contact
Français | English | عربي


Recherche  

Se désincrire
Vendredi 19 Mars 2010

2-04-2009 : Tunisie : Mince performance des CJD dans le tourisme.
K. Boumiza & H.Tlili

Habitués à des études, et non de simples réflexions, sérieuses et bétonnées, de la part du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD), on était presqu’en droit de lire un document référence  qui pourrait constituer une alternative sérieuse au discours officiel. La déception était assez grosse pour qu’on s’y arrête.

Rebondissant sur l’état et les perspectives d’un des secteurs clé de l’économie tunisienne en proie à la crise économique internationale, le CJD a organisé, jeudi 2 avril 2009, un déjeuner-débat avec le ministre du Tourisme, Khalil Lajimi, au mieux de sa forme, bien que sortant à peine d’un conseil ministériel. Au menu, une réflexion sur le sujet, sous forme de présentation, faite par quelques membres de l’honorable centre. De l’avis de bon nombre de présents, le menu a cependant été maigre et il fallait le faire passer par le menu poissonnier de l’hôtel où il se tenait à l’exigu.

En fait de commentaires, tel qu’il en a utilisé le mot, le ministre du Tourisme a pratiquement décortiqué les informations et les propositions faites par le comité qui a préparé cette «réflexion». Il a même et plus d’une fois dû corriger ou rectifier certaines affirmations de la «réflexion», commençant par demander qu’on ne confonde pas, pour ce qui concerne les chiffres des recettes touristiques, entre Dinar tunisien et Dollar américain. Ce n’était que le début. Il esquissera même un sourire, lorsque le speaker propose de «créer une Agence de développement touristique tunisienne, qui aura pour objectif d’améliorer la compétitivité de l’offre touristique et son adaptation aux nouvelles exigences du tourisme international». «Si Raouf Jomini (DG de l’office du tourisme) était là, il aurait sauté au plafond, car c’est son travail» ironisera-t-il en guise de réponse à cette proposition.  Il deviendra plus sérieux, lorsque la «réflexion» du CJD proposera de «retravailler l’image de la Tunisie et de rompre avec le cliché de Tunisie destination balnéaire». «NOUS sommes une destination balnéaire», martèlera-t-il avant d’ajouter qu’ « il faut au contraire valoriser cela et communiquer plus dessus». Le ministre Lajimi rectifiera la remarque des auteurs de la «réflexion du CJD» sur les chiffres du tourisme, donnés en arrivées, pour s’étonner des écarts entre la Tunisie, le Maroc, l’Egypte et la Turquie. «En Tunisie, on ne compte pas les Tunisiens résidant à l’étranger, comme touristes».

Le ministre du Tourisme opposera ensuite son réalisme et sa parfaite connaissance du domaine,  de son infrastructure et de ses possibilités, pour tempérer l’optimisme, quelque peu exagéré des auteurs de la réflexion qui, en guise de perspective, tablaient sur 20  millions de touristes, 20 milliards USD de rentrées en devises, à l’horizon 2020. «Il ne faut pas oublier les limites physiques» du secteur, répondra-t-il en référence aux 200 mille lits qui ne pourront pas faire les 20 millions de touristes. Il opposera ensuite, l’étude, plus logique puisqu’elle travaille sur le Plan de développement national et qui prépare les nouvelles perspectives à l’orée 2016, c'est-à-dire au début du 12ème Plan de développement, donnant ainsi la possibilité de mettre au point un plan d’action budgétisable et dont la mise en exécution peut être facilement envisagée.

La «réflexion » du CJD, aura pourtant mis le doigt sur un point assez important qu’une remarque du ministre confirme. Khalil Lajimi  a en effet déclaré que son ministère s’est rendu compte, sur la base d’une étude, qu’un grand nombre de touriste consulte d’abord Internet, avant d’aller chez le TO. Le CJD remarque, à son tour, «l’absence de la Tunisie dans le Top 10 des lieux inoubliables. Le manque de visibilité de la Tunisie en tant qu’annonceur sur les sites les plus visités de France tels que : Google.fr / Face book/ Skyrock/ Yahoo.fr / Kelkoo.com ainsi sur les site de voyages : Lasminute.com / Opodo.fr /Expédia.fr / Go voyages et que le site www.bonjour-tunisie.com (Celui de l’ONTT) est très mal classé » et donc manque cruellement de visibilité. Il est vrai, que le ministère ne développe pas encore assez la présence du tourisme tunisien sur Internet, tant sur le plan institutionnel et image que sur le plan produit. Le ministre a indiqué à ce sujet que les différentes représentations de l’ONTT préparent leurs sites respectifs. Encore faudra-t-il que ces nouveaux sites pensent au référencement et à leur propre visibilité sur le Net.

Une responsabilité collective !

Même si le ministre a été d’accord sur certains points de l’étude élaborée par le CJD, K Lajimi a encore une fois corrigé les chiffres concernant les dépenses des touristes maghrébins qu’accueille la Tunisie, en soulignant qu’il faudrait prendre en considération de nombreux facteurs dénominateurs, puisqu’une importante partie des dépenses de ces  touristes  partent dans les marchés parallèles, ce qui porte la moyenne des dépenses de chaque touriste visitant la Tunisie à 666 dollars, et non pas 471 dollars, comme  indiqué dans l’étude du CJD.   K. Lajimi a par ailleurs affirmé qu’il faudrait lever l’ambiguïté qui se loge entre l’activité touristique et l’activité hôtelière. Pour lui, c’est toute une  chaîne dont les maillons commencent avec l’hôtesse de l’air qui accueille les touristes dans leurs pays d’origine, jusqu’à leur dernier contact avant de quitter le pays. Tout au long du séjour, tous les maillons doivent être conscients de la nécessité de faire de leur mieux, afin de garantir la valeur ajoutée aux services fournis, ce qui n’est pas la responsabilité du ministère du tourisme seulement, mais aussi la responsabilité d’autres ministères et acteurs privés.   

Commentant l’idée du comité du CJD appelant à « contrôler et/ou influencer directement ou indirectement les marchés émetteurs », le ministre du tourisme a précisé qu’il est difficile de contrôler les marchés, où certains TO opèrent de façon malhonnête. Pour lui, il faudrait « influencer intelligemment ces marchés ». Les TO, ajoute-t-il, maîtrisent le marché tunisien parce qu’il maîtrisent le marché des vols charter. La solution, a-t-il encore  précisé, réside dans la libéralisation de l’air tunisien, notamment par l ’accord de l’open sky, ce qui permettrait aux institutions tunisiennes d’avoir une marge de liberté dans leurs actions de communication sur les marchés cibles. K. Lajimi a par la suite souligné que la présence tunisienne dans les marchés de la zone BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), devrait être consolidée par des liaisons aériennes, ce qui est le cas avec la Russie, et bientôt avec la Chine et le Canada, comme premières étapes.

Pour le ministre, l’accord de l’Open Sky que la Tunisie a récemment ratifié permettra d’élargir les durées de séjours des touristes, puisque cette moyenne de 4 à 5 jours fut  imposée par les TO pour qu’ils puissent garantir la rotation de leurs flottes. Ces mêmes TO, a aussi indiqué K. Lajimi, ne s’intéressent pas aux retraités dont le nombre avoisine les 80 millions dans l’espace européen, bien  qu’ils représentent la frange ayant le plus important pouvoir d’achat. Selon lui, l’accord qui a été signé avec une association autrichienne ayant pour objet l’accueil de 7 mille touristes autrichiens en 2009, et 10 mille autres en 2010, sera le commencement d’une stratégie consistant à viser cette catégorie durant les années à venir. Pour lui, cela pourrait être une solution susceptible d’étaler la saison touristique en Tunisie au maximum possible, puisqu’il est actuellement difficile de convaincre les opérateurs privés tunisiens de retenir le principe de la fermeture cyclique de certaines unités hôtelières pendant les trois mois de l’hiver, comme c’est le cas chez les opérateurs espagnols dans la région de Palma de Majorque.

L’étude du CJD a été dans quelques uns de ses compartiments révélatrice, mais nombre de ses idées ont été  jugées au delà de la réalité du pays, comme l’a indiqué le ministre du Tourisme, telle que l’ambition d’accueillir 20 millions de touristes à l’horizon 2020, ou encore l’organisation de grands événements sportifs tel que « le grand prix de formule 1 ». Pour lui, la Tunisie n’est pas l’Egypte, avec ses 70 millions d’habitants et plus de 1 million de kilomètres carrés de superficie. Au demeurant, les grands événements sportifs  nécessitent de gros budgets et de gros sponsors !


Réaction(s) à l'article de la part de :

wahid ibrahim  
Sami Boussoffara  

 

Actualités

 
 

 
 

 
 

Revue de Presse
Secteur bancaire ; Des acquis à consolider, des objectifs à atteindre
Aviation training Center of Tunisia ; Un projet innovant et fortement attractif
Balance commerciale : Reprise des exportations ; accentuation des importations : le déficit passe du simple au double ; 650.4MDT en 2009 ; 1245.9MDT en 2010
Salon international du pétrole et des services à Hammamet : Une plate-forme d’échange et de partenariat
1er salon international de l’huile d’olive « Tunisia oil expo 2010 » ; le palier supérieur
Admission des actions de Tunis Ré au marché principal
Nouvelles émissions de Tunisie Leasing
Textile-habillement : Un secteur stratégique



Actualités en Afrique
1
2
3
4
5
6
7
precedent play/pause suivant
Banques & Finances



Infos Entreprises
Entreprise :
Responsable :
 
High Tech
 
Tunisie : Cisco annonce l’arrivée de « Carrier Routing System CRS-3 »
Tunisie : Gabès affiche ses potentialités en TIC
Tunisie : Tunisie Telecom étend la facturation à la seconde au post payé
Tunisie : Tunisie Telecom lance l’offre »BEST » avec un bonus mensuel de 60 D
Interview

Tunisie : Développer le savoir-faire sur les eaux
Un  séminaire d’information sur «, les systèmes  nationaux d’information sur l’eau en Méditerranée ; cas de la Tunisie ; le Sineau » a été organisé, jeudi, à la Cité des sciences de Tunis.  Le ministre de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, Abdessalem Mansour, a indiqué que le système national ...

Entreprise

Chiffre

Lire Aussi


Copyright - African Manager 2008 Tous Droits Réservés