L’enseignement supérieur privé cherche à avoir la même notoriété que les universités publiques. Il attire de plus en plus d’étudiants, et de nouvelles filières, sciences de la santé, biotechnologies, métiers maritimes, etc., plus originales les unes que les autres voient le jour chaque année. Chaque établissement essaie de mettre au point un plan stratégique clair .
Depuis l’adoption, en 2000, d’une loi sur l’enseignement supérieur privé, plus de vingt universités payantes ont ouvert leurs portes. Cette législation contribue à organiser ce secteur, en mettant en place les normes de qualité et de performance concernant l’enseignement que ce secteur aura à dispenser, et ce, dans le cadre de la politique éducationnelle et des orientations économiques et sociales du pays.
L’entrée en scène du privé est essentiellement motivée par le grand nombre d’étudiants. En 1995, la Tunisie ne comptait qu’environ 150 mille étudiants.
Ce nombre est passé à plus de 300 mille en 2003. Pour 2012, on prévoit 500 mille étudiants. Un nombre que les structures publiques auront du mal à accueillir. Au début des années 2000, le ministère de l’Enseignement supérieur espérait que les établissements payants pourront accueillir 30 mille étudiants en 2006 et 50 mille à partir de 2010. Selon des statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie, les 32 établissements supérieurs privés n’ont accueilli durant l’année universitaire écoulée que 6000 étudiants, dont près de 1500 sont de nationalités étrangères. Ces établissements décernent quelque 428 diplômes reconnus par l’Etat dans 67 filières couvrant plusieurs domaines scientifiques et techniques, à l’exception des études en médecine et en pharmacie. Sur l’ensemble des diplômes délivrés, 120 sont des mastères professionnels. Le nombre des étudiants ayant opté pour des études dans l'un des établissements privés en Tunisie a presque doublé en une seule année en atteignant cette année la barre des 13.000 étudiants.
Les établissements privés d’enseignement supérieur se sont d’ailleurs inscrits dans le système des diplômes avec l’introduction du système Licence Mastère Doctorat (LMD) depuis septembre 2006, ce qui constitue un véritable bond qualitatif réalisé au sein du système national de l’enseignement supérieur tant au niveau du secteur privé que public et qui permettra d’initier un modèle de formation souple adapté aux critères internationaux dans le domaine.
Les universités privées sont soumises, systématiquement au contrôle aussi bien pédagogique qu’administratif, de la part de l’autorité de tutelle. Le , président de la Chambre nationale de l’enseignement supérieur privé, Abdelatif Khamassi, précise que l'enseignement privé est considéré comme une composante intégrante du système universitaire tunisien. Cela signifie que «les diplômes sont reconnus par l’État». Tous les établissements agréés sont, d’ailleurs, placés sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur qui veille sur la pertinence des formations, la qualification des enseignants et le sérieux des examens." Il ajoute que « pour 2010, on prévoit 500.000 étudiants. Les structures publiques, saturées, ne peuvent pas répondre à cette demande croissante et leurs capacités d’accueil sont limitées ». « Les établissements privés sont donc une véritable aubaine, ajoute-t-il, puisqu’ils viennent alléger ce poids tout en dispensant une qualité d’enseignement digne des pays les plus modernes. Ils viennent aussi renforcer le climat concurrentiel, bénéfique à tous les acteurs du milieu de l’enseignement ». Selon le président de la Chambre nationale, «le bachelier dispose de plusieurs alternatives. Il est orienté vers un large éventail de choix et d’options.». «Les fondateurs des établissements privés sont appelés à chercher la perfection s’ils veulent assurer la pérennité de leurs entreprises.
Cette perfection est indissociable de la qualité même de la formation et donc des ressources humaines mobilisées». Il est à noter que «le secteur de l’enseignement privé est, essentiellement, orienté vers les entreprises et le marché du travail afin d’assurer une plus grande employabilité».Les universités privées Tunisiennes ont conclu des conventions de partenariat avec nombre d’universités de renommée, tunisiennes et étrangères, par exemple, en 2004, la création de l’Université Méditerranéenne privée de Tunisie, en collaboration avec le réseau euro-méditerranéen pour l’enseignement et la recherche en économie et en gestion.
La Tunisie contribue à améliorer la qualité de l’enseignement et de la formation à différents niveaux toute en maîtrisant les liens entre les circuits d’enseignement et de formation. Rappelons que le dernier forum de Davos a classé notre pays à la tête des pays arabes et africains et au 12ème rang mondial de part la qualité de son système éducatif et sa bonne conformité aux critères internationaux.