Dans l’industrie chimique et manufacturière de la Tunisie, le plastique tient un rang prioritaire, voire stratégique dans la mesure où il fait partie intégrante des produits destinés à l’exportation, tels que la câblerie, les composants automobiles et aéronautiques, mais aussi des matériaux utilisés dans le secteur du bâtiment et travaux publics ( BTP ), ce qui lui donne un relief particulier alors que la Tunisie est en train de devenir un énorme chantier pour les mégaprojets .
Semblable situation et pareilles perspectives dictent l’adoption des technologies les plus sophistiquées et surtout les plus respectueuses de l’environnement et, bien plus, des qualifications nouvelles et en même temps solides. C’est manifestement dans cette configuration que se développe le partenariat tuniso-italien en plasturgie , à travers notamment des approches novatrices initiées et sans cesse renforcées par la Chambre syndicale des Fabricants Transformateurs de plastique et l’Assocomaplasdt, l’Association italienne des constructeurs de machines et moules pour plastique et caoutchouc , associées, l’une et l’autre avec le concours de l’Institut italien de commerce extérieur (ICE), à l’organisation, mercredi , à Tunis, d’un séminaire de formation sur les techniques de l’extrusion des tubes en plastique. Pour ceux qui ne le savent pas encore, l'extrusion est un procédé de transformation en continu qui consiste à introduire le plastique sous forme de poudre ou de granulés dans un cylindre chauffant. En avançant, la matière ramollit, se comprime, puis passe à travers une filière qui lui donne la forme souhaitée. On obtient de cette façon des produits de grande longueur : profilés pour portes et fenêtres, canalisations, câbles, tubes, joints, grillages… Ce sont des produits qui entrent pour beaucoup dans le chiffre d’affaires des entreprises tunisiennes travaillant pour l’export et dont les spécifications doivent répondre à des normes de fabrication très strictes , comme en témoignent les innombrables directives de l’Union européenne, s’agissant des équipements de l’industrie chimique et manufacturière destinés à ses consommateurs et industriels. Il faut dire que l’Italie fait figure de leader en matière de fabrication et d’exportation de machines pour le plastique dont la production a enregistré, en 2008, un chiffre d’affaires de 4.200 millions d’euros , en baisse, il est vrai, de 1,2% par rapport à l’année 2007, qui à son tour a enregistré un chiffre d’affaires de 4.250 millions d’euros. En ce qui concerne l’export, les statistiques démontrent une diminution de 11% par rapport à 2007. Ce qui prouve que la crise économique et financière internationale a lourdement affecté l’exportation de machines pour la transformation du plastique. Les extrudeuses, largement utilisées par l’industrie tunisienne du plastique, ont vu leur exportation augmenter de 5% par rapport à l‘année dernière. Mais la Tunisie , avec 13.117 000 Euros d’importation de machines pour plastique en provenance d’Italie , « fait moins bien » que la Russie avec 48 millions d’euros , l’Allemagne (21, 3 millions d’euros ), la Pologne (17 millions d’euros , la France (16 millions d’euros , et autant que l’Espagne (13 millions d’euros) et Le Brésil (12 millions d’euros ). En revanche, la Tunisie a exporté sur l’Italie, en 2008, pour 957 000 Euros de produits plastiques. Mais, avec plus de 400 unités industrielles de plus de 10 personnes pour une production totale évaluée à 734 millions de dinars, le secteur du plastique occupe aujourd'hui une position stratégique prioritaire en Tunisie. Des opportunités existent encore pour les sociétés étrangères, notamment européennes, pour tous produits et services de haute qualité et innovants tels que la réparation de moules complexes, la fabrication de « compounds » (granulés plastique) ou la fabrication de pièces techniques et d'aspect demandées pour les secteurs de l'automobile, la santé, les télécoms, les technologies de l'information, l’aéronautique. Les entreprises italiennes entendent mieux se positionner sur ce créneau grâce à l’ouverture d’une ligne de crédit d’un montant de 36,5 millions d’Euros en faveur des PME tunisiennes, utilisable pour l’acquisition auprès de fournisseurs italiens d’équipements neufs et de services connexes d’origine italienne. L’Institut italien du commerce extérieur (ICE Tunis) à la tête duquel vient d’être nommée une nouvelle directrice, Cecilia Oliva, espère que les industriels tunisiens, et pas seulement ceux de l’industrie du plastique, sauront en tirer le meilleur parti. |