Plus de 40 hommes d’affaires, quelques premiers couteaux mais surtout de jeunes loups de l’export, se sont déplacés au Cameroun avec le Cepex, dont la mission d’exploration du marché camerounais, a été renforcée par la présence du secrétaire d’Etat tunisien auprès du ministre du Commerce et de l’Artisanat, chargé du Commerce extérieur. La présence de Chokri Mamoghli, a été sincèrement appréciée par les autorités commerciales camerounaises, dont le ministre en charge du Commerce s’est déplacé à l’aéroport pour accueillir le responsable tunisien et a mis tous les moyens logistiques pour faciliter les contacts entre hommes d’affaires.
Produits agroalimentaires, services informatiques, produits du BTP et services de l’éducation, ont en effet été présents, dans le mini-salon organisé, dès le premier jour de ce voyage d’affaires dans Yaoundé, la capitale administrative du Cameroun. Presse écrite et audio-visuelle camerounaises, couvraient l’évènement et même TV5 Afrique était de la fête.
Tout au long de cette journée où les exportateurs tunisiens n’ont pas hésité à faire goûter les biscuits et autres délices de Tunisie aux visiteurs, les contacts n’avaient pas cessé et le hall de l’immeuble de la communauté urbaine de Yaoundé, ne désemplissait pas d’hommes et de femmes d’affaires du Cameroun, qui s’étaient longuement attardés devant les petits stands de plus d’une société de commerce international tunisienne, mais aussi de TPR, d’Idéal sanitaire ou de Carthago Céramique notamment, dans un pays où on construit à tour de bras et où presque tout l’agroalimentaire est importé. Mais aussi d’autres entreprises dont TMI Socodal et autres.
Plus de 10 MDT d’export.
Les échanges commerciaux entre Tunis et Yaoundé ont connu une évolution soutenue au cours des deux dernières années. De 5,2 MDT en 2006, les exportations tunisiennes passaient à plus de 10 MDT deux années plus tard. De leur côté, les importations tunisiennes en provenance du Cameroun, passent de 11,1 MDT à presque 20 MDT au cours de la même période. La balance commerciale entre les deux pays est donc excédentaire en faveur du Cameroun. Il est donc urgent de rétablir les choses et Chokri Mamoghli a son idée là-dessus. Prenant la parole devant le large parterre d’hommes d’affaires camerounais et la quarantaine d’opérateurs tunisien à l’ouverture du Salon et devant son homologue, Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce du Cameroun, le Secrétaire d’Etat tunisien évoque les secteurs qui peuvent être développés. Il s’agit des pâtes alimentaires, la margarine, la chocolaterie et biscuiterie, les composants automobiles, les matériaux de construction, les médicaments, les produits chimiques et les services. Nous l’avions remarqué, nombre de ces produits sont importés par le Cameroun et les prix que nous avions relevés dans certaines grandes surfaces sont largement au-delà aux prix tunisiens. Le ministre camerounais du Commerce (dont nous publierons la semaine prochaine l’interview), nous a d’ailleurs confirmé le désir de son gouvernement d’acheter tunisien. Au niveau des importations, la Tunisie s’intéresse au bois, au café, au coton, à la banane et aux feuilles de placage. Le Secrétaire d’Etat affirmera à ce propos, que «les responsables présents sont disposés à étudier toute autre proposition ».
La Tunisie négocie un accord préférentiel.
Et bien qu’on ne le sente pas encore trop dans les faits et dans les grandes tendances de ses flux commerciaux, la Tunisie a confirmé à l’occasion, par la voix de Chokri Mamoghli, sa volonté de faire de «son engagement en faveur du continent, sous l’impulsion du Président Zine El Abidine Ben Ali, un choix irréversible». Le Secrétaire d’Etat tunisien chargé du Commerce extérieur rappellera à cette occasion aussi l’adhésion de la Tunisie à la Communauté Economique Africaine, au Programme de partenariat pour l’Afrique (Nepad) et à la Cen-Sad (Communauté des Etats Sahélo-Saherien). Mais on apprendra surtout, lors de cette journée commerciale tunisienne à Yaoundé, que «la Tunisie mène actuellement avec l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique Sub-saharienne, des négociations pour la conclusion d’un accord commercial préférentiel et elle a fait état de son souhait d’entrer en négociation avec des groupements régionaux africains, tels que la CDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Ouest), la Comesa (Marché Commun d’Afrique Orientale et australe) et la Sacu (Southern Africa Customs Union), pour la conclusion d’accords similaires». L’allocution de Chokri Mamoghli, nous apprendra aussi, «le souhait de la Tunisie d’entrer en négociation avec la Cemac (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale), pour la conclusion d’un accord préférentiel». L’accord devrait «améliorer les conditions d’échange et de partenariat et renforcer la compétitivité des produits échangés » note le Secrétaire d’Etat tunisien. Il ne manquera pas, à cette occasion, de «compter sur l’appui du gouvernement du Cameroun pour entamer ces négociations et les faire aboutir».