exécutif et de la conférence.
Par ailleurs, la commission de l’Union Africaine a, avec l’appui de ses partenaires au développement, lancé au titre de l’année écoulée, la première édition du Prix de mérite scientifique de l’Union Africaine. Dans ce cadre, le président de la commission de l’Union Africaine, Jean Ping, a indiqué que « ce jour est un jour mémorable pour la communauté scientifique africaine, car pour la première fois, l’Afrique, à travers la conférence des chefs d’Etats et de gouvernement de l’Union Africaine, va témoigner en face du monde entier, sa reconnaissance aux chercheurs africains en honorant les lauréats du Prix continental de l’Union Africaine pour le mérite scientifique ».
L’objectif principal de cette initiative est de stimuler la recherche scientifique aux niveaux national, régional et continental, et inciter les générations montantes, les femmes et les chercheurs confirmés, à la créativité et à l’innovation.
Interrogé sur la concrétisation des grands projets, Jean Ping, a souligné à cet égard que des projets concrets ont ainsi pu être lancés, notamment dans cinq grands secteurs : les infrastructures, l’énergie, l’enseignement, les TIC et l’agriculture. Ces projets dont certains dormaient depuis très longtemps dans les tiroirs, comme les infrastructures, sont maintenant remis à l’ordre du jour, en cours de lancement ou même en début d’exécution.
En effet, renforcer la compétitivité demeure par-dessus tout un impératif incontournable pour l’Afrique pour relever les défis de la mondialisation. Des efforts sont déployés tant au niveau régional qu’à l’échelle continentale, dans les domaines clés comme les infrastructures et les nouvelles technologies, ajoute-t-il.
De sa part, le professeur Jean-Pierre Ezin, commissaire en charge des ressources humaines, sciences et technologie, a précisé, lors d’une conférence de presse tenue au centre de conférences des Nations Unies, que les économies mondiales deviennent des activités basées sur la connaissance, c'est-à-dire, la science. Aussi, la capacité de générer, de développer, d’utiliser la connaissance et l’innovation apparaît-elle comme un facteur décisif pour soutenir la compétitivité, la croissance économique et la création de richesse.
Les TIC sont aujourd’hui le vecteur déterminant pour la génération et la transmission du savoir, d’où la pertinence du thème qui est au cœur de nos débats.
Pour lui, en termes d’accès, il est en effet fâcheux d’observer qu’avec une population représentant 15% de la population mondiale, l’Afrique ne compte aujourd’hui que 2,5% des abonnés à l’internet et moins de 1% des abonnés à la connectivité large bande du monde. Grande consommatrice de téléphones cellulaires et autres produits TIC, l’Afrique dispose de peu d’industries de fabrication dans ce secteur sur son sol, quand bien même son sous-sol regorgerait de matières premières utilisées pour la fabrication de composants de ces appareils et produits.
Mais malgré la croissance impressionnante du secteur de la téléphonie mobile qui n’a d’égal sur nul autre continent, des résultats enregistrés dans le domaine de l’innovation, beaucoup de défis persistent encore dans le secteur des TIC en Afrique tels que les disparités énormes entre pays et au sein d’un même pays, l’insuffisance d’infrastructures large bande, les tarifs élevés totalement prohibitifs pour l’accès à internet haut débit et le nombre limité de personnes sachant utiliser l’outil informatique