Khalil Laajimi, ministre du tourisme tunisien, a donné, jeudi 6 novembre 2008 un point de presse au siège de l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure. Ce point de presse auquel ont été invités les représentants de médias internationaux et des journalistes étrangers, s’est présenté pour K. Laajimi, en tant qu’une belle opportunité pour informer sur la santé du secteur du tourisme. Commençant par montrer une évolution de 9.1% des revenus annuels du secteur sur les premiers neuf mois de l’année 2008, Khlil Laajimi s’est dit « optimiste que nous pourrions atteindre la barre psychologique de 7 Millions de touristes sur l’ensemble de l’année 2008, et d’égaler les revenus que nous avons atteint en 2001 (l’année ou les revenus restent record) ». Les revenus touristiques des neufs premiers mois de 2008 ont atteint 2,53 MDT, après que n’être de 2,31 MDT sur la même période de 2007, et le nombre de touristes a enregistré une hausse de 3%, en passant de 5,473 Millions de touristes durant les neufs premiers mois de 2007, à 5.638 Millions de touristes sur la même période de 2008. Une importante partie de l’interlocution du ministre a été consacrée à la crise financière internationale et ses répercussions sur le secteur du tourisme. Khlili Laajimi n’a pas caché ses craintes à l’égard d’une récession de l’économie mondiale, qui se répercutera non seulement sur le tourisme tunisien, mais aussi tout le tourisme mondial.
Le tourisme tant bien que d’autres sera affecté par le tsunami financier !
Le secteur du tourisme sera, selon les experts du métier, parmi les secteurs qui seront affectés par la crise financière internationale. Jusqu’à l’an 2007, le nombre de touristes de part le monde a atteint 900 Millions, ce qui a permis au secteur de garder son taux de croissance stable à 5%. Selon les prévisions de l’Organisation Mondiale du Tourisme, le nombre de touristes dans le monde atteindrait 1 Milliard et 50 Millions à l’horizon 2010, ce qui portera le nombre d’emplois dans le secteur à 220 Millions. La crise financière oblige jusqu’à présent de revoir ces chiffres à la baisse, moins de 950 Millions de personnes à travers le monde s’offriront le luxe de passer des vacances en 2010. Pour le ministre du tourisme, l’année 2008 a été l’année de la réconciliation avec des marchés traditionnels de la Tunisie. Le marché allemand a titre d’exemple, qui a été depuis 2002 un maillon faible, a enregistré une petite croissance de 1%, en 2008, ce marché a régressé de même -4% en 2007. Les touristes maghrébins (libyen et algérien) restent toujours en tête avec 2 Millions de touristes, « leur présence nous est très agréable, souligne le ministre, ça nous fait plaisir qu’ils sont entre nous et nous comptons mieux nous positionner sur ces deux marchés en facilitant encore plus les procédures d’entrées et les services ». Deux nouveaux centres d’accueil ont été construits sur les frontières avec l’Algérie et un autre avec la Libye en 2008. Un nouveau centre, celui de « Hezoua » au sud ouest tunisien, sera aussi construit pour améliorer les conditions des entrées des visiteurs du côté du sud algérien en Tunisie. Les prévisions pour les trois derniers mois de 2008 montrent qu’une progression de 4% sur le nombre des entrées pourrait signifier que le nombre des touristes atteindra les 7 Millions, ce qui permettra de lever les revenus du secteur à 3.36 MDT, soit une croissance de 9.5% par rapport à 2007, et de 43.6% par rapport à 2001. Le ministre a précisé que prendre l’année 2001 en tant que record, ressort de la valeur du dinar durant cette période, la valeur n’est plus la même actuellement, nuls sont les circonstances.
Amélioration du tourisme intérieur, et une étude stratégique à l’horizon 2016 !
Pour le ministre du tourisme, la Tunisie a pu attirer de nouvelles clientèles et de nouveaux marchés. Il cite à ce propos que « le marché des pays de l’est de l’Europe, et contrairement à ce que certains pensent, dispose d’une bonne capacité d’achat ». Interrogé sur la question du tourisme intérieur, le ministre a exprimé avec un petit mal aise que le tourisme intérieur en Tunisie ne dépasse pas les 15% voire 10% de la capacité d’occupation. « La norme dans les pays touristiques, dit que ce taux devrait se situer entre les 35 et 40%, ce qui n’est pas le cas en Tunisie ». Selon le ministre la cause principale de ce faible taux demeure « l’habitude des tunisiens qui ne réservent pas 6 ou 7 mois à l’avance, contrairement aux européens», les maghrébins ne le font pas non plus ! Outre la conclusion de la réservation, le ministère du tourisme semble être préparé pour tirer de la saison 2008 d’autres renseignements. Un sondage a été réalisé auprès d’un échantillon de 9.500 touristes (toutes nationalités confondues dans tous les points de sorties) afin d’améliorer les services présentés et faire face aux lacunes qui entachent le tourisme tunisien. Ce sondage sera ratifié par les experts de l’organisation méditerranéenne des statistiques « Medsat » et l’Organisation Mondiale du Tourisme. Il pourra en déboucher de sérieuses décisions comme ce fut le cas en 2008, où 19 hôtels et deux restaurants touristiques ont été fermés, ainsi que l’abolition du classement de 15 restaurants touristiques et la baisse du classement de 30 autres. Les résultats de ce sondage peuvent servir en tant que feuille de route pour l’étude stratégique du secteur à l’horizon de 2016, « une étude qui sera réalisée par un bureau d’étude de renommée internationale, et dont les résultats apparaitront à la fin de 2009 » souligne encore le ministre. Si on dépasse la question de pourquoi ne pas confier l’élaboration de cette étude à un bureau tunisien, ou du moins en partenariat avec un étranger, on ne pourra certainement pas dépasser la question du sort du secteur à l’horizon d’une saison où les touristes et leurs devises sembleraient un peu plus délicats à attirer.
L’Asie devrait être la solution, mais… !
La saison de 2009 ne devra en aucun cas se limiter aux marchés traditionnels, ni encore à la plage des mois de l’été. C’est une période ou l’on récence le plus grands nombre d’entrées, alors qu’elle ne dure que trois à quatre mois de l’année. « La marge de progrès nous reste intéressante, dit le ministre, il nous faut donc nous concentrer sur la diversification des produits et des marchés». Pour le ministre l’obligation de l’étalement de la saison semble évidente, ce qui permettra certainement de promouvoir d’autres produits, tels que la thalassothérapie, le tourisme culturel, celui des congrès ainsi que le tourisme de santé « nous avons aussi présenté un projet de lois pour la création d’une nouvelle marina à Bizerte, avec 1.000 cercles pour l’emplacement des yachts provenant des pays du nord de la rive de la méditerranée, qui enregistrent un manque de 50.000 places». Le ministre a aussi exprimé le besoin d’attirer des touristes de pays lointains, tels que la Chine et l’Amérique du Nord « ces marchés ont un fort potentiel, c’est un marché de presque 2 Milliards de clients, la seule lacune que nous enregistrons est le manque d’une liaison aérienne directe avec ces destinations». Ces liaisons aériennes existent par contre avec les pays arabes du golfe, un marché à trés haute valeur ajoutée, un volet sur lequel le ministre s’est exclamé « nous étions très optimistes quant à la création de ces lignes aériennes avec les pays du golfe, mais il est apparu que ce sont les tunisiens qui prennent ces vols en tant qu’escales pour faire du « business » au sud est asiatique» !!