En fait de commerce extérieur, ce n’est pas encore le bout du tunnel. D’autant moins que dans la zone euro comme aux Etats-Unis, on n’a de cesse d’enchaîner les trimestres de baisse de croissance et de récession, ce qui s’est traduit forcément par une contraction de la demande mondiale.
La Tunisie n’y échappe guère, et cette situation économique s’y trouve relayée par une baisse des échanges commerciaux avec l’extérieur et de la production industrielle orientée à l’exportation, sous l’effet de la contraction de la demande mondiale, notamment dans les principaux pays partenaires, comme le constatait le Conseil d’Administration de la BCT lors de sa dernière réunion.
Quant aux chiffres, tels qu’ils sont fournis par le Centre de promotions des exportations, ils sont on ne peu plus éloquents. Durant les quatre premiers mois de l’année en cours, les exportations ont baissé de 19.6 % (6307.1 MD contre 7847.1 MD) alors que les importations, n’ayant pas été en reste, ont reculé de 16.5 % (7817.9 MD contre 9364.2 MD). Il en est résulté une évidente détérioration du taux de couverture de 3.1 points (80.7 % contre 83.8 %), cependant que le déficit a régressé de 0.4 % (1510.8 M.D contre 1517.1 M.D).
Les exportations agricoles ont baissé à hauteur de 23,5%, de même que l’énergie dont les ventes à l’étranger ont reculé de 22,2% et les produits miniers et dérivés qui ont régressé de 44,8% fin avril 2009.
La même tendance baissière est enregistrée au titre des importations, notamment celles des produits agricoles et agroalimentaires (14,6%) et de l’énergie (53,3%).
En référence aux chiffres du premier trimestre de l’année en cours, il peut etre observé que les exportations tunisiennes ont aggravé la baisse qui était la sienne , se situant alors à 18.8% enregistrant ainsi la valeur de 4728.4MD contre 5820.9MD durant la même période de l’année 2008. Idem pour les importations qui ont enregistré pour leur part une baisse de 16.4% pour atteindre la somme de 5704.8 contre 6824.1MD au cours du premier trimestre de l’année dernière. La balance commerciale de la Tunisie accusait un déficit affichant un taux de couverture des importations par les exportations de l’ordre de 82.9% contre 85.3%.
Par contre, les exportations effectuées dans le cadre du régime offshore avaient enregistré un accroissement pour ce premier trimestre de l’année 2009. Elles sont passées de 57.9% à 60.5%. Cette hausse s’observait surtout au niveau des exportations du secteur des Industries mécaniques et électriques (28.1% contre 27.3% au cours de premier trimestre 2008), du secteur Textiles et Habillement (25.9% contre 24.9%), du secteur énergie et lubrifiants (13.2% contre 12.1%) et du secteur des Industries diverses (9.8% contre 8.1%). Quant aux activités commerciales de la Tunisie avec ses principaux partenaires, on observait au cours du premier trimestre une croissance de ces activités avec les pays de l’UMA (Union du Maghreb Arabe) de 6,2%, ainsi qu’une croissance des échanges avec les pays de l’Extrême Orient (+7%). L’excédent commercial au profit de la Tunisie, provient principalement avec la France (+233.4 M.D), l’Iran (+142.1 M.D), la Libye (+138.5 M.D) et l’Italie (+66.1 M.D).
Pour ce qui est des exportations vers l’UMA, telles qu’elles se présentaient à la date du 30 avril 2009, elles ont enregistré une croissance de 9.9 % et vers les pays d’Extrême Orient de 33.9 %.
De même, on relève un excédent commercial au profit de la Tunisie principalement avec la France (+222.4 M.D), la Libye (+213.5 M.D), l’Iran (+141.9 M.D) et le Royaume Uni (+98.2 M.D).
« Détérioration généralisée »
Chez les partenaires commerciaux majeurs de la Tunisie, c'est-à-dire ceux de la zone euro et après déjà trois trimestres de baisse consécutive, l'économie s'est affaissée de 2,5% au premier trimestre 2009. Ce faisant, l’économie en Europe ressort plus affectée par la crise que celle aux Etats-Unis (- 1,5%) mais plus résistante qu'au Japon (-4%). Pour les analystes, "cette performance médiocre représente déjà pour l'économie de la zone euro un acquis de croissance négatif de 4% pour 2009." Et ce même si le PIB du dernier trimestre 2008 a été moins mauvais que prévu à -1,8% contre -1,6% estimé précédemment.
Dans le détail, la baisse de l'activité européenne au début de 2009 traduit une "détérioration généralisée" : aussi bien un net recul des investissements (-4,2%), qu'une chute brutale des exportations (-8,1%) et une dégradation de la consommation des ménages (-0,5%). "La reprise n'est pas en vue", affirment les conjoncturistes. Car malgré une amélioration de l'environnement économique, les indices restent à de très bas niveaux.
Aux USA, le produit intérieur brut s'est contracté au premier trimestre, mais moins que prévu. Selon les chiffres définitifs rendus publics vendredi 29 mai par le département du Commerce, il a reculé de 5,7% en rythme annuel par rapport au trimestre précédent et non de 6,1% comme annoncé en avril.
Selon les analystes, si le pire de la crise est passé, les Etats-Unis devraient aligner un quatrième trimestre de baisse du PIB.