L’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA) a annoncé la vente de 1,134 million de véhicules neufs en octobre, soit un plongeon de 14,5 % comparé à octobre 2007, après des chutes de 8,2 % en septembre et 15,6 % en août. « Nous n’avons jamais connu une crise aussi grave », a lancé hier le patron du constructeur allemand Daimler, Dieter Zetsche, rapporté par le site lalsace.fr. La crise dans les ventes a obligé presque tous les constructeurs européens à faire ou à programmer des arrêts techniques de production, avec à la clef, des suppressions d’emplois et des difficultés pour les fournisseurs.
Selon le journal français La Tribune, «après un bon mois de septembre, les immatriculations de voitures particulières ont chuté de 7,3% sur le mois en rythme annuel et à jours ouvrables identiques, pour s'établir à 175.014 unités, d'après les chiffres publiés ce lundi par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). En prenant en compte les ventes de véhicules utilitaires légers, les immatriculations marquent une baisse de 6,2% à 216.139 sur le seul mois d'octobre ». C’est l’octobre noir des constructeurs automobile.
Toujours selon la même source, «les chiffres ne sont pas bons pour les deux groupes français PSA Peugeot Citroën et Renault. Le premier voit ses ventes baisser de 4,7% à 54.967 unités (+3% sur dix mois à 542.522), celles de Citroën restent stables tandis que celles de Peugeot reculent de 8,6%. La part de marché du constructeur atteint 30,5% » et même les usines roumaines de la Dacia, évoquent un arrêt de la production.
Une question se pose donc. Cette baisse aura-t-elle un impact sur la Tunisie et ses exportations où les industries électriques et mécaniques constituent le second poste.
Noir en Europe, grisonnant en Tunisie.
Au cours de la dernière réunion du Conseil national de l’Utica (patronat tunisien) le représentant patronal de la région de Zaghouan a indiqué que certaines entreprises de la région lui ont à ce propos fait part de certaines difficultés. Il cite le cas du groupe « Outiliv » spécialisé dans la fabrication de ceintures de sécurité pour les voitures et les couvertures de volants, qui a licencié 19 de ses employés. Il parle aussi des entreprises totalement exportatrices installées dans la région qui ont commencé depuis le mois d’octobre dernier à diminuer les heures de travail.
Représentant le secteur des industries Electronique et Electriques, Hichem Elloumi a de son côté précisé que «le secteur qu’il représente sera touché par la baisse de consommation en Europe, y compris les biens de consommation » et que «certains groupes [installés en Tunisie] sont en train de redimensionner leurs projets.
Selon les chiffres de l’Institut tunisien des statistiques, relatives aux exportations des 10 premiers mois de l’année 2008, les exportations du secteur des industries mécaniques et électriques, marquaient une bonne décélération de leur évolution. Après la hausse de 34,1 % des 10 mois 2007 par rapport à 2006, la valeur des exportations n’a plus progressé que de 22,9 %, une chute de plus de 10 points. La baisse, même si on n’a aucune visibilité sur le volume de ces exportations et même si les chiffres en valeur peuvent être faussés par l’effet change, a été moins importante chez les entreprises du régime offshore (9,9 points) que chez les entreprises du régime général (Plus de 19 points).
De son côté, l’indice de la production industrielle (IPI), pour le mois de septembre 2008 et pour le secteur des industries mécaniques et électriques, a nettement décéléré. Après l’augmentation de 29,7 % des neuf mois 2007 par rapport à la même période de l’année précédente, l’IPI des neuf mois 2009 n’a évolué que de 12,7 % par rapport à 2007. Cette décélération pourrait être plus importante pour les 10 mois 2008. L’impact y est donc, même s’il est médiatiquement moins visible qu’en Europe.
Les ventes sont encore stationnaires en Tunisie.
Sur le plan des ventes de voitures par les concessionnaires tunisiens [action par ailleurs liée, par le système de compensation, à l’achat des constructeurs européens en composants tunisiens], les ventes (ou nouvelles immatriculations) qui étaient en petite progression entre septembre 2007 (3513 voitures) et septembre 2008 (3826 immatriculations), s’orientaient depuis le mois d’octobre dernier, vers la baisse.
Le mois d’octobre 2007 avait en effet enregistré 3885 nouvelles immatriculations, toutes marques confondues. Le mois d’octobre 2008, n’a par contre enregistré que 3591 nouvelles ventes de voitures chez les concessionnaires tunisiens de voitures. La baisse est certes, à peine perceptible (294 voitures nouvellement immatriculées), mais elle pourrait signifier le début de la glissade. Cela pourrait aussi ne pas être le cas, si les concessionnaires, comme le font déjà certains, dopaient les ventes par les promotions ou par de légères baisses de prix.