En présence d’un important nombre de représentants des secteurs public et privé ainsi que des étudiants des écoles de commerces, la Chambre d’industrie et de commerce de Tunis a organisé un séminaire sur « la modernisation du commerce et du commerce électronique au service de l’export ». Le séminaire qui a lieu au siège de l’Utica a été une occasion pour les participants de discuter des méthodes modernes de commerce et de commerce électronique lesquelles tardent à faire comme il se doit leur entrée dans les circuits commerciaux en Tunisie. Le commerce électronique ou encore la franchise sont des concepts qui essayent de mieux se positionner, non seulement auprès des clients et consommateurs, mais aussi auprès des commerçants et des hommes d’affaires eux-mêmes. Un effort dont sont redevables toutes les parties doit alors être fourni pour que ces quelques concepts soient adaptés à la réalité tunisienne , surtout dans un monde qui connait de plus en plus de turbulences et qui tend toujours vers de nouveaux modes de commerce qui génèrent des profits d’argent et de temps.
Un message rassurant du ministre du Commerce
La proximité du marché de l’Union Européenne, ainsi que la capacité de répondre aux nouvelles tendances de cet espace ainsi que d’autres, a été le biais par lequel Ridha Touiti, ministre du Commerce a introduit son intervention d’ouverture de cette rencontre. « En dépit de l’actuelle conjoncture économique difficile, l’économie tunisienne a enregistré des résultats encourageants », a-t-il dit citant la maîtrise de l’inflation, dont le taux s’est élevé en 2008 à 5%. « Un taux que la Tunisie a réussi à limiter aux alentours de 3,5%, début 2009, une tendance qui devrait se poursuivre jusqu’au mois d’avril prochain», a-t-il encore ajouté. Selon R. Touiti, le commerce en Tunisie a crû en moyenne de 5% par an durant les dernières années, la distribution, quant à elle, assure 10% du PIB et représente un secteur à forte employabilité. Le ministre du Commerce a par ailleurs évoqué les réformes du commerce, notamment celles traitant de l’amélioration du rendement du secteur, de la mise à niveau des circuits de commercialisation des produits agricoles et de la pêche et de la modernisation du petit commerce. L’objectif est, selon lui, d’assurer l’équilibre entre ce type de commerce et la grande distribution en plus de la révision du cadre juridique régissant l’activité commerciale et de la protection du consommateur. En ce qui concerne le commerce électronique, le ministre a rappelé que cette activité est régie par une législation et mis en exergue le rôle de ce type de commerce dans la dynamisation des transactions et leur accroissement sur des bases solides et saines.
Evolution des chiffres du commerce électronique en Tunisie !
Selon le représentant de la Société Monétique de Tunisie, Khaled Zarg Laayoun, le nombre total des transactions électroniques effectuées en Tunisie durant 2008 a dépassé les 207.000 opérations, dont seulement 73% ont été autorisées, à savoir 115 mille opérations. Le nombre de ces transactions a évolué par rapport à 2007, une année où on n’a enregistré que 207,6 mille opérations, et dont 81,8 mille opérations seulement ont été autorisées. Ces transactions électroniques ont atteint le chiffre de 30,917 millions de dinars en 2008, dont seulement 15,7 millions de dinars ont été autorisées. Elles sont passées de 14,4 millions de dinars enregistrés en 2007, dont seulement 7,4 Millions de dinars ont été autorisées. Dans le top 5 des entreprises marchandes, on trouve Tunisie Télécom avec 73,373 mille transactions électroniques, suivie par « Artex chargie.net » avec 35,2 mille opérations. La STB (Société Tunisienne de Banque), a occupé la place de leader des acquéreurs avec 66,3 mille opérations. La CIBT a été la carte la plus utilisée en 2008, avec 28,9 mille transactions, suivie par les cartes Visa locales qui ont généré ensemble des revenues de l’ordre de 116,9mille opérations.
La Franchise : une expérience dans ses premiers pas
Citant des exemples de la franchise dans différents pays européens et voisins, Khlifa Tounakti, le Directeur Général de la concurrence et du contrôle économique au sein du ministère du Commerce, a qualifié l’expérience tunisienne dans la franchise de « modeste et naissante ». Cela n’empêche, selon lui, l’existence « de quelques expériences réussies de franchise sous quelques marques nationales ou étrangères ». Les raisons de la modestie de cette expérience sont notamment « l’inexistence de données documentées et régulières sur le rôle de ces réseaux et leurs segmentation sectorielles, qui est dûe notamment aux « limites des marques nationales ayant investi dans ce genre de commerce ». a-t-il expliqué. Actuellement il existe 792 autorisations (accordées avant 2001) pour l’exercice de la franchise sous forme de « gérant » en Tunisie, dont 312 dans le domaine de l’informatique. 1800 autres permissions pour la « représentation commerciale » ont été aussi accordées (avant 2001). 44 autres l’ont été après 2001, dont 37 pour la représentation d’entreprises étrangères. Selon le DG de la concurrence au sein du ministère du Commerce, ce faible taux de contrats de franchise en Tunisie, est dû à l’absence de lois qui régulent l’activité qui est déjà régie par de nombreux textes du Code des obligations et contrats.