Les dirigeants africains considèrent le dialogue entre le président de la République Démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila et son homologue rwandais Paul Kagame comme un élément essential pour mettre fin au conflit dans le Nord Kivu.
On pense que ces deux dirigeants privilégient les intérêts en matière de sécurité de leurs états respectifs, ce qui entretient en partie les combats dans le Nord Kivu, où la milice Mai Mai, fidèle au général rebelle Laurent Nkunda, se bat contre les troupes gouvernementales.
Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a ordonné aux forces rebelles dans le Nord Kivu d'arrêter immédiatement d'avancer à l'intérieur du pays et de donner au dialogue une chance comme solution à la crise dans cette région, où environ 700.000 personnes ont été déplacées.
Le président kényan Mwai Kibaki, qui préside les négociations régionales destinées à mettre fin à ce conflit, a déclaré que les protocoles existants dans la région n'ont pas été totalement appliqués, ce qui rend d'autant plus difficile l'intervention des Etats voisins.
Un sommet d'urgence a été organisé à Nairobi le 07 novembre à la demande du Secrétaire général de l'ONU, dans le cadre de la Conférence internationale de la Région des Grands Lacs qui a appelé à un cessez-le-feu immédiat.
Les dirigeants africains présents ont également demandé à un émissaire de haut niveau, l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, de prendre le relais en tant qu'émissaire spécial du Secrétaire général de l'ONU sur la crise au Congo et d'initier immédiatement des pourparlers avec le chef rebelle Nkunda.
Les médiations de l'ONU seront soutenues par les efforts de l'Union africaine (UA), sous la direction de l'ex-président tanzanien, Benjamin Mkapa.
Les deux officiels vont bientôt se rendre sur le terrain pour des contacts diplomatiques au plus haut niveau.
Le président Kibaki a rappelé que grâce aux efforts de l'ONU et de l'UA, les dirigeants de la région ont signé le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement de la Région des Grands Lacs à Nairobi, le 15 décembre 2006.
L'objectif de ce pacte était de fournir un cadre pour mettre fin aux conflits et promouvoir le développement économique de la région.
Malheureusement, les divers protocoles de ce pacte n'ont pas encore été totalement appliqués, a indiqué le dirigeant kényan.
En octobre, le président Kibaki a dépêché son ministre des Affaires étrangères, Moses Wetangula, comme un émissaire spécial chez les deux présidents, avec un message de paix et de réconciliation.
"J'ai également invité mes deux frères à privilégier le dialogue pour résoudre le conflit qui couve. Je suis heureux que ces deux dirigeants se soient joints à nous pour ces consultations importantes", a déclaré M. Kibaki à ses homologues aux négociations de Nairobi.
"Je suis convaincu que nous allons les engager dans des négociations constructives afin d'aider les deux pays à trouver une solution amiable qui sera dans l'intérêt des peuples qui aspirent tant à vivre en paix", a-t-il souligné.
|