L'accord triennal d'un montant d'environ 560 millions de dollars signé en décembre entre le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement de Kinshasa constitue la réussite économique de la RD Congo cette année, estiment les observateurs.
En effet, notent-ils, cet accord permet au pays non seulement de disposer d'une bouffée d'oxygène financière, mais aussi et surtout de rentrer dans les bonnes grâces de la communauté financière internationale. L'accord s'inscrit dans le cadre d'un nouveau programme économique que la RD Congo a initié avec le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) dans le cadre de l'initiative des Pays pauvres très endettés (PPTE).
Il vise la réalisation de travaux d'infrastructures, finance la relance de l'économie congolaise par des réformes au plan de l'amélioration du climat des affaires et des Finances publiques permettant une meilleure allocation des ressources budgétaires, le renforcement de la qualité des dépenses publiques, le suivi de leur exécution.
"Le conseil d'administration du FMI vient d'approuver l'accord triennal au titre de la FRPC en faveur de la RDC, pour un montant d'environ 560 millions de dollars sur les trois années que durera le programme, ainsi qu'un appui supplémentaire dans le cadre de l'initiative PPTE d'environ 60 millions de dollars afin de réduire le poids de remboursement de la dette vis-à-vis du FMI d'ici au mois de juin 2010", a déclaré le représentant-résident du FMI en RDC, Samir Jah Jah, à la signature de cet accord le vendredi 11 décembre à Washington.
Comme on le constate, l'accord conclu en cette fin d'année entre la RDC et le FMI, tout en allégeant le fardeau de la dette du Congo à l'égard de ses créanciers, se présente comme une véritable bouée de sauvetage à la relance de l'économie congolaise.
En effet, il ressuscite la confiance et l'intérêt des investisseurs étrangers et également la motivation des investisseurs nationaux, tout en donnant des gages d’une bonne gouvernance publique qui constitue l'un des termes de l'accord.
Pour obtenir cette entente, la RDC a été mise à l'épreuve de l'expertise du FMI dont la dernière mission a séjourné à Kinshasa du 27 septembre au 10 novembre 2009 pour boucler les discussions sur les contrats chinois conclus par le gouvernement congolais depuis plus de deux ans et qui faisaient obstacle à un accord avec cette institution de Bretton Woods.
Le FMI exigeait de la RDC des "clarifications nécessaires, notamment en termes d'implications macroéconomiques et de soutenabilité de la dette, dans la convention signée entre ce pays et un consortium de sociétés chinoises". C'est à la suite de ces clarifications que la convention a été revisitée et réajustée de 9 milliards à près de 6 milliards de dollars.
Le 18 novembre dernier, le FMI a demandé au Club de Paris, qui réunit les plus grands créanciers de la RDC, de déduire des assurances financières qu'apporte le pays au regard des amendements qu’il avait apportés aux contrats signés avec la Chine.
Ces amendements devraient rassurer les créanciers du Congo et les institutions de Bretton Woods quant à la transparence de la gestion de ces contrats, à leur conformité au code minier congolais et au risque des exonérations sélectives, étant entendu que les contrats chinois sont partiellement remboursables en titres miniers.
On rappelle que cet accord est l'aboutissement de plus de six années de négociations entre la RDC et le FMI depuis le point de décision de l'initiative PPTE atteint par ce pays en 2003 et qui se donnait pour objectif d'atteindre le point d'achèvement deux ou trois ans après, au plus tard en 2006.
Mais c'était sans compter avec les nombreuses difficultés de mise en œuvre du premier programme conclu en 2002 et sans doute avec la méfiance suscitée par la conclusion des contrats chinois de près de 9 milliards de dollars qui amenèrent le FMI à mettre fin à son soutien formel conduisant à la remise en question du processus vers le point d'achèvement.
Ce dernier point, que la RDC espère atteindre à l'échéance de juin 2010, permettra à ce pays non seulement de recevoir des facilités financières du FMI, mais aussi d'alléger sa dette de près de 90% et de ramener sur le pays la confiance des investisseurs étrangers.
En RD Congo, la conclusion de cet accord constitue l'aboutissement d'une longue bataille économique qui annonce des jours meilleurs pour la reconstruction et le développement du pays qui seront financés désormais non seulement par les contrats chinois, mais également par les apports du FMI, les retombées de la remise de près de 90% de la dette estimée à une bonne dizaine de milliards de dollars et par l'afflux attendu de l'investissement étranger et national.
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