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Vendredi 19 Mars 2010

13-05-2009 : Tunisie : La Simpar traîne des «casseroles» et refuse de mieux faire !
K. Boumiza.

Filiale de la BNA (Banque Nationale Agricole),  Simpar (Société Immobilière et de Participations) vient de tenir assemblée générale, pour y présenter son bilan 2008. Indéniablement et comme le reste des entreprises du secteur, l’entreprise se porte plutôt bien. Son chiffre d’affaires de plus de 15,3 MDT en hausse de 4 MDT par rapport à l’exercice 2007 et son résultat net qui augmente de 61 % et passe de 1,5 à 2,5 MDT, confirment cette bonne santé. On pourrait même dire que la Société Immobilière et de Participations, qui ressemble plus à un bras de participations, pas toujours financièrement justifiées et viables, de son principal actionnaire qu’est la BNA, gagne sur les deux volets de la promotion immobilière et du placement financier. Le portefeuille titres  de participations a en effet augmenté de 16 % et les produits de placement d’un peu plus de 0,1 MDT, mais pour un portefeuille de plus de 8,2 MDT ne rapportant que 0,8 MDT et 2,5 MDT de placement, ne rapportant que 0,11 MDT. Le taux de rendement de 10 %, n’est certes pas trouvable au coin de la rue, il n’en demeure pas moins qu’à certains égards, on se demanderait presque pourquoi cette entreprise de placements les fait-elle dans des entreprises qui ne sont, soit pas reluisantes comme  Tunisie Lait, soit dont on n’attendrait aucun dividende, comme la BTS, soit encore en liquidation comme la BTM qui gérait un hôtel à Monastir ou la Socelta (qui travaille dans le secteur des poulaillers dans le  Nord- Ouest tunisien) qui a perdu tous ses œufs.  Certaines autres entreprises où la Simpar met son argent et celui des autres aussi, ont eu toujours ou commencent à avoir une santé plutôt vacillante. La meilleure preuve se trouve dans l’Immobilière des Œillets, déficitaire une année après l’autre.

Les 5 casseroles de la Simpar

Autre fait marquant de la gestion de cette entreprise qu’est la Simpar, c’est que ses meilleurs placements sont faits, soit dans des sociétés filiales directes, soit dans des sociétés où sa banque-mère (la BNA qui est actionnaire de référence avec 30 %, sans compter les 10 % de la Ctama où la même banque est actionnaire) est déjà dans le capital.

Le fait est en effet, que sur ses 10 filiales, dont la majorité sont en pleine infraction de la loi sur les participations croisées (pratique dénoncée par le Commissaire aux comptes, mais dont le PDG de Simpar dira que «c’est irrégulier, mais non puni par la loi»), quatre sont devenues déficitaires, une est en liquidation et la sixième voit ses résultats baisser drastiquement.

Société d’études de supervision et de travaux, la Sogest était déficitaire de plus de 919 mille DT sur un chiffre d’affaires d’un peu plus de 39 mille DT. C’est dire que sont déficit est presque trois fois égal à son chiffre d’affaires.

La Sip-Sicar semble ne connaître le risque que pour sa seule existence. En 2008, elle a enregistré un déficit de 211,5 mille DT (en très grosse hausse par rapport à l’exercice 2007) pour un chiffre d’affaires de 142,5 mille DT (en baisse de 31 mille DT).

Société de participations, dans une société de participation, Zied Sarl, a terminé l’exercice 2008 avec une perte de plus de 6 mille DT et des produits d’exploitation toujours en baisse (88 mille DT l’année dernière contre 95 mille DT en 2007).

Filiale informatique dans un groupe où l’immobilier est roi, TIS a certes augmenté de 15,7 % son chiffre d’affaires (plus de 2,9 MDT contre 2,5 MDT). Elle termine pourtant le dernier exercice avec un déficit de plus de 37 mille DT, certes en baisse par rapport aux 117472 DT, mais reste déficitaire pour la seconde année successive.

Voulant peut-être parodier la BNA, ou peut-être la débarrasser d’un mauvais canasson, Simpar investit dans les céréales et l’élevage et met l’argent des autres dans la société Ifrikia. En confirmation de ce que nous disions, l’entreprise enregistre un bide, la BNA (actionnaire majoritaire de Simpar et financier de l’agriculture par excellence en Tunisie) refuse même de la reprendre, la Simpar la met en liquidation et vend même (le comble pour une banque agricole) le terrain sur lequel a été constituée cette entreprise agricole. La poisse s’accroche à Ifrikia et l’acheteur refuse de payer et refuse même (selon les explications du PDG de la Simpar en assemblée générale) de la laisser se vendre une seconde fois. Tout cela, toutes ces casseroles, tous ces canards boîteux, la Simpar s’y accroche encore et refuse de ne plus y participer, certes avec l’argent de ses actionnaires !

Placement déplacé et soutien «croisé».

En fait, ce portefeuille de titres participations comporte 28 titres. Dans la grande majorité, c’est des sociétés appartenant directement (Sicav, Sicaf, Sicav obligataire, intermédiaire en Bourse) ou indirectement (Tunis-Ré où la BNA a 21 % du capital, Essoukna entre autres) à la BNA, si ce n’est la banque elle-même (2,06 MDT) et le reste des banques publiques (STB, Banque de l’Habitat et Banque de Solidarité) ou leurs produits financiers. On fait noter, encore une fois, que sur ces 28 participations, 9 n’ont pas distribué de dividende.

Côté placement aussi, il y a des choses à dire et des questions qui se posent. Au 31 décembre de l’année dernière, les placements de Simpar totalisaient  2,170 MDT, dont plus de 11,4 mille DT dans une Sicav d’une autre banque publique, la Sicav-Avenir, 1,8 MDT dans un fonds de gestion placé auprès de la Sip-Sicar (une société du même groupe Simpar et qui est déficitaire), plus de 107,781 mille DT dans des actions de la BNA et enfin un peu plus de 269 mille DT en actions de sa filiale Essoukna, pour en soutenir l’action en Bourse.

Des placements, pour le moins bizarres, puisqu’ils sont tous faits en interne, alors qu’il y a sur le marché, plus porteur et plus rentable que ces placements- là, pour une société qui voudrait vraiment gagner de l’argent et non utiliser l’argent de l’activité rentable, de la promotion immobilière, pour d’autres fins que le gain qui devrait être le but premier de toute action de placement. On pourrait même se demande ce qui retient la Simpar pour se débarrasser de son bras de placement de la BNA et au lieu de placer 8 MDT où elle ne gagne que 10 %, les investir dans son core-business qui est la promotion immobilière, nettement plus rentable pour ses actionnaires ?


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