Le développement économique et son corollaire la stabilité sociale dans un pays comme la Tunisie ne peuvent être atteints qu’en assurant un développement équitable et équilibré impliquant toutes ses régions et à toutes ses catégories, indistinctement du lieu et de l’origine. L’indépendance du pays et les choix économiques qui ont été faits n’en ont pas favorisé malheureusement certaines régions au détriment d’autres.
Si le développement s’est concentré sur les régions côtières qui regroupent le gros de la population dans un axe qui part de Tunis jusqu’à Gabès, beaucoup de régions de pays particulièrement ceux de l’intérieur, n’ont pas bénéficié de fonds ou de moyens suffisants pour permettre leur développement et assurer leur complémentarité avec le reste du pays. Le programme électoral 2009-2014 consacre un large volet au développement régional. Il s’appuie sur une série de mesures s’articulant, dans une première phase, sur la nécessité d’assurer au pays les moyens permettant de favoriser la complémentarité entre ses différentes régions. A cet effet, l’effort sera fait pour mettre en place une infrastructure de base évoluée et des jonctions liant l’Est et l’Ouest, le Centre, le Nord et le Sud du pays, ce qui permettra à la Tunisie de devenir un espace de développement homogène. Cela comprendra aussi bien les infrastructures routières et autoroutières que les projets à vocation régionale. Souvent limités dans leurs prérogatives et champ d’action, les conseils régionaux seront désormais dotées de compétences administratives qui les habiliteront à identifier elles-mêmes les projets à caractère régional, tout en assurant leur étude, leur réalisation et leur maintenance sans dépendre de l’administration centrale . Pour atteindre ces objectifs, les conseils régionaux verront leurs assises financières se consolider avec la mise en place d’un système régional de financement pour stimuler le développement dans les gouvernorats. Les conseils régionaux se verront même attribuer de nouvelles compétences comme celles de pouvoir nouer des relations de coopération et de partenariat avec les pays frères et amis. Sur un autre volet, la société civile sera encouragée à s’investir davantage à l’échelle régionale, en favorisant par exemple les contrats de partenariats entre les associations, d’une part, et les conseils régionaux et municipaux, d’autre part. Des études stratégiques seront lancées pour permettre d’identifier les ressources non explorées dans les régions ainsi que les moyens permettant de les valoriser. Chaque gouvernorat disposera dorénavant d’un portail électronique qui lui sera propre et qui présentera les spécificités et les opportunités d’investissement. Outre le doublement du capital des sociétés régionales d’investissement, il est prévu de créer des sociétés régionales de leasing, le but étant de mettre en place les mécanismes et les structures de financement qui permettront le développement de projets régionaux, aussi bien pour l’Etat que pour le secteur privé. Les programmes de développement intégré seront également accélérés pour profiter au final à près de 2,7 millions d’habitants et qui se répartiront entre 90 délégations jugées prioritaires. Des programmes de développement urbains seront également mis en place au profit des cités préurbaines. Zones souvent défavorisées, les régions frontalières verront, dans les cinq prochaines années, un renforcement du réseau routier et des pistes agricoles, la route frontalière longeant l’Algérie sera également parachevée. Les régions sahariennes profiteront pour leur part d’un nouveau plan de lutte contre la désertification et pour la protection des sols. Des cultures adaptées au désert seront également développées. Le tourisme saharien et ses produits seront également davantage valorisés. Ces régions bénéficieront d’importants crédits pour créer de nouvelles oasis et favoriser le forage ou la viabilité de points d’eau. Les pistes et les routes dans les zones sahariennes qui favorisent le transport des hommes et des marchandises bénéficieront d’une attention toute particulière. Ces routes permettront par exemple de valoriser et de rendre accessibles les anciens « ksours » sahariens et les inclure dans le circuit touristique. Des musées sahariens verront également le jour dans ces régions. En ce qui concerne les collectivités locales, une loi organique pilote, spécifique à la municipalité de Tunis, sera promulguée, cette loi pourra par la suite s’étendre progressivement à un certain nombre de grandes municipalités. Une structure technique unifiée au niveau des grandes municipalités sera mise en place à L’intérieur du même gouvernorat. Elle aura pour rôle de coordonner les actions des municipalités voisines en matière de planification urbaine, et de s’orienter vers l’adoption d’un aménagement urbain intégré (communications, assainissement, gestion des déchets, etc). Ce type de structure sera mis en place dans le District de Tunis, du Grand Nabeul, du Grand Sousse et du Grand Sfax. Le privé sera davantage impliqué dans l’action municipale notamment par le renforcement du partenariat en matière de gestion économique et des services publics. Par ailleurs, les collectivités locales verront un augmentation annuelle de 10% des crédits alloués au fond commun des collectivités locales. Les collectivités locales seront également renforcées au niveau de leurs équipements municipaux. |