En ces temps de crise et alors que les exportations tunisiennes peinent à trouver acquéreur, il est devenu essentiel d’élargir la palette des marchés, potentiels et autres, en sondant par tous les biais disponibles d’autres passerelles vers d’autres débouchés, et en prenant surtout soin de sortir des sentiers battus du commerce extérieur.
C’est sous cet angle qu’il faut comprendre l’initiative prise par le Cepex d’organiser, mardi, un séminaire d’information sur « Le Tunis Trade Point : Portail d’accès aux réseaux mondiaux d’information commerciale ».
Une rencontre dont le bénéfice ne devrait pas manquer de rejaillir sur les opérateurs tunisiens. D’autant qu’en accédant à ces réseaux, ils seront sans doute en posture de mieux gérer leurs flux de ventes à l’étranger et surtout mieux maitriser les techniques de commerce, accroître l’efficacité de leurs procédures commerciales en utilisant l’informatique pour être compétitifs et tirer parti de la mondialisation.
Les opérateurs présents, et ils étaient nombreux, se sont instruits de ces opportunités , pour ainsi dire, à la source, en l’occurrence auprès du président de la Fédération mondiale des Trade Points, Bruno Masier et de la directrice du Trade Point de Raguso en Italie, Christina Dragoi, qui ont, l’un et l’autre, présenté la panoplie des services d’information commerciale en ligne offerts par le réseau mondial des Trade Points à l’intention des opérateurs du commerce extérieur.
A vrai dire, le mécanisme de Trade Point n’est pas une nouveauté en Tunisie puisqu’un pôle Tunis Trade Point y existe depuis juillet 1993 dans les locaux mêmes du Cepex. Sa vocation ne se limite pas à la promotion des exportations, mais va au-delà pour rationaliser les importations par l’utilisation des technologies les plus récentes de l’information et de la communication en mettant à la disposition des petites et moyennes entreprises des informations économiques et commerciales de première main en temps réel sur les marchés étrangers.
On ignore le nombre des opérateurs tunisiens qui ont partie liée avec ce pôle commercial, mais apparemment, ils ne font pas partie du grand nombre. C’est sans doute pourquoi le Cepex envisage de multiplier ces pôles à travers tout le pays et d’en densifier le réseau. Toutefois, ceux qui s’y sont essayés ont dû et pu en mesurer les avantages, notamment l’accès à la Bourse des données électroniques des opportunités d’affaires( ETO), l’enregistrement à l’Annuaire du commerce mondial qui assure à l’entreprise tunisienne une visibilité et une promotion à l’échelle internationale à travers le réseau de pôles de commerce qui relie plus de 120 pôles implantés dans 80 pays et permettant le bénéfice d’une information commerciale structurée par pays et par secteur, de statistiques commerciale, des guides à l’intention des entreprises souhaitant exporter vers différents marchés ainsi que des guides sur l’investissement.
Un relais a été mis en place en Tunisie sous la forme d’un « Réseau d’encadrement et d’appui à l’exportation » géré en coopération avec différentes administrations publiques, des fournisseurs de services liés au commerce et avec les « points export » créés en partenariat avec les 8 chambres de commerce et d’industrie de Tunisie.
Mais est-ce suffisant pour avoir le profil d’un Trade point tel que défini par son initiateur, la Cnuced, et l’organisation en relevant, la Fédération mondiale des Trade Points ? La question vaut d’être posée sachant qu’un Trade Point est un centre de facilitation du commerce où tous les intervenants du commerce international ; douane, institutions du commerce extérieur, chambres de commerce, compagnies de transport, compagnies d’assurances, sont regroupés sous le même toit physique ou virtuel et où les négociants peuvent identifier des marchés pour leurs produits , accéder à une information commerciale stratégique et accomplir les procédures et les formalités sur place, plus vite et à moindres coût qu’auparavant en utilisant les dernières techniques multimédia.
Le Cepex a beau présenter cette structure qu’il héberge comme »une plateforme technologique high-tech avec un parc informatique moderne et efficace, un espace de ressources de prestations de services (cyber-espace) et un bouquet de services en ligne ». Mais force est de constater que les opérateurs ne se bousculent pas au portail, notamment « le portail Internet instauré par le Cepex à partir de modules dynamiques offrant un contenu et des services à valeur ajoutée à distance ».