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Jeudi 18 Mars 2010
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| 26-06-2009 : 2008, une année morose pour les sociétés d'Etat au Burkina Faso |
| PANA
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La 17ème Assemblée générale des sociétés d'Etat burkinabè a révélé vendredi que ces sociétés ont ressenti de plein fouet les effets de la crise économique mondiale, ce qui a fait baisser considérablement les recettes de l'Etat.
L'exercice 2008 des sociétés d'Etat s'avère peu reluisant au regard de la crise économique et financière qui secoue le monde, a appris la PANA en marge des travaux, qui se tiennent à Ouagadougou.
Ainsi, sur les quatorze sociétés de gestion étatique appelées à présenter et justifier leurs états financiers, trois (contre deux en 2007) enregistrent des résultats déficitaires, tandis que cinq ont des résultats positifs qui sont toutefois en baisse par rapport à l'exercice 2007. Seules six sociétés ont pu accroître leurs résultats.
Toutes ces sociétés réunies enregistrent, malgré la hausse de leur chiffre d'affaires de 11,9% (il est passé de 432,25 milliards en 2007 à 480,17 milliards de FCFA en 2008), un résultat net de 378 millions, contre 44,4 milliards de FCFA en 2007, ce qui équivaut à une baisse de 99,15%.
Pendant ce temps, on constate que les charges de personnel connaissent une progression importante de 7,57%, soit 30,67 milliards en 2008, contre 28,511 milliards de FCFA en 2007. Une telle contre- performance n'est pas sans conséquence sur les caisses de l'Etat.
En effet, la contribution des sociétés d'Etat au titre des impôts et taxes a baissé de 69,19%, passant de 12,788 milliards à 3,94 milliards de FCFA entre 2007 et 2008.
Les dividendes versés à l'Etat sont également très maigres. Ils s'élèvent à seulement 1,224 milliard, contre 10,612 milliards de FCFA en 2007 avec une régression vertigineuse de 88,46%. Cette baisse considérable est en grande partie imputable à la Sonabhy (Société nationale burkinabé d'hydrocarbures) qui est cette année déficitaire.
Si, en 2007, la Sonabhy à elle seule a contribué à hauteur de 9,721 milliards de FCFA (soit 91,60% du montant total des dividendes versés à l'Etat), elle se retrouve, à la fin de l'exercice 2008, avec un déficit de 22,8 milliards de FCFA, soit une baisse de 241,32%.
En 2007, la Sonabhy a fait un bénéfice de 16,133 milliards de FCFA. Cela s'expliquerait par les mesures prises par le gouvernement pour soulager le consommateur à travers le blocage des prix du carburant à la pompe à la suite de la forte hausse du coût du baril sur le marché international en 2008, ce qui a porté un coup à la trésorerie de la société.
Quant au niveau de découvert auprès des banques locales, il a atteint 20 milliards de FCFA, tandis que la valeur ajoutée, elle, est négative de 12,859 milliards, soit une baisse de 153, 88% par rapport à l'exercice 2007, due à la constitution d'importantes provisions pour prévenir les risques à court terme à hauteur de 4,5 milliards et également aux créances clients à raison de 2,062 milliards de FCFA.
L'Etat burkinabé, au regard du mauvais bilan que présentent les sociétés d'Etat en 2008, n'aura presque rien à se mettre sous la dent. Pour le Premier ministre Tertius Zongo, 1,224 milliard de FCFA de dividendes ne représentent rien dans le budget de l'Etat comparativement à tous les sacrifices que l'Etat fait pour soutenir ces sociétés.
Pour M. Zongo, il y a une contradiction entre l'augmentation des chiffres d'affaires des sociétés et la baisse de la valeur ajoutée. Cela dénote, selon lui, un problème de maîtrise des charges, ce qui constitue une menace sérieuse pour les caisses de l'Etat.
"Les sociétés d'Etat ne doivent pas redevenir un boulet pour les Finances publiques", a déclaré M. Zongo, qui a appelé les commissaires aux comptes des sociétés d'Etat à aller au-delà du travail classique actuel qu'ils font pour fournir une analyse plus complète des indicateurs de performance.
"Les entreprises publiques doivent se positionner comme des modèles dans le rayonnement de nos unités économiques nationales", a-t-il dit, avant de souligner que l'argument de la crise financière ne saurait être suffisant pour justifier certaines contre-performances.
Le chef du gouvernement burkinabé a exhorté les responsables des sociétés d'Etat à faire preuve de dynamisme et de rigueur afin de développer davantage d'initiatives pour faire face à la libre concurrence actuelle.
"Nous devons réagir vigoureusement si nous ne voulons pas laisser à la postérité l'image de responsables qui ont contribué à la dégradation de notre patrimoine collectif", a conclu Tertius Zongo. |
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