Regardé comme l’un des axes principaux du développement, le secteur des transports ne cesse d’être au centre des préoccupations et des réflexions des différents acteurs. Ceux-ci considèrent ce secteur comme crucial et incontournable pour la réalisation des objectifs économiques et sociaux du gouvernement.
A cet effet, le projet Enfidha, réalisé en pleine crise financière mondiale, à été distingué à Londres comme étant le « Projet financier de l’année » et qualifié de « Meilleur projet » par les investisseurs africains en Afrique du Sud.
La réalisation de cet aéroport a coûté 850 millions de dinars (453 millions d’euros) au lieu des 500 millions (267 millions d’euros) initialement prévus. Enfidha devrait générer 46 millions d’euros de recettes par an et accueillir sept millions de passagers. Ce projet devrait jouer un rôle majeur aux plans régional et mondial. A cet effet, les compagnies aériennes tunisiennes (Tunisair, Nouvelair et Carthago Airlines) seront présentes dans l’aéroport le plus moderne du Maghreb et même par rapport au Sud de l’Europe. Les structures logistiques tunisiennes opèreront sur les pistes de l’aéroport. En fait, TAV Tunisie fera appel à Tunisair Handling et Tunisair Catering lors de l’exploitation de l’aéroport.
Après le premier vol, 5000 postes d’emplois seront créés à l’aéroport en plus du personnel de sécurité. L’encadrement étranger est de l’ordre de 5 personnes pour 4000 à 5000 tunisiens. Ce ratio est fixé pour la période 2009 / 2014. Ce taux d’encadrement tendra vers 0 par la suite. Déjà, les pistes du nouvel aéroport sont classés « F » selon les normes internationaux, c'est-à-dire qu’elles peuvent supporter toutes catégories d’avions y compris le géant Airbus A380. L’aéroport est à même de traiter 20 avions en une heure. Ce nombre englobe les départs et arrivées, c'est-à-dire 3 avions par minute en moyenne. Le terminal atteindra sa capacité maximale en 2018.
La capacité de cette première phase du terminal est de l’ordre de 7 millions de passagers par an (20 millions de passagers à terme). Les 18 passerelles télescopiques font de l’aéroport une articulation indispensable du transport en Tunisie. La surface couverte de bâtiment est de 130 000 m2 pour une emprise foncière totale de 5800 hectares.
Côté transport maritime, la Tunisie ambitionne d’accroître la contribution de la flotte nationale dans le trafic de fret, pour la porter de 9 à 20% et d’instituer les mécanismes et incitations requis pour la réalisation de cet objectif. A signaler que le ministre de transport, Abderrahim Zouari, a insisté, à différentes occasions, sur l’importance de la flotte maritime tunisienne et son rôle déterminant dans la promotion des échanges commerciaux compte tenu de ses aspects stratégiques.
Pour sa part, l'organisation du transport terrestre contribue à consolider le transport collectif, lequel est un choix stratégique pour améliorer qualité des services.
La mise en place du réseau ferroviaire rapide (RFR) permettra de décongestionner la circulation et de garantir la sécurité à l'intérieur des grandes villes.
A cet effet, le réseau ferroviaire rapide (RFR) au niveau du Grand Tunis contribue à la maîtrise du coût de l'énergie et de la pollution. Les investissements alloués au transport ferroviaire ont quadruplé au cours du 11e plan de développement (2007/2011) par rapport au plan précédent.
Le réseau ferroviaire rapide (RFR) dont les investissements globaux sont estimés à 3 milliards de dinars, constitue l'un des principaux projets de ce plan . Ce projet s'inscrit dans le cadre du programme de modernisation des réseaux de transport en commun dans le Grand Tunis.
En effet, le projet de l’extension du métro léger Denden, La Manouba a été achevée, et les essais techniques ont débuté depuis le mois dernier. Cette nouvelle extension du réseau du métro léger profitera à quelque 70 000 usagers, soit 40 000 étudiants et 30 000 riverains. A noter que pendant la dernière période, les travaux se sont poursuivis 24h/24h et le suivi était quotidien. Actuellement, ingénieurs, équipes techniques et responsables sont sur le terrain et la zone est en pleine effervescence.
Les TIC au service du transport
Le ministère du transport a introduit les TIC dans tous les services de transport, notamment la mise en place d’un système de paiement électronique «e-ticketing», qui s’achèvera en 2011. Ce système vise à simplifier les procédures de voyages pour le passager et lui offrir plus de flexibilité. Le « e-ticketing » concerne essentiellement la Société nationale des chemins de fer tunisiens, qui procédera, en premier lieu, à l’équipement des gares de distributeurs automatiques des billets vendus par Internet. Une idée très pratique puisqu’elle permet d’éviter les longues files devant les guichets et la perte de temps. La Société de transport de Tunis va installer un système électronique de billets «e-ticketing», l’objectif étant de faciliter aux clients l’acquisition des titres de transport électroniques d’une manière virtuelle. Grâce à ce système, le client parvient à recharger des titres de transport soit par le biais du GSM, et ce, en envoyant un simple SMS, soit en recourant au serveur vocal. Il est à noter que pour la seconde alternative, le service est disponible par téléphonie fixe ou mobile.
Dans le même contexte, le ministère du transport a procédé, en collaboration avec la Société nationale de transport interurbain (Sntri), ainsi que 6 sociétés régionales de transport terrestre en plus de Tunisie Télécom, à l’instauration du projet de gestion et du suivi des flottes d’autobus pour le système de géo localisation (GPS). Opérationnel depuis décembre 2008, ce projet a permis d’équiper 465 bus d’un système GPS, une action accomplie au niveau de 7 sociétés de transport de passagers. Un autre projet tout aussi important est, actuellement, en phase de réalisation. Il s’agit du système de gestion et de suivi des véhicules de transport par les techniques GPS, adopté par la société de transport de Tunis (Transtu).
La Tunisie a fait la preuve de ses capacités à développer le secteur du transport en commun, car la bonne gestion de l’économie est tributaire de l’amélioration de la productivité, non seulement pour le transport mais aussi dans les différents secteurs.