Habitude devenue tradition, assez louable d’ ailleurs, la Chambre de Commerce et d’Industrie Tuniso- allemande, l’AHK, vient d’annoncer les résultats d’une étude de satisfaction des entreprises allemandes, ou à participation allemande, installées en Tunisie. L’étude a été élaborée au cours de la période allant du début du mois d’avril à la fin du mois de mai, ce qui veut dire, en d’autres termes, que les résultats de cette étude pourraient en effet être un bon baromètre de la santé de ces entreprises, quelques mois après le déclanchement de la crise. Cette étude a concerné une centaine de ces entreprises, actives notamment dans les deux secteurs du textile et de l’électrotechnique. Ces entreprises contribuent en effet à l’évolution du commerce extérieur de la Tunisie avec l’Allemagne, qui est passé de 2,4 Milliards d’euros en 2007, à 2,7M€ en 2008. Ce volume a manifestement été touché par les retombées de la crise économique qui touche surtout les pays européens, principaux clients de la Tunisie, et par conséquent les entreprises tunisiennes ou à participation allemande installées en Tunisie. Ceci, n’a pas empêché les entreprises allemandes de manifester leur satisfaction d’être active en Tunisie, et ce à un taux assez encourageant, puisque plus que la moitié (61%) des entreprises exportatrices allemandes en Tunisie a fait état d’ une évolution positive des affaires, 28% des sociétés ont estimé que l’évolution des affaires a été « bonne », et 33% l’ont qualifiée de « plutôt satisfaisante ».
Des bons résultats, mais tout le monde n’est pas « totalement satisfait »
Les résultats de cette enquête ont été élaborés suite à un questionnaire adressé à 101 entreprises dont le taux de retour a atteint 73%. 61% des entreprises sondées appartiennent au secteur du textile, alors que la branche de l’industrie électrotechnique a représenté 28% des sociétés exportatrices.
Les résultats de l’enquête ont servi et serviront certainement non seulement pour mettre en valeur encore plus le site Tunisie, mais aussi pour remédier à certaines défaillances qui ont pu apparaître. Car, en dépit de la bonne impression d’une importante frange des entreprises allemandes installées en Tunisie, une autre bonne part a estimé que l’évolution de leurs affaires au cours de l’année 2008 a été « plutôt insatisfaisante » ou « mauvaise », elle s’élève à 36%. « Ainsi ces résultats paraissent sensiblement en dessous des indications de l’année 2007 mais en même temps sont proches de ceux de 2005 », indiqué la responsable allemande.
En revanche, par branches, on remarque que les sociétés de la branche électrotechnique estiment à hauteur de 81%, que le développement des affaires en 2008 a été bien plus positif que parmi les entreprises de l’industrie textile (49%). Seulement 5% ont signalé un exercice négatif. En ce qui concerne l’industrie textile 47% des sociétés ont qualifié le développement de leurs affaires de « plutôt insatisfaisant » ou « mauvaise » par rapport aux 12% de l’année précédente. Certes, la crise a joué un important rôle dans ces impressions, mais d’autres maux subsistent, et n’ont rien à voir avec la crise.
La stabilité séduit, mais pas la productivité et non plus la rigidité de l’administration
Selon 88% des entreprises allemandes installées en Tunisie, la stabilité politique et sociale est jugée d’une très grande importance, notamment par l’industrie électrotechnique, qui considère ce facteur comme absolument primordial (91%). Cette nouvelle évaluation, ayant fait passer ce facteur de la deuxième place à la première (de 81% à 88%), peut être considérée comme particulièrement positive pour l’analyse du site Tunisie. Les avantages fiscaux continuent de jouer, similairement aux années précédentes, un rôle très important en tant qu’avantage comparatif de la Tunisie comme l’ont constaté 81% des sociétés questionnées. En ce qui concerne l’analyse de l’évaluation de la proximité géographique de l’Europe, une importance majeure est encore accordée, que ce soit dans le secteur du textile (88%) ou celui de l’industrie électrotechnique (86%).
En revanche, le principal problème de la Tunisie, selon les dirigeants des entreprises allemandes, en tant que site de production, est la basse productivité des employés (50%). Un constat dressé essentiellement dans le secteur du textile (62%), et seulement dans une mesure nettement moindre par les entreprises exportatrices du secteur électrotechnique (29%).
Le deuxième point mal accueilli par ces dirigeants allemands est celui de la réglementation excessive et la rigidité des administrations (47%). Le facteur du « manque de personnel qualifié », a été considéré comme un inconvénient du site par 38% des entreprises.
Les entreprises allemandes ont par ailleurs souligné les « facilités particulières dues à des circonstances en 2008 », tels que l’évolution du taux de change qui reste un facteur facilitateur pour les exportations. Le taux de change de l’Euro par rapport au Dinar tunisien a énormément facilité l’activité commerciale de 54% des entreprises allemandes ; ces dernières ont ajouté que « la collaboration avec la Chambre Tuniso-Allemande de l’Industrie et du Commerce, l’évolution des salaires et l’accès aux aides financières et crédits, constituent d’autres facilités ».
Par ailleurs, une série de facteurs externes et internes ont été ressentis comme charges, comme c’est le cas pour les coûts de transport considérés élevés dans la région méditerranéenne, un facteur qui a été souligné par 54% des entreprises interrogées.
Pour 2009, tout reste à jouer
Concernant les perspectives d’avenir, les entreprises exportatrices allemandes se voient touchées par la situation économique difficile, en particulier le développement récessif des marchés européens, comme indiqué par les chiffres de l’enquête de cette année. Cela concerne aussi tous les secteurs d’activités des entreprises exportatrices allemandes. Une comparaison avec les données des attentes relatives au chiffre d’affaires à l’exportation de 2008 souligne cette tendance. Pour les attentes concernant l’année en cours, la situation s’est quasiment renversée.
61% des sociétés ayant participé à l’enquête s’attentent à une baisse du chiffre d’affaires à l’exportation, contre 15% en 2008. Presqu’un tiers de ces entreprises escompte un développement stable ou bien positif au niveau du chiffre d’affaires à l’exportation pour l’année 2009 (pour 2008 : 83%).
En 2008, 63% des entreprises du secteur textile s’attendaient à une hausse du chiffre d’affaires à l’exportation, cette proportion ne dépasse pas 14% cette année. Une majorité de 59% prévoit une baisse des exports. Dans le secteur électrotechnique 65% des sociétés s’attendent à un recul du chiffre d’affaires à l’exportation. La performance affaiblie du secteur électrotechnique par rapport au secteur textile s’explique par la situation difficile des ventes dans le secteur international de l’automobile, auquel l’industrie électrotechnique locale est étroitement associée. Toutefois, cela n’exclut pas, qu’au moins le 1/5 des sociétés opérant dans l’électrotechnique (20%) s’attend à une hausse du chiffre d’affaires à l’export pour l’année 2009