Comme nous l’avons précédemment indiqué, l’assemblée générale de la société Electrostar, s’est déroulée en présence d’une dizaine d’actionnaires et d’intermédiaires en bourse, au Digital Center, au début de la semaine en cours.
Nous y revenons cette fois avec plus de détails, non seulement pour démontrer que la situation d’Electrostar n’est pas aussi mauvaise que l’on pouvait le croire, mais aussi pour souligner que la société, au même titre que tout le Groupe, a connu une certaine croissance, grâce notamment à la signature de nouveaux accords de partenariat. Selon Fethi Hachicha, Pdg de la société, « Electrostar a tiré profit de cette année charnière (2008), pour renforcer son engagement sur le marché de l’électroménager ». Cette spécialisation, a-t-il encore souligné, s’est traduite par l’identification de leaders mondiaux afin de créer de nouveaux accords de partenariats et de répondre aux attentes et à la demande des consommateurs, notamment les plus exigeants d’entre eux ».
Le premier responsable du Groupe a, et à maintes fois, mentionné les pertes que sa société avait connues depuis la disparition de Batam, soulignant qu’elle ne cesse de payer ses pots cassés. Mais était-ce le seul point ayant entraîné l’insatisfaction des actionnaires.
Le bilan de la société arrêté au 31 décembre 2008 de Electrostar a totalisé la somme de 70, 097 Millions de dinars, ce qui a par ailleurs permis de dégager un bénéfice de 1, 515 MDT, ainsi qu’un état de trésorerie dégageant quant à lui une variation négative de 5, 791 MDT.
La société a par ailleurs réalisé au cours de l’exercice 2008, un chiffre d’affaires de 68, 342 MDT, en progression de 21% par rapport à 2007, où il n’avait pas dépassé les 56, 571 MDT. Le résultat d’exploitation a quant à lui enregistré une augmentation « significative » de 42%, alors que le résultat net a, pour sa part, chuté de 2 591 MDT en 2007, à 1 515 MDT en 2008. Selon F. Hachicha, cette baisse est imputable à la crise financière internationale, et notamment à une perte de change de l’ordre de 1,373 MDT, ainsi qu’à une baisse des gains ordinaires de l’ordre de 597 milles dinars, faisant état d’ une augmentation d’impôts de 366 mille dinars « en dépit de la baisse du résultat avant impôt ».
A la lumière de ces résultats, suite à la reprise des reports antérieurs dont le montant s’est élevé à 2,913 MDT, un montant de 4,429 MDT a pu être dégagé, et qui a été réparti entre résultat net (1,515 MDT), résultats reportés (2,913MDT), un total à afficher de 4,429 MDT, et une somme de 525 mille dinars qui sera distribué aux actionnaires en guise de dividende de 0,300 DT l’action. Ce dividende a été présenté par le management de la société comme « un rendement (dividende/nominal) de 6% ; le dividende a été fixé pour respecter l’équation cash flow net avec une échéance à moins d’un an des crédits plus les dividendes ».
Cette répartition des gains, n’a pas trouvé un écho favorable auprès des quelques actionnaires présents. Pour une bonne partie d’entre eux, la société aurait pu faire beaucoup mieux, quelles que soient les conditions.
Les actionnaires se sont entre autres interrogés sur la relation entre la société et le coréen LG. Fathi Hachicha a précisé que la société ne détient plus un contrat d’exclusivité avec cet industriel et que « nous préférons avoir une panoplie de marques au lieu d’être l’otage d’une seule qui peut tirer sa révérence à n’importe quel moment ».
Commentant le rendement général de la société, qui dispose par ailleurs d’un effectif entre 115 et 150 employés, le PDG d’Electrostar a précisé « qu’on comptait jusqu’au mois de septembre 2008, des bénéfices de l’ordre de 3,5 MDT, mais une fluctuation au niveau du taux de change du dollar, à laquelle nous n’avions même pas trouvé le temps pour réagir, nous a fait perdre prés de 1,8 MDT ». L’un des intermédiaires en bourse présents, lui a rétorqué qu’il fallait prévenir le changement politique attendu à cette période, surtout que l’accession du président américain rassurait les financiers quant à la fiabilité du Dollar.
Pour 2009, Fathi Hachicha a admis que « la crise nous a rattrapés ». Le Pdg de la société a fait état d’une stagnation qui pourrait même perdurer en 2010. Devant cette situation,, il a appelé tout le monde « à faire le maximum sans s’attendre à beaucoup de changements ».
Surtout qu’actuellement « nous sentons que les consommateurs ont peur, ce qui nous rendra encore plus difficile l’objectif de réaliser un taux de croissance de 3%, et par la suite élargir notre clientèle » a-t-il encore souligné.
Ce qui pose problème chez ce groupe, c’est le rendement de sa filiale en Algérie. Au moment où beaucoup d’entreprises tunisiennes épongent leurs déficits sur le marché local dans ce marché limitrophe, tant en ce qui concerne le secteur de l’électroménager que d’autres , Electrostar qui a été, depuis 1999, l’une des premières entreprises tunisiennes à s’installer dans ce marché, n’engrange pas encore de profits. L’ambiguïté est devenue encore plus insistante surtout que le premier responsable de la société avait, à maintes fois, préféré ne pas s’exprimer sur le rendement de cette filiale.
L’un des autres inconvénients qui ne cessent d’entraver l’activité de cette société, qui est en fait un groupe de six entreprises, c’est la diversification des activités, mais dans un sens plutôt négatif. Sinon comment pourrait-on expliquer la présence d’une imprimerie au sein du groupe, une activité qui pourrait être assurée par un sous- traitant, et pourrait ainsi alléger les charges de tout le groupe?