Dans un article faisant le point sur le secteur du bâtiment en Tunisie, Oxford Business Group estime que les de nouveaux projets lancés contribueront à stimuler une économie qui risque de connaître un ralentissement découlant de la crise financière mondiale. Bien que le gouvernement encourage depuis un moment les investissements privés, jusqu'en 2006, ajoute le groupe, le secteur manquait de financement et bénéficiait surtout d'investissements locaux à petite échelle, et ce sont les promesses d'investissement des pays du Golfe, s'élevant à presque 36 milliard d'euros qui ont amené de nouvelles compétences et qui ont revitalisé le secteur.
Il n'en est pas moins qu'en 2009 l'investissement étranger direct (IDE) sera difficile à assurer, notamment pour les projets de luxe. Bien que les complexes résidentiels, commerciaux, de bureaux, de tourisme et de loisirs soient encore d'actualité, la récession ralentit leur avancement.
Malgré le ralentissement prévu dans les projets de luxe, l'IDE demeure une des composantes principales du plan du gouvernement en matière d'amélioration des infrastructures et de stimulation du secteur du bâtiment, et l'expansion dans le domaine devrait se poursuivre. Ainsi, la construction de l'Aéroport d'Enfidha de 70 000 m2, un projet de 400 millions d'euros accordé à la société turque Tepe-Akfen-Vie Airports Holding (TAV) sur la base d'un contrat construction, exploitation et transfert ainsi qu'un acte de concession de 40 ans, devrait être terminée en octobre 2009.
Les investisseurs étrangers financent non seulement les infrastructures de transport, mais également les équipements énergétiques, tels que la centrale électrique à cycle combiné de 400 MW d'une valeur de 360 millions de dinars (197.6 millions d'euros) dont la construction a été confiée à la société française Alstom et qui devrait être opérationnelle à la fin 2009, le projet d'usine de transformation de gaz à cycle combiné à El Haouaria de 1 200 MW réalisé conjointement par la Tunisie et l'Italie d'une valeur de 1.5 milliard d'euros, ainsi que le projet hispano-tunisien de Bizerte visant à construire des éoliennes qui génèreront 120 MW.
Par ailleurs, on prévoit de dynamiser de vieilles communautés. Un programme de rénovation urbaine visera 200 000 habitants dans 56 circonscriptions de 2009 à 2012, en réglant avant tout le manque d'infrastructure de base. Le programme touchera l'assainissement, les services publics, il finance même quelques activités économiques dont 232 km de routes, une extension de 49 km des canalisations pour le traitement des eaux usées et une extension de 43 km des canaux d'égout pluvial. Bien que la plupart de ces investissements servent à améliorer les infrastructures, 30% de cet argent sera réservé aux microcrédits, aux formations et aux métiers; les propriétaires de petits commerces auront ainsi plus facilement accès au financement et les travailleurs non qualifiés seront mieux préparés au marché du travail.
Le gouvernement espère que les programmes globaux de développement communautaires permettront d'atténuer les difficultés engendrées par le ralentissement de la croissance en offrant à la population les compétences nécessaires pour trouver du travail. En faisant passer ces plans par des projets de construction, le gouvernement fait d'une pierre deux coups : il comble les besoins en logement et utilise les fonds publics pour stimuler l'économie en ces temps difficiles.