A l’instar de nombreuses autres entreprises publiques tunisiennes, la CTN (Compagnie Tunisienne de Navigation), célèbre cette année même son cinquantenaire. Dans la panoplie de manifestations qu’ils ont prévues tout au long de l’année en cours, les dirigeants de la compagnie soulignent que la plus importante est le forum de la CTN qui a eu d’ailleurs lieu le 27 mars dernier et attiré nombre de personnalités tunisiennes, maghrébines et européennes, notamment des pays des pays de la rive nord de la Méditerranée, le thème retenu n’étant autre que « Le Transport maritime, un trait d’union pour la Méditerranée ». Selon Abderrahim Zouari, ministre du Transport, le thème revêt une grande importance puisque le transport maritime dans le bassin méditerranéen joue un rôle primordial dans l’histoire du transport dans le bassin méditerranéen qui représente réellement un trait d’union entre les plus importantes lignes maritimes d’une côté et parce qu’il lie trois continents, à savoir l’Europe, l’Asie et l’Afrique d’un autre côté ». Pour Adrianus Koetsenruijter, Chef de la délégation de la Commission Européenne à Tunis, l’importance du thème du forum, provient du fait qu’un « système de transport performant et efficace, est une condition nécessaire et importante pour la croissance économique et l’intégration dans la Méditerranée ».
Les flux d’échanges et les degrés de complémentarité : un sujet de préoccupation Le forum de la CTN a permis entre autres de débattre d’ un nombre de questions telle que la place de la Méditerranée dans sa double fonction d’espace d’échanges régionaux et d’accès de transit du trafic international, les solutions du transport maritime intermodal, l’importance de la logistique transport dans l’espace méditerranéen, ou encore la coopération et les partenariats entre les acteurs institutionnels et opérationnels. D’autres questions ont été débattues durant les sessions du forum, par exemple celle des flux d’échanges et feeders et le degré de leur complémentarité. Cette question a été soulevée à partir du fait que la Méditerranée, comme toute autre région dans le monde, commerce de plus en plus avec l’Asie, tout en assurant dans le même temps, le passage des navires chargés de marchandises asiatiques à destination de l’Atlantique et vice versa. Cet emplacement a eu pour résultat la présence de tous les grands opérateurs de lignes, qui voient leurs services se croiser et leurs conteneurs vidés ou chargés, transbordés et acheminés vers l’ensemble des ports du bassin méditerranéen. Les opérateurs régionaux, profitant de la densité du trafic, proposent, quant à eux, à la fois des services Ro- Ro et des services conteneurs. Mais la question qui se pose le plus est celle qui concerne les alternatives susceptibles de garantir et offrir les meilleures possibilités à ces opérateurs régionaux afin de mieux profiter de ce trafic, qui est l’un des plus importants à l’échelle mondiale. Selon les organisateurs du forum, cette question a été particulièrement « tunisienne ». Les travaux du forum ont permis de présenter aux experts présents des témoignages sur le développement du secteur tunisien de la logistique, le projet du grand port d’Enfidha, ou encore la question des nouveaux partenariats inter- portuaires. Le financement une des doléances récurrentes des opérateurs de tous bords La question du transport multimodal et les technologies de l’information, ainsi que celle de leur intégration et les moyens de facilitation du commerce et des transports en Méditerranée ont été des sujets dont les participants au forum ont débattu.Ainsi la question du financement a rapidement émergé, étant donné que ce genre de questions revient toujours sur le tapis, une fois le cadre de la coopération euro- méditerranéenne évoquée. A ces sujets, des représentants d’institutions, européennes notamment ont répondu, à l’instar de Diedrick Zambon, représentant de la Banque Européenne d’Investissement à Tunis, ou encore Bernard Philippe, représentant de la Délégation de la Commission Européenne à Tunis. Les doléances des opérateurs tunisiens à ce propos ont été exprimées par Hayet Laouani, Présidente de la Fédération Nationale de Transport, relevant de l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (Utica). Le projet des autoroutes de la mer : « excellent », dixit la CE Une autre question, non moins importante, puisque d’actualité et qui a été évoquée pendant le forum de la CTN, fut celle de la « Logistique et des Autoroutes de la Mer ». L’importance de cette question provient du fait que la Tunisie, et dans le cadre de sa stratégie de l’intégration de son économie dans l’espace euro- méditerranéen, a adhéré au projet des Autoroutes de la Mer, en se portant candidate au projet pilote sur les axes de Marseille et de Gènes au sein d’un consortium piloté par la CTN. Ce projet qui vient d’être agréé par la Commission Européenne tout en étant qualifié d’ « excellent » bénéficie actuellement d’une assistance technique. Son objectif est de rendre le plus fluide possible le transport de bout en bout les échanges de commerce extérieur des économies des pays riverains de la Méditerranée, et de faire en sorte que la logistique de transport soit de moins en moins une cause de délais et de surcoûts. |