Le président de l’Associati on des Guinéens résidents à l’étranger (AGRE), Lanciné Camara, a estimé, lundi à Paris, "raisonnable" une transition de 12 mois en Guinée, tout en qualifiant "de fantaisiste" le délai de 6 mois accordé par la communauté internationale à la junte militaire pour organiser des élections générales dans le pays.
"Une transition de 12 à 13 mois me paraît absolument raisonnable dans l’état actuel de la Guinée où tout est à refaire", a-t-il déclaré à la PANA, à l’issue d’une rencontre de concertation de plusieurs associations de la diaspora guinéenne dans la capitale française.
La communauté internationale, avec l’Union africaine à sa tête, exhorte la junte militaire dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara à assurer une transition vers un régime civil qui n’excède pas six mois.
"Six mois de transition, cela me paraît totalement fantaisiste. Comment voulez-vous organiser une élection libre et transparente dans ce pays dans un délai si court ?", s’est interrogé M. Camara, qui est par ailleurs président de l’Union internationale des journalistes africains (UIJA).
Une délégation de la diaspora guinéenne devrait se rendre en février prochain à Conakry pour rencontrer les principaux dirigeants de la junte militaire et des membres du gouvernement dirigé par le Premier ministre Kabinet Komara.
"Je serai dans cette délégation. Sur place, nous dirons aux militaires de s’inspirer de l’exemple malien pour assurer une bonne transition en Guinée. Nous les mettrons, naturellement, en garde contre toute tentation de confisquer le pouvoir", a-t-il affirmé, en citant "les mauvais expériences de Bokassa, Idi Amin Dada et Mobutu».
"L'Afrique ne peut plus accepter ce genre d'impostures", a mis en garde le président de l'AGRE.
Un groupe ad hoc a été constitué par les organisations membres de la Coordination des associations guinéennes de France (CAGF) pour rédiger un mémorandum qui sera remis au chef de la junte le capitaine Moussa Dadis Camara par les émissaires de la diaspora.
"Si la junte nous associe, si les militaires nous écoutent et nous laissent travailler, la Guinée peut retrouver son élan. Car, les technocrates, les médecins, les pharmaciens et tous les autres experts qui vivent à l’extérieur rentreront au pays pour participer à sa reconstruction", a ajouté M. Camara.
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