A quelques jours du second round de négociations politiques entre l'Union européenne et la Mauritanie, prévues le 20 novembre et au lendemain de l'assignation du président déchu, Sidi Ould Cheikh Abdellahi, dans son village natal, les ambassadeurs européens accrédités à Nouakchott ont été reçus lundi par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, président du Haut Conseil d'Etat (HCE, au pouvoir de fait).
Selon l'Agence mauritanienne d'information (AMI, officielle) citant M. Michel Vandepoorter, l'ambassadeur de France qui conduisait la délégation, la rencontre avec le général Mohamed Ould Abdel Aziz avait pour but de "faire le point de la situation en Mauritanie dans le cadre des consultations dites de l'article 96 de l'Accord de Cotonou avec l'Union européenne".
Le diplomate français a ajouté que l'UE voulait "évaluer l'évolution de la situation de manière à voir dans quelles conditions ces consultations peuvent se poursuivre".
Au lendemain du putsch du 6 août, L'UE, tout comme l'Union africaine (UA), avait exigé la libération inconditionnelle du président déchu et le rétablissement de l'ordre constitutionnel en Mauritanie.
Ould Cheikh Abdellahi, détenu à Nouakchott depuis son éviction du pouvoir, a été transféré jeudi 13 novembre dans son village où il peut désormais rencontrer qui il veut et s'exprimer librement sur la crise politique dans son pays.
Plusieurs partis politiques se sont félicité de la mesure de levée de contraintes contre l'ancien président, y voyant même une volonté de décrispation des autorités militaires au pouvoir.
Des journées de concertation sur la démocratie sont également prévues les jours prochains pour se pencher sur les blocages à l'origine de la crise entre le président et la majorité parlementaire qui le soutenait ainsi que sur le rôle de l'armée dans un pays qui se veut démocratique.
L'UE et la Mauritanie avaient entamé le 20 octobre dernier des consultations qui avaient buté sur la situation d'empêchement contre le président renversé Sidi Ould Cheikh Abdellahi.
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