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Mercredi 07 Janvier 2009
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| 20-11-2008 : L’Argentine, il ne s’agit pas seulement de football… ! |
| H.Tlili
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Pour sa première visite en Tunisie, la Présidente de la République d’Argentine, Cristina Fernandez De Kirchner, avait un programme qui comprenait un point d’une importance telle à savoir le passage à l’Union Tunisienne de l’Industrie du Commerce et de l’Artisanat (UTICA). Venue à la tête d’une délégation de plus de 50 hommes d’affaires de son pays, la présidente argentine a déjà visité aussi l’Algérie et ira en Libye et en Egypte. Cette visite qui intervient seulement quelques jours après sa participation au sommet des G20 aux Etats Unis, a en effet plus d’un sens. Booster les échanges entre son pays et les pays de la région nord africaine, certes, mais aussi un délivrer un message aux pays qui n'ont pas participé à ce G20, celui de la sérénité face aux effets de la crise financière internationale. La Présidente argentine voit en Tunisie et dans toute la région une plateforme importante pour les produits de son pays, qui a su se relever après une grave crise au début de ce siècle.
L’Argentine : c’est faire des affaires avec l’un des géants
Après les protocoles et les mots de bienvenue, la présidente argentine est très vite entré dans le vif du sujet. Répondant notamment à un mot de bienvenue du président de l’Utica Hédi Djilani, durant lequel il a rappelé les succès politiques, économiques et sociaux de la Tunisie, la présidente argentine n'a pas manqué d'énumérer de son côté les performances d’un pays qui a connu une crise économique des plus ravageuse,s juste quelques années auparavant. L’Argentine est aujourd’hui la 9ème économie mondiale, grâce notamment à une main d’œuvre hautement qualifiée, une économie diversifiée et bien entendu des ressources naturelles abondantes que le pays a commencé « réindustrialiser ». Des performances qui lui ont permis de garder un taux de croissance de 7%, la président argentine a même souligné que « durant les derniers mois, et malgré les turbulences sur la scène internationale, la pays a gardé son taux de croissance à 7.4% ». L'Argentine n’est pas uniquement un pays de football, ce pays de prés de 40 millions d’habitants pour une superficie de 27.780.00 km², soit le deuxième plus grand pays de l’Amérique latine (après la Brésil) et le 8ème pays du monde par sa superficie, a une économie qui repose essentiellement sur l'agriculture (céréales, coton, canne à sucre, tabac, viande) et disposes d'importantes ressources telles que le pétrole, le gaz, l'uranium, l'hydroélectricité, la sidérurgie, en plus d'une industrie automobile et électrique performante. L’industrie automobile argentine, dont plusieurs représentants étaient dans la délégation, a connu au cours des années 90 une expansion et une mise en place du nouveau « régime automobile » avec l’arrivée de nouveaux constructeurs. Le secteur a réalisé une croissance moyenne annuelle de 38,5% en 95, assurant 47.000 emplois directs. Les marges du secteur sont importantes et les investissements permettent aux équipementiers du secteur automobile de moderniser leurs installations. L’arrivée des IDE dans le secteur, a provoqué un bond technologique pour l’industrie avec la mise en place de la certification qualité sur l’ensemble de la chaîne. Par ailleurs, la productivité a doublé en moins d’une décennie.
Balance commerciale en faveur de l’Argentine, il s’agit notamment de l’agroalimentaire !
La présidente Kirchner a souligné que son pays a relevé, depuis la crise qu’il a connu aux débuts de ce siècle, le défi de la ré- industrialisation de ses matières premières. L’Argentine a depuis développé ses performances dans les secteurs de l'agriculture, de l'informatique, de la technologie et des industries pharmaceutique et biotechnologiques. Durant les dernières années le pays a enregistré un volume de record de ses exportations avec 3 Milliards de dollars, réalisant ainsi un excédent de 3.7% et baissant la dette nationale de 106% du PIB, aux jours de la crise, à entre 50 et 55% du PIB actuellement. Le taux de chômage dans ce pays a par conséquent chuté depuis, il est de moins de 8% actuellement. La présidente argentine, même si elle apporte un message pour une solution globale contre la crise actuelle, est venue pour les affaires. « Dans ce contexte de la crise, dit elle, chacun essaye de trouver de nouveaux marchés, et nous essayerons de placer nos produits sur vos marchés ». Pour elle « lorsqu’on est en crise on peut se passer de beaucoup de choses, mais pas de l’alimentation», la délégation argentine, comprend sur les 47 entreprises participantes, 15 entreprises spécialisées dans l’agroalimentaire. La balance commerciale entre l’Argentine et la Tunisie, est, quant à elle, dangereusement déficitaire. La Tunisie a importé de ce pays sud américain pour la somme de 338.6 MDT, et elle n’y a exporté que pour 17.6 MDT (sur les neuf premiers mois de l’année en cours). La structure des importations tunisiennes démontre qu’il s’agit notamment d’agroalimentaire avec les viandes, les céréales, l’huile végétale, le sucre outre que les résidus industriels. L’Argentine importe de la Tunisie des engrais, phosphate et dérivés, de l’huile d’olive et des produits chimiques. Mémorandum d’entente pour rapprocher les PME des deux pays
Cette visite sera-t-elle un nouveau démarrage pour les échanges commerciaux entre les deux pays, certes, il ne se trouve pas de liaisons aériennes avec Buenos Aires, un prétexte très usé par les hommes d’affaires tunisiens, mais il existe quand même de la volonté. Le passage de la présidente De Kirchner au nouveau siège de l’Utica a été couronné par la signature d’un mémorandum d'entente entre l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA) et l'Union Industrielle Argentine (UIA). Ce mémorandum vise à promouvoir davantage les relations entre les deux organisations et à intensifier les relations commerciales et industrielles entre les deux pays. En vertu de cet accord, les deux organisations offriront une assistance réciproque aux entreprises des deux pays, tout en facilitant l'information concernant l'accès aux marchés respectifs, ainsi que sur la recherche de partenaires potentiels. Les deux organisations patronales se sont engagées à promouvoir l'échange d'expériences professionnelles dans le domaine des services offerts à leurs adhérents, moyennant le développement des contrats et en offrant l'aide nécessaire aux PME. Le signal a donc été donné, les entreprises argentines présentes opérant notamment dans les secteurs de l'agroalimentaire, des industries mécaniques et électriques (IME), ont eu des contacts d'affaires «B to B» avec des entreprises tunisiennes.
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