La Banque Africaine de Développement (BAD) a pris l’initiative de rassembler ministres et gouverneurs de banques africains pour discuter de la crise financière mondiale qui sévit depuis quelques peu, et dont les experts mondiaux disent que les pays africains, les plus démunis, en seraient les plus touchés. A une date qui se situe entre le tremblement et ses secousses et un sommet du G20, ou seule la République de Sud Afrique représente l’Afrique, invitée en tant que pays émergent tout comme la Chine ou le Brésil, les dirigeants émanant des autres pays africains, ont décidé de prendre les choses en main, et de discuter de leur propre sort. Ayant le premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi en tant que principal hôte de l’événement, les hauts responsables africains qui ont défilé sur la haute marche ont exprimé un sentiment d’une démarche évolutive que le continent devra opter pour, il y’en a même qui a qualifié ce sommet d’un conseil de guerre, ou les meilleures décisions doivent être prises afin de garantir un minimum d’effets que subira l’Afrique.
L’Afrique a vu passer l’ouragan de loin !
Les décideurs africains ont presque été unanimes sur le fait que cette crise passera certainement de Wall Street au Main Street, c'est-à-dire du virtuel de la finance à la palpable économie réelle. Les banques internationales présentes en Afrique se retirent partiellement ou totalement, dans le souci de l’effondrement de leurs marchés d’origine. Mais et en contre partie, même si la crise va, sans doute aucun, pousser à adopter une attitude plus prudente, un nombre d’investisseurs privés internationaux et nationaux apportent actuellement sur le marché un volume record de nouveaux fonds destinés à l’Afrique. Le fait que l’Afrique et l’écrasante majorité de ses pays ont toujours été considérés des pays reculés et Tiers monde, les institutions financières du continent doivent en rire plein les dents. L’évaluation initiale des banques africaines démontre que la majorité des ces banques ainsi que les institutions financières africaines ont vu passer la tempête au dessous de leurs têtes. Ces banques, ces institutions financières, y compris les compagnies d’assurances, se portent raisonnablement bien par rapport aux institutions internationales similaires. Mais si ces dernières ont profité de leur manque d’intégration à l’économie mondiale, on continue de se préoccuper des pertes imprévues éventuelles sur les marchés locaux des actions ou en raison du risque de change dû à la forte dévaluation des monnaies des marchés émergents.
Si les autres n’y ont pas échappé, l’Afrique n’y parviendra pas non plus !
Mais si on est sain et sauf sur le plan financier, d’autres secteurs vont certainement être touchés. L’aspect global de la crise ainsi que la vulnérabilité de la majorité des économies africaines, ne laissent pas une grande marge d’imaginer d’autres scénarios, autres que le continent noir va à son tour aussi être touché par ce tsunami financier. Tout d’abord les donations promises par les pays riches à l’Afrique, pour Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine « la crise financière pourrait réduire une nouvelle fois l’ADP (qui représente 70% du budget 2007 du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance) avec les conséquences que cela entrainerait pour tous les engagements souscrits pour l’Afrique». Ayant appelé le sommet des ministres africains « un conseil de guerre», J. Ping a alerté contre une deuxième vague de répercussions de la crise ainsi qu’à leurs effets sur le continent, qui se traduit «par une baisse des recettes d’exportation en raison de la diminution de la demande mondiale sur les matières premières, ainsi qu’une récession sur les marchés des partenaires traditionnels de l’Afrique qui affectera notamment le tourisme». Plus loin, le continent devra aussi s’attendre à une autre vague de méfaits de la crise. Notamment avec un effet d’avalanche puisque la baisse des recettes d’exportation seront suivies d’une chute des revenus nationaux, de la diminution de capacité d’investissement, du fléchissement de la demande nationale aussi bien de la consommation publique que privée, une résurgence du chômage, une incapacité à faire face au service de la dette extérieure, tant d’autres maux qui viennent s’ajouter à une Afrique délaissée et seulement considérée en tant que réserve de matières premières par les pays industrialisés.
Un travail pas du tout facile qui attend tout le monde !
En attente d’une déclaration finale qui couronnerait les travaux de ce sommet, tant d’issus, de solutions et de propositions peuvent se dégager pour le continent africain afin de faire face à ces multiples répercussions de la crise. Tout d’abord un climat de confiance doit il régner, non seulement dans les choix et les décisions des décideurs politiques et économiques du continent, mais principalement dans les ressources de ce continent lui-même. Avant cette crise le total des pays africains a réussi à préserver un taux de croissance de 6.5%, certes « les perspectives économiques sont désormais sombre, précise Donald Kaberuka, Président du Groupe de la BAD, et que le taux de croissance serait ramené actuellement à 5% », mais l’Afrique sort actuellement d’un période de dix ans de croissance continue, notamment grâce à la demande mondiale de produits d’exportation africains, à savoir les matières premières. L’Afrique regorge encore de matières premières mais aussi, et comme l’a souligné le premier ministre tunisien, d’une importante manne humaine. L’année 2008 n’a pas seulement apporté une crise financière qui met tout le monde devant des choix du moins pénibles, mais elle a aussi été marquée par une crise alimentaire et énergétique, l’Afrique devrait apprendre de ces crises et ne plus se laisser trainer par les forces d’outre mer et s’attendre au pire. Un travail grandiose attend les dirigeants des différents pays africains en vue d’approfondir les réformes, un travail qui comprend entre autre d’adopter une stratégie qui tient compte de l’homme. Une action coordonnée doit être mise en route pour garantir à l’Afrique un meilleur sort, une action qui devra mettre en considération l’amélioration de l’infrastructure des différents pays africains comme premier pas d’une assez longue et laborieuse journée. Une journée ou à son bout une parcelle lumineuse pourrait apparaitre à une Afrique qui est en guerre avec elle-même et une victoire est plus que demandée !