L’effet de la crise économique internationale sur la Tunisie, se creuse et le pays est encore obligé de revoir ses prévisions, de les réajuster et de manager les difficultés conjoncturelles à vue d’œil, pour continuer à tirer son épingle du jeu et assurer une croissance économique, toujours positive. C’est l’objet de la nouvelle loi de finance complémentaire qui va être définitivement adoptée, jeudi. Cette nouvelle loi apporte de bonnes nouvelles pour les entreprises qui se trouveraient menacées par la crise, malgré les mauvaises nouvelles, côté recettes fiscales.
747 MDT de recettes en moins et le déficit budgétaire relevé à 3,8 %.
La crise a ses bons côtés, comme la baisse des prix des produits pétroliers. De bons côtés qui peuvent cependant, aussi en avoir de mauvais. Le budget 2009 avait été confectionné sur la base d’un baril à 90 USD. Les prix baissant, il fallu donc réviser ce prix, de 90 à 60 USD seulement. Cela permettra au budget de gagner 220 MDT sur la subvention des carburants. Mais cela génèrera aussi une moins-value de 440 MDT pour les caisses de l’Etat en fiscalité des sociétés pétrolières. Hors pétrole, la fiscalité intérieure, devrait quand même enregistrer une hausse de son rendement, de 3,1 % par rapport aux réalisations de l’année 2008.
Mais la crise, pour le budget de l’Etat tunisien, c’est aussi la «perte» de 68 autres millions de Dinars, en droits de douane et TVA, en lien avec l’importante baisse du rythme de croissance du commerce extérieur. En cumul des cinq premiers mois de cette année 2009, les exportations tunisiennes ont en effet baissé de 21,3 %, passant de 10057,7 MDT à 7920,1 MDT seulement.
Du coup, la pression fiscale, très important ratio pour les entreprises et les investisseurs, redescend à 19,9 % contre les 20,4 % initialement prévus dans le budget 2009. Les recettes diminuant de 747 MDT, les dépenses pour aider les entreprises et soutenir la croissance étant nécessaires, l’Etat devra augmenter son endettement et le service de sa dette. Le service de la dette tunisienne devrait ainsi augmenter de 50 MDT qui seront consacrés au remboursement de l’encours de la dette extérieur. L’augmentation du montant de ce service est née de l’envolée des cours des devises et notamment l’euro qui représente quelque 60 % de la dette extérieure tunisienne. Il n’est cependant pas attendu que tout le montant de la dette publique, à la fin de l’année en cours, ne dépasse malgré tout pas les 50 % du PIB.
Du coup, c’est aussi le taux du déficit budgétaire qui devra être revu à la hausse, pour que le budget reste équilibré. Pour cette année 2009 donc, le déficit budgétaire sera de 3,8 % contre les 3 % initialement prévus. Le montant de ce déficit, hors privatisation et dons, devrait ainsi atteindre les 2022 MDT. Cette révision à la hausse de son déficit budgétaire, pratique par ailleurs acceptée par plus d’un pays européen, reste par ailleurs selon les documents officiels, une décision souveraine de la Tunisie dont la cause et la finalité sont l’appui aux entreprises en difficultés et le renforcement de l’activité économique dans le pays.
Il faut noter enfin que, si l’on ne connaît pas encore si l’Etat tunisien va sortir cette année sur le marché financier pour ramasser la dette nécessaire, on sait au contraire que le bilan des recettes pour l’année 2009 ne sera pas complètement déficitaire. L’année en cours devrait en effet enregistrer une hausse de 488 MDT en recettes non fiscales provenant des entreprises publiques.