La tenue de la première session ordinaire du Parlement mauritanien prévue pour ce lundi est au centre d’une vive polémique entre le camp favorable au nouveau pouvoir militaire et le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), une alliance de 12 partis politiques opposée au coup d’Etat militaire du 6 août dernier, notent les observateurs à Nouakchott.
Les médias officiels, télévision, radio et agence de presse ont diffusé dimanche soir un communiqué des présidents du Sénat (Ba Mamadou dit M’baré) et de l’Assemblée nationale (Messaoud Ould Belkheir), convoquant les sénateurs et les députés, conformément aux dispositions de l’article 52 de la Constitution et des articles 76 et 1er des règlements intérieurs des deux chambres.
Par un autre communiqué diffusé dans la même nuit du dimanche, le président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Belkheir, dément catégoriquement l’information donnée par les médias gouvernementaux et affirme que "des consultations sont en cours pour décider de la tenue ou non de la session ordinaire".
Le président de la Chambre basse soutient notamment que le communiqué diffusé par les médias officiels n’a pas l’accord des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Il dénonce "une précipitation qui passe outre les procédures constitutionnelles et réglementaires".
La toile de fond de cette polémique, rappelle-t-on, est le coup d’Etat militaire par lequel le Haut Conseil d’Etat (HCE), junte dirigée par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, a renversé le pouvoir de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le 6 août dernier.
Une majorité de parlementaires a apporté son soutien au nouveau pouvoir, alors qu’une minorité très active, au sein de laquelle on retrouve notamment le président de l’Assemblée nationale, exige le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Quant au président du Sénat, il n’a fait aucune déclaration publique depuis le putsch militaire.
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