«Les technologies de l'information et de la communication dans l'industrie du transport aérien», était, la semaine dernière, le thème d'un séminaire tenu à Tunis, à l'initiative de la société AISA (aviation international services Africa), en charge, depuis août 2008, de l'ensemble des aspects informatiques et télécommunications de la compagnie Tunisair (personnel, logiciel, matériel).
Au programme de ce séminaire figuraient des communications sur des thèmes portant sur "l'initiative de l'IATA pour la simplification des procédures de l'industrie du transport aérien", "l'aéroport du futur : Simplification, gain de productivité, nouvelles opportunités commerciales et services de qualité grâce aux TIC", "la certification des services aéroportuaires", "l’informatique, partenaire stratégique des compagnies aériennes" et "le rôle des TIC dans la gestion et l’échange d’informations sur les passagers entre aéroports, transporteurs et gouvernements".
Dominique El Bez, représentant la SITA, et Jean-Luc Rauline, représentant l’IER, ont mis l’accent sur le rôle des TIC dans la simplification, le gain de productivité et les créations de nouvelles opportunités commerciales et services de qualité dans le domaine de l’aéronautique.
De leur côté, Khaled Chelly (IATA) et Alain Marichalar (ASIA) ont donné un aperçu sur l’apport de l’informatique dans la maîtrise des coûts et l’augmentation des revenus pour toute compagnie aérienne, ainsi que sur le rôle de cet outil dans la satisfaction et la fidélisation des clients. Les participants ont été unanimes pour dire que qu’il est possible aujourd’hui, d’atteindre un niveau de performance accru dans le domaine de l’aéronautique, la Tunisie ayant toujours veillé à la mise en œuvre des normes internationales de sécurité, de sûreté, de qualité dans lesquelles les TIC jouent un rôle prépondérant.
Objectif "Zéro papier" et "Zéro déplacement"
Ouvrant les travaux, Abderrahim Zouari, ministre du Transport a souligné que le marché hautement concurrentiel du transport aérien dont les difficultés se sont multipliées avec la crise mondiale, a amené les transporteurs à revisiter leur mode d'exploitation et leur approche commerciale. Bousculées par les pratiques tarifaires des compagnies low-cost (à bas prix) et par l'incertitude des marchés internationaux en baisse, les compagnies aériennes n'ont d'autre choix que d'améliorer leur compétitivité pour préserver leur part de marché, a ajouté le ministre.
Evoquant les efforts d'adaptation aux mutations internationales déployés par la Tunisie, en se basant sur l'économie du savoir, A. Zouari a indiqué que le transport intelligent fait partie intégrante du mode d'exploitation et de gestion.Il s'agit de la généralisation de la liasse transport avec pour objectif "Zéro papier" et "Zéro déplacement", opérationnelle d'ici octobre 2009, du guichet unique et de l'adoption du système RFID (identification par radio fréquence) pour la traçabilité des unités de charge dans les ports nationaux.
Le ministre a ajouté, dans ce cadre, que la généralisation du système de Géo-localisation "GPS" et la mise en place du système d'aide à l'exploitation, le e-ticketing ou "paiement électronique" des titres de voyages dans le transport urbain et interurbain, sont autant d'exemples de l'intégration des TIC au service d'un transport plus performant, donc plus compétitif.
Un préalable qui n’existe pas encore chez Tunisair !
Dans une récente interview, le Pdg de Tunisair nous a parlé de commerce électronique et de son impact sur les ventes de sa compagnie. «Contrairement à d’autres compagnies étrangères, qui réalisent 20 % et plus de leurs ventes sur Internet, nous en sommes encore aux balbutiements, avec seulement 1 % de notre chiffre d’affaires qui est réalisé sur Internet contre 0,5 % l’année dernière», dira-t-il. Mais d’expliquer surtout que «ce n’est pas un problème uniquement dû à Tunisair ou à la qualité de son site Internet, c’est aussi dû à l’infrastructure générale». Plus explicite encore, lorsque nous évoquions avec lui la question de la plateforme de transaction informatique avec laquelle tourne le site de la compagnie, il dira que «on a n’a qu’un taux d’aboutissement des transactions de 43 % », même s’il ajoute que «ce chiffre inclut aussi ceux qui entament une opération et arrêtent d’eux-mêmes». D’après nos propres informations [que tout le monde réfute officiellement], le taux d’aboutissement n’excèderait pas les 30 %. Indéniablement donc, l’actuelle plateforme technique du site Internet de Tunisair pose encore problème.
Parler donc de TIC pour booster et pour améliorer les services du transport aérien, au moins pour le transporteur national, devrait en premier lieu et au préalable passer par la mise à niveau technique du site de Tunisair. Cela passe, de son côté, par l’acceptation de toutes les parties en cause, de la mauvaise qualité technique de la solution en question et jusqu’à présent personne ne semble le vouloir. Sans cela, il nous semble pourtant inutile de parler de services tels que la réservation, l’enregistrement, la confirmation de l’enregistrement, l’enregistrement des bagages ou le choix de la place du voyageur en cabine. Des services pourtant, comme l’ont souligné les différents intervenants au séminaire de l’AISA, qui deviendront obligés par le recours rampant du reste des partenaires de Tunisair et de l’office tunisien des aéroports, à ces nouveaux services dont le seul outil est l’Internet.