Depuis son lancement voici trois ans, le Programme National de la Qualité qui se poursuivra jusqu’à 2009, a enregistré, selon les derniers chiffres rendus publics, l’adhésion de 491 entreprise dont 87 ont été déjà certifiées alors que 184 autres ont déjà achevé leur programme, étant noté que 361 actions sont en cours de réalisation.
La part du lion revient au secteur des industries du textile et de l’habillement avec 117 entreprises adhérées mais seulement 40 certifiées, suivi de celui des industries agro-alimentaires à hauteur de 101 adhérées et 15 certifiées uniquement. En bas du tableau, on retrouvera le secteur des Nouvelles technologies de l’information et de la communication ( 16 entreprises adhérées et nulle autre certifiée), légèrement devancé par le secteur des industries du cuir et de la chaussure ( 18 entreprises adhérées et une seule certifiée ), les industries des matériaux de construction , céramique et verre ( 21 adhésions et 2 certifications), et celui des laboratoires (22 adhérés et 1 certifié).
En milieu du tableau figurent par ordre décroissant les industries mécaniques, métallurgiques et électriques, celles du bois et de l’ameublement, les industries chimiques, le secteur des services et les industries d’emballage.
En termes de référentiels, c’est la certification ISO9001 qui caracole en tête avec 168 adhésions, relayée loin derrière par ISO2300 (68 adhésions), la certification OEKOTEX avec 58 adhésions et QSE (36 adhésions). En revanche, la norme ISO9001, ISO14001 n’a les faveurs que de 4 entreprises, au devant desquelles 8 entreprises ont adhéré au référentiel ISOTS16949 et 9 à IFS, BRC/ISO9001/ISO2200. Le célèbre référentiel OHSAS18001 enregistre 23 adhésions et OHSAS18001 quelque 12 adhésions. Concernant la répartition géographique des entreprises adhérées, la palme revient au Nord-Est avec 303 adhésions cependant que le Sud se prévaut de 80 adhésions, le Centre de 98 adhésions et enfin le Nord-Ouest de seulement 13 adhésions.
Un décalage à combler
Le bilan parle de lui-même. Et tout en prenant acte du nombre croissant des entreprises tunisiennes acquises au PNQ et qui totalisent 491, on ne peut pas s’empêcher d’être interpellé par celui des entreprises qui ont définitivement été certifiées: quelque 87, alors qu’il peut être attendu de ce programme que bien davantage le soient.
Il est encore plus frappant que le secteur des Ntic fasse figure de parent pauvre dans cette pondération au moment où ce secteur est appelé à servir de locomotive à l’économie du savoir.
Il n’en demeure pas moins que, comme l’affirme l’Unité de Gestion du Programme de la Qualité (UGPQ), « l’effort de promotion de la qualité s’est développé à travers notamment la promotion des référentiels spécifiques aux divers secteurs »
Cet effort est partagé par le Programme de Modernisation Industrielle (PMI) qui s’emploie, grâce au concours financier de l’Union européenne et en accord avec les objectifs fixés dans le cadre de la campagne nationale de création et de développement des PME, de porter à 600 le nombre des entreprises certifiées , ce qui donne toute son ampleur au travail qui reste à accomplir, étant rappelé encore une fois que , jusqu’au jour d’aujourd’hui, ce nombre peine à dépasser les 87 .
Le poids de la crise !
En serait-il autrement au terme des cinq années que doit durer le Programme National de la Qualité ? L’interrogation vaut d’être posée dans la perspective de la récession qui frappe l’économie réelle dans le monde et à laquelle l’industrie tunisienne ne pourra nullement se soustraire au motif que plus des ¾ de sa production sont exportés vers les pays de l’UE.
Il sera, dès lors essentiel voire vital que le secteur industriel tunisien ait la capacité technique et humaine de faire au moins jeu égal avec les nombreux concurrents, surtout asiatiques, qui n’ont de cesse de prendre d’assaut le marché mondial.
Le PNQ et le PMI estiment être les alliés de l’entreprise tunisienne dans cette quête par le biais d’un programme conçu pour «apporter une assistance technique à 600 unités, et à mieux sensibiliser les entreprises à travers des séminaires d'information.et assurer des cessions de formation avec le souci de former de consultants nationaux pour gérer les nouveaux référentiels et éviter ainsi de faire appels à des experts étrangers ».
Des incitations ont été, du reste, mises en place, notamment l’organisation, chaque année (la dernière semaine de mars), d’une semaine de la qualité qui sera couronnée d’un Grand Prix présidentiel.
Ce prix constitue un moyen efficace pour inciter les entreprises à entreprendre des démarches qualité. Mieux encore, ce prix va au delà de la certification et s'adresse aux entreprises qui disposent de démarches quotidiennes de qualité aussi bien au niveau du management, de l'organisation que de la gestion, ce qui leur permettrait de s'auto évaluer.
La deuxième session de la semaine de la qualité se tiendra du 23 au 27 mars 2009.Un appel à candidatures à ce Grand Prix a été ouvert pour récompenser les entreprises opérant dans le secteur industriel ou des services annexes qui se seront distinguées par la mise en place d’un système exemplaire de management de la qualité.
Le choix des lauréats se fera parmi les candidats bénéficiaires d’une certification système et/ ou produit selon une norme nationale ou internationale délivrée par un organisme de la conformité accrédité.