Le Parc Technologique d’Al Ghazala a abrité, mardi les travaux de la première édition des Journées technologiques sur les systèmes d’information 2009 (JTSI 2009). Une journée consacrée au thème «Système d’information : vecteur de création de valeur, de performance et de compétitivité de l’entreprise », et qui a rassemblé un nombre de dirigeant d’entreprises publiques, des chefs d’entreprise ainsi que les opérateurs du secteur des services informatiques tunisiens.
L’objectif de cette manifestation est d’offrir un espace d’échanges et de réflexion aux différents acteurs économiques concernés par les technologies de l’information, qu’ils soient décideurs, responsables des systèmes d’information des secteurs public et privé, ou fournisseurs de services informatiques. Avec la présence de ces différents acteurs, le partenariat public privé a presque dominé le débat. Les acteurs privés ont appelé à croire davantage dans leurs offres et leurs services, mais comment y réussir notamment en face de géants publics qui s’en sortent assez bien, avec leurs propres moyens !
Le secteur des TIC, c’est 10% du PIB : où en est le privé?
Pour Lamia Chaffai Sghaier, secrétaire d’Etat chargée de l’Informatique, de l’Internet et des Logiciels libres, l’Etat a commencé l’exécution d’un programme de généralisation de l’informatique au sein de l’administration tunisienne, ayant pour objectif la création de centres d’informatique spécialisés et la mise en place de systèmes informatiques dans les différents secteurs, outre le lancement d’un réseau administratif intégré. Le secteur des TIC en Tunisie participe à hauteur de 10% au PIB, avec un nombre d’utilisateurs d’Internet et des réseaux de communication estimé actuellement à 2,8 millions. C’est ce qui explique en grande partie la présence de nombreux directeurs d’institutions publiques aux travaux de cette journée, ainsi que celle de nombreux acteurs du secteur privé à leur tête Faouzi Zaghbib, Président de la Fédération Nationale des TIC au sein de l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat. Pour lui, l’évolution des TIC en Tunisie est partie intégrante de la dynamique de développement, il faudrait « remplacer l’attitude de rentabilité d’un service par le rendement de ce service, d’un département ou de toute une entreprise, c’est pour cela que l’externalisation demeure un facteur déterminant dans le processus de développement des services informatiques en Tunisie ». a-t-il souligné.
Certification des services et réduction de délais et de factures, mais aussi plus d’argent pour le privé
Selon F. Zghbib, la professionnalisation des TIC est devenue indispensable et cela ne pourra être possible que grâce à l’externalisation des services informatiques, grâce à quoi le chef d’entreprise pourra évaluer les coûts de ses opérations, mieux que d’engager tout un département avec des charges fixes et des résultats pas toujours garantis. Clin d’œil de la part du président de la Fédération des TIC, à un partenariat public privé dans le secteur des services informatiques qui demeure selon lui « très important au delà du contexte classique et de la bonne conformité du texte ». Le partenariat public-privé a tout de même commencé à avoir de l’impact, réitère F. Zaghbib, mais « à terme, on doit œuvrer en vue de réaliser tous les projets et mettre tout un chacun devant ses responsabilités».
Le président de la Fédération des TIC’s a pleinement profité de l’occasion pour appeler à la certification des services car « si jamais on n’œuvre pas à réduire les délais et les coûts, le risque de surcoût sera inévitable ; on doit faire confiance aux DSI (distributeurs de services informatiques » a-t-il dit. Pour lui, la certification des compétences va permettre de mesurer les coûts et les risques, ce qui nécessite la mobilisation du dispositif au service de la certification afin de garantir la qualité des services requis.
La Poste Tunisienne : 10% du chiffre d’affaires proviennent des TIC
Représentant l’une des entreprises publiques qui a réussi à intégrer les services informatiques au sein de son schéma de développement Adel Gaaloul, Pdg de la Poste Tunisienne a fièrement souligné que « La Poste , pourtant une administration publique, s’est convertie en une entreprise qui est parvenue à augmenter la valeur ajoutée à ses services ». Les TIC représentent aujourd’hui 10% du chiffre d’affaires de La Poste en dix ans, soit 180 MDT, et ce avec la même population et un réseau de 2800 points de vente. Selon A. Gaâloul, 30% du chiffre d’affaires de la Poste a été réalisé grâce à l’adoption des TIC. Le Pdg de la Poste a mentionné que son entreprise préside le Département des services électroniques au sein de l’Organisation Postale Mondiale. « À travers cette intégration benchmarking, souligne Adel Gaâloul, nous avons réussi à développer nos services TIC et déployer nos compétences pour mieux servir nos clients ». La Poste demeure parmi les leaders des services en Tunisie, avec des produits phares tels que « le porte-monnaie électronique » disponibles pour plus de 500.000 clients et le mandat électronique, basé à 90% sur les Technologies de l’Information et de Communication. « Ce qui est attendu de La Poste, c’est de développer une poste centrée sur le client et orientée vers les services à haute valeur ajoutée sur trois dimensions, services postaux, services financiers et la poste électronique » conclut A. Gaâloul.