« Colliers International », un des leaders de la consultance immobilières dans le monde vient de publier un rapport sur l’état et les perspectives du marché immobilier du Golfe qui pose , dès l’abord, un constat sans appel : la crise financière et économique internationale a produit un effet rapide et de grande envergure sur le marché immobilier dans le Golfe, ce qui s’est traduit par un repli remarquable des valeurs boursières immobilières.
Dans le même temps, le rapport a fait ressortir un changement fondamental du mécanisme régissant le marché immobilier dans les pays du Golfe se déclinant dans le rétrécissement des légions des spéculateurs immobiliers et des utilisateurs finaux et dans l’apparition d’investisseurs professionnels qui représentent désormais le pilier de l’activité immobilière dans la région.
Alors que de nombreux experts ne comptent plus sur l’année 2009 en raison des répercussions de la crise financière, il n’est plus loisible pour les promoteurs immobiliers de céder le terrain , car ils vont s’employer à tirer parti des études profondes et minutieuses faites sur les moyens de répondre aux attentes des investisseurs professionnels afin de relancer l’activité immobilière à brève et moyenne échéance. D’autant que les rapport de »Colliers International » sont généralement bien ficelés et servent de référence majeure en ce sens qu’ils sont basés sur d’énormes quantités de données chiffrées collectées par un vaste réseau d’institutions financières et de correspondants éprouvés à travers le monde.
L’un des enseignements véhiculés par le rapport 2009 est que les effets de la crise financière et économique internationale sur le marché immobilier du Golfe est fonction de l’intégration de ce dernier dans l’architecture économique mondiale et de l’étendue de la spéculation immobilière qui a précédé la flambée des prix qui a atteint son paroxysme l’année dernière.
Analysant le ralentissement actuel du marché immobilier du Golfe, le rapport souligne que l’impact de la crise économique internationale continue de se manifester à travers le manque de liquidité et des strictes conditions imposées par les bailleurs de fonds en comparaison avec l’année dernière. Le signe le plus patent à cet égard est la perte de confiance des investisseurs consécutivement à la propension des sociétés à tailler dans leurs effectifs et le sentiment d’insécurité qui habite leurs employés quant à leur avenir. Parallèlement, les spéculateurs immobiliers se sont convertis en utilisateurs finaux alors que d’autres se sont transformés en investisseurs professionnels lesquels représentent la catégorie la plus importante parmi les acheteurs dans le marché immobilier.
Ian Albert, Directeur régional de « Colliers International » constate que les revenus qui peuvent être tirés par l’investisseur immobilier ont augmenté à un point tel que si le fossé continue de se creuser entre les revenus et les prix, il sera dans l’ordre des choses de s’attendre à une période difficile en termes de stabilité des prix et d’activité immobilière en général.
Le rapport aborde aussi les mutations radicales dont les marchés immobiliers du Golfe sont le théâtre sous l’angle du fait que les investisseurs évaluent leurs transactions sur la base du critère du revenu, c'est-à-dire la valeur capitalistique de la propriété. Economiquement, la différence entre les attentes des vendeurs et celles des acheteurs s’analyse comme le fossé entre le prix et le revenu et aucune convergence n’est à prévoir entre l’un et l’autre en raison du refus des acheteurs de modifier la composition de leurs biens immobiliers et leurs propriétés à la lumière des mutations internationales actuelles.
Conclusions du rapport
Dubaï, Emirats Arabes Unis
Les prix des constructions servant de bureaux ont régressé de l’ordre de 39% durant le troisième trimestre de 2008 et le premier trimestre 2009.
Les prix des unités immobilières destinées à lhabitat, ont régressé de 20 à 40% depuis le dernier trimestre de 2008.
Les prix du loyer des unités immobilières d’habitat ont reculé entre 20 et 40%, selon l’état des propriétaires.
Le revenu moyen des unités immobilières d’habitat s’est situé à 8.8%, la moyenne des unités immobilières pour bureaux s’est quant à lui situé à 8,9%.
Les estimations de demandes sur les locaux commerciaux à Dubaî, montrent que le secteur dispose d’une capacité d’accueil de 140.000 m² supplémentaires qui viennent s’ajouter à la superficie totale disponible et destinée à la location, avant d’arriver au stade où l’offre dépasse la demande.
Les unités immobilières lancées au cours du deuxième trimestre de 2008, ont vu leur valeur chuter de 20%.
Les revenus des unités immobilières pour bureaux ont reculé de 24%, durant le dernier trimestre de 2008, et le premier trimestre de 2009.
Le revenu moyen des unités immobilières pour l’habitat a atteint 9,9%.
Doha, Qatar
Les revenus des loyers des espaces pour bureaux récemment construits ont régressé entre 10 et 15% durant les quatre derniers mois.
Les ventes des unités foncières immobilières se sont effondrées à cause du manque de financement ainsi que de l’attentisme des investisseurs fonciers.
Il est attendu, comme prévu, que le nombre des centres commerciaux progresse de l’ordre de 100% entre le dernier trimestre de 2009 et le dernier trimestre de 2010.
17 milliards de dollars ont été débloqués pour l’amélioration de l’infrastructure durant les cinq prochaines années.
Ryadh. Arabie Saoudite
Le revenu de l’unité immobilière a atteint 10%, alors que celui de l’unité immobilière pour bureau a quant à lui atteint 11%.
Les prix de vente des unités immobilières pour l’habitat a reculé de 23%, dû au manque de confiance des acheteurs et des investisseurs immobiliers, outre l’influence positive du recul des prix des matières premières.
Les projets des complexes commerciaux changent de concept en migrant vers le concept des destinations de loisirs complets.
La Mecque et Médine
Le tourisme religieux a consolidé le secteur hôtelier en Arabie Saoudite, grâce aux nombre importants de pèlerins et de visiteurs des lieux saints. Il a représenté, en 2008, 51% de l’ensemble de l’activité touristique saoudienne.
Jeddah
Le revenu moyen des unités foncières immobilières et pour bureaux a atteint 10,5%.