Depuis quelques années, l’INS (Institut National des Statistiques) élabore chaque trimestre une enquête de quelques 700 industriels et hommes d’affaires tunisiens et dresse un indice de confiance des chefs d’entreprises, dans le climat des affaires et dans l’évolution de la conjoncture nationale, fortement liée à l’international. Cette enquête trimestrielle est conduite par contact direct. Cela lui donnerait, certes, plus de poids, mais cela l’éloigne de sa conjoncture européenne où ce genre de baromètre est mensuel, donne plus de visibilité et permet surtout l’anticipation.
Les conjoncturistes tunisiens estiment, à propos de cet indice de confiance dégagé de l’enquête de l’INS que «après quatre trimestres consécutifs de contraction, l'indice de confiance des chefs d'entreprise s'est redressé au cours du deuxième et du troisième trimestre». Ils expliquent cette reprise par «une meilleure perception des industriels nationaux par rapport à l’évolution de leur environnement extérieur direct et la demande étrangère».

Et les conjoncturistes de rester tout de même réalistes et de corriger que «ce rebond de l’indicateur ne traduit pas forcément un franc rétablissement de l’activité puisque le niveau de l’indice atteint au troisième trimestre (94,5 points) reste encore au dessous de sa moyenne de long terme qui est de100 points». L’indice de confiance reste donc négatif de -5,5 % et l’on pourrait ainsi dire que les chefs d’entreprises tunisiens, n’ont pas encore la foi et restent encore plutôt pessimistes quant à l’éclaircissement des perspectives.

Ceci se traduit d’ailleurs dans le lien, étroit et visible, entre l’évolution de l’indice de production industrielle (ici en bleue) et celui de la confiance des chefs d’entreprises. On remarquera ainsi que chaque fois que la production a baissé, l’indice de confiance était parti nettement plus bas. Le lien est tout aussi évident et étroit, entre l’indice de confiance tunisien et celui européen.