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Jeudi 18 Mars 2010

15-06-2009 : Interview : Jean Michel Armand : » Moins d’off shoring aiderait le logiciel libre en Tunisie »
Haykel Tlili

Le marché du logiciel libre est un marché en pleine expansion. Il connaitra une croissance annuelle de son chiffre d’affaires de 20% à 25% à l’horizon de  2012-2013. Actuellement il enregistre  une croissance de l’ordre de 6% annuellement. Le logiciel libre est un logiciel  similaire à tous les autres logiciels et couvre tous les systèmes ; téléphonie IP, décisionnels, CRM et tant d’autres applications,   la seule différence c’est qu’il est open source, et permet aux entreprises, notamment les PME de faire des économies assez importantes.
En marge des 7èmes rencontres euro-méditerranéenne des TIC et de Multimédia, qui ont eu récemment lieu à Tunis, nous avons rencontré Jean Michel Armand, Directeur au sein du Cluster « Libertis » pour le développement des logiciels libres. Interview….

Si vous mettiez votre visite dans son  cadre ?

Cluster libertis, est un pôle technologique spécialisé dans le développement des logiciels libres, nous sommes venus avec une délégation de la Côte d’Azur, notamment de la région de Marseille, et c’est notre deuxième participation aprés celles de 2007 et de 2008, en Tunisie. Nnous sommes les invités d’honneur, nous retournons  la visite de Samia Chafaai Seghaier, secrétaire d’Etat, que nous avons invitée au salon Marseille Innovation. Aujourd’hui ? nous sommes venus, et nous pensons que la Tunisie est bon partenaire dans beaucoup de domaines en technologies d’information et de communication, et nous sommes sûrs que nos deux pays, la Tunisie et la France, peuvent être les initiateurs de cette culture dans la région Euro méditerranéenne.

Quels sont vos autres constats, ceux qui sont susceptibles d’améliorations ?

Les méthodes de travail sont différentes de ce qui existe en France. Il y a aussi peu d’entreprises qui développent les logiciels libres installées en Tunisie. J’ai aussi constaté qu’en Tunisie on est beaucoup plus intéressé par l’off-shoring, ce qui ne nécessite que des sous- traitants à bas prix, tandis qu’il y a un important nombre d’ingénieurs et qui ont un degré assez élevé de performance. Ces mêmes ingénieurs sont dans leur majorité bien préparés puisqu’une bonne partie d’entre eux aient des formations et ont pu acquérir de l’expertise en France. Nous pensons qu’ensemble avec les Tunisiens, nous sommes capables d’attaquer de nombreux marchés, notamment ceux limitrophes.

Quelles sont vos ambitions en tant que clusters spécialisés dans le logiciel libre

 L’ambition est d’avoir l’opportunité de créer des clusters de logiciels libres. Cela nous permettra de regrouper les entreprises de la spécialité et puis attaquer les marchés ensemble, de façon à fédérer les entreprises et leurs pouvoirs financiers notamment. Aujourd’hui, 200 entreprises sont capables de développer cette industrie de logiciels libres, qui est un marché qui est en train d’exploser ; le chiffre d’affaires du marché des logiciels libres est passé de 2,4 Milliards de dollars en  2007 à 3,8 MD en 2008. Selon les résultats d’une enquête, les entreprises de logiciels libres seront celles qui auront la plus grande capacité à recruter des ingénieurs et des techniciens, ce qui révèle l’importance des perspectives de cette industrie.

Quelles sont les perspectives du logiciel libre au niveau international ?

Le logiciel libre n’est pas l’affaire de grandes entreprises, mais plutôt de PME. Nous avons été parmi de nombreuses sociétés, le dernier fut le Cap Gemini, ce qui crédibilise de plus en plus le logiciel libre de façon générale. Nous avons des masters en logiciels libres et nous fournissons des formations spécifiques. En Tunisie, malheureusement la carte de l’off-shore est très jouée.

En France, nous sommes très soutenus, mais  il existe  des standards qui déterminent le marché. Dans le monde, nous avons une très grande concurrence de la Chine, alors que l’enjeu euro-méditerranéen est très important. En Tunisie, je reste optimiste, surtout que le gouvernement a institutionnalisé le logiciel libre. 

Quelles sont les spécificités et les atouts du logiciel libre ?           

Il  existe beaucoup d’éléments qui font du logiciel libre une vraie innovation, et quelque chose à laquelle on prévoit un excellent avenir. Les logiciels libres permettent aux entreprises d’accéder aux nouvelles technologies à moindre coût, de s’adapter plus rapidement et de réagir aux contraintes des marchés, surtout dans un contexte de mondialisation. Brièvement, le logiciel libre, permet aux entreprises d’être mieux concurrentielles, peu importe leurs pouvoirs financiers, puisqu’il leurs permet d’accéder aux nouveaux marchés.

Au niveau de Libertis, il y a une action de business, mais aussi de militantisme, surtout que dans ce contexte de crise, les solutions alternatives sont les meilleurs clés, et le logiciel libre en fait partie.

Quelle est votre vision pour le partenariat tuniso-français, notamment dans ce secteur ?

L’off shore n’apporte pas de la compétence, surtout celle de ce genre de métiers. Je pense qu’avec les Tunisiens, nous avons des filières à développer, tel que dans le domaine du textile. Mais pour atteindre de tels objectifs, il faudrait tout d’abord miser sur l’expertise et la formation, plutôt que de miser sur les prix. Personnellement, je vois que la Tunisie voit les bons marchés, y compris celui des logiciels libres. Et dans ce contexte, il faut rappeler que la France est le premier en Europe, et la Tunisie devrait tirer les bons profits de notre expertise. Nous sommes conscients qu’il existe encore de petits freins, comme celui des visas, des vols réguliers et autres, qui représentent des problématiques pour les chefs d’entreprises français et tunisiens, et c’est avec ce genre de petites affaires que nous serons capables d’aider les politiciens à développer notre partenariat.         



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