Tunisie : Diminution, d'heures de travail et de commandes, dans le textile et la mécanique.
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Jeudi 08 Janvier 2009

3-11-2008 : Tunisie : Diminution, d'heures de travail et de commandes, dans le textile et la mécanique.
AM

« Je veux des réalités et non pas des prévisions » a dit Hédi Djilani en s’adressant aux membres de l’Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (Utica), lors de l’inauguration de la réunion du conseil national de la centrale patronale qui a traité de  «l'impact de la crise financière internationale sur l'économie tunisienne » samedi, à Tunis. L’objectif pour le président de l'Utica était de détecter toutes les entreprises, les secteurs et les régions qui ont été affectés par cette crise mondiale. Cette réunion a été une occasion pour les industriels de s’exprimer sur les effets déjà ressentis de la crise internationale dans un nombre de secteurs en Tunisie, ainsi que de présenter leurs perceptions des solutions qu’ils estiment envisageables pour le contexte.

Le textile et les industries mécaniques semblent être les plus touchés

Pour le représentant de la région de Zaghouan, l’impact de cette crise a été, jusqu’à ce moment, « relatif». L’homme d’affaire a indiqué que certaines entreprises de la région lui ont à ce propos fait part de certaines difficultés. Il évoque ainsi le groupe « Outiliv » (Groupe spécialisé dans la fabrication de ceintures de sécurité pour les voitures, et les couvertures de volants), qui a licencié 19 de ses employés. Selon lui les entreprises totalement exportatrices installées dans la région ont commencé depuis le mois d’octobre dernier à diminuer les heures de travail. Le représentant patronal de la région de Zaghouan, a précisé en contre partie, que  se ne sont pas toutes les entreprises qui ont été affectées. Il parlera ainsi du groupe «Talmitex », qui n’a pas senti de baisse de son chiffre d’affaire durant les derniers mois, comparés à la même période de 2007.

Représentant le secteur des industries Electronique et Electriques, Hichem Elloumi a précisé que ce secteur est lié à l’industrie automobile.  Pour lui le taux de croissance des exportations tunisiennes a diminué de 4% par rapport à l’année dernière, passant de 30 % sur les neuf premiers mois de l’année 2007, à 26 % durant les neuf premiers mois de l’année en cours. Cette baisse a été pressentie, précise H. Elloumi, avant le déclenchement de la crise, et les chiffres des mois d’aout et de septembre démontrent une baisse sur les ventes de voitures de respectivement 15% et 9% en Europe. Cette baisse s’expliquerait ainsi par le fait que 50% des exportations du secteur des industries électroniques et électriques, proviennent des composantes automobiles. H. Elloumi a aussi précisé que le secteur qu’il représente sera touché par la baisse de consommation en Europe, y compris les biens de consommation, mais que, par contre, cela a permis à nombre d’investissements  étrangers opérant dans ce secteur, de s’installer dans différentes région de la Tunisie, comme c’est le cas du numéro 1 mondial « Yazaki » qui a annoncé la création d’une unité de production de composantes électroniques pour automobiles dans la région de Gafsa. H. Elloumi a aussi indiqué que les investissements annoncés en Tunisie ne sont pas remis en cause, mais certains groupes sont en train de redimensionner leurs projets. Recommandant de soutenir les  investissements extérieurs et les aider à bien s’installer. La crise reste quand même une opportunité pour mieux améliorer l'attractivité du «site Tunisie» auprès des investisseurs étrangers, souligne encore H. Elloumi.

La Crise est là, et il faut la gérer et non pas la subir !

Le représentant de l’Utica de Nabeul a indiqué que certaines entreprises touchées par la crise, ont connu une baisse de leurs carnets de commandes, comme dans le secteur des industries automobiles et des industries des chaussures et que nombre de licenciements de travailleurs a été annoncé dans certains autres secteurs. Pour Monia Jguirim, Présidente du Centre de Jeunes Dirigeants, la crise a eu un impact direct sur les Jeunes Dirigeants. Elle a souligné que la Tunisie dispose d’un système financier bien dirigé et d’une économie ouverte, et «c’est pour cela que l’impact de la crise, même s’il est indirect, existe bel est bien ». Monia Jguirim a souhaité à ce propos, que l’impact soit bien étudié et analysé, pour que la Tunisie arrive à «gérer la crise et non pas la subir, en regroupant experts financiers et économiques tunisiens  avec les patrons, le secteur bancaire et les représentants de l’Etat, pour trouver les meilleures façons pour se préparer et à faire de cette crise une opportunité. Malgré les effets de la baisse de l’Euro face au dollar et leurs répercussions sur la compétitivité des produits tunisiens, comme elle les a évoquées, Monia Jguirim reste optimiste et appelle à mettre au point un plan d’action, commun entre tous les acteurs économiques, notamment les patrons et les banquiers, pour dépasser la crise.
Dans le Sahel tunisien, où le tourisme est un pilier de l’économie de la région, les répercussions de la crise n’ont pas encore eu un impact direct, selon les représentants des deux unions régionales de Monastir et de Sousse. Ce sont plutôt d’autres secteurs qui ont été touchés notamment le textile. Ainsi, dans la région de Monastir, 963 entreprises sont actives dans ce secteur, dont  672 sont totalement exportatrices (390 étrangères), qui créent prés de 58.000 postes d’emploi. Selon le représentant de cette région, 50% de ces entreprises n’ont pas encore commencé à travailler dans leur rythme naturel,  et que deux importants groupes allemands ont fermé à cause de la crise à cause de baisses des commandes.

Un pacte social et une solidarité nationale sont les solutions disponibles

Entre optimistes et pessimistes, les industriels et les représentants de l’Utica demeurent cependant positifs. Pour eux le secteur du textile a, comme d’autres, vécu certaines crises durant les années dernières, mais a toujours fini par trouver les solutions. Une unanimité s’est même dégagées auprès de ces industriels sur les possibilités réelles de faire de cette crise une réelle opportunité pour l’économie tunisienne, mais au prix de certains réglages, notamment au niveau des ressources humaines.

Entre les deux choix qui se sont dégagés de ces quatre heures de discussions entre patrons, «résister en silence» ou « le dialogue et la résistance», Hédi Djilani a dit préférer «le dialogue en famille ». « Jeter le ballon dans le camp de ceux qui ont provoqué cette crise n’est bénéfique à personne » a-t-il ajouté, un constat fait par le patron des patrons pour indiquer que la Tunisie fait partie d’un monde ou tout un chacun essaye de s’en sortir comme il le peut. La position géographique de la Tunisie, les relations assez étroite avec les partenaires étrangers, notamment européens, un choix qu’on ne regrette pas et la petite taille de l’économie tunisienne, font que nous ressentons les effets de cette crise », souligne H. Djilani pour qui l’objectif de la réunion reste de dégager une analyse purement tunisienne pour le contexte actuel, afin de déceler les problèmes existants et leur trouver les solutions nécessaires. Pour chaque situation négative, il existe un aspect positif, précise H. Djilani qui essai ainsi de transmettre son positivisme à ses compères du patronat tunisien et «les possibilités de succès existent bien». Et Hédi Djilani de rassurer que « la Tunisie est préparée psychologiquement à cette crise, malgré la récession qui sera vécue en Europe ». «Même si la Tunisie n’enregistrera pas de hausse des ses exportations, l’objectif sera de préserver les entreprises tunisiennes et étrangères en Tunisie et garantir leurs avenir » a –t-il encore dit. Et c’est en évoquant « les circonstances très spéciales » qui touchent tout le monde, que Hédi Djilani a appelé à «un pacte de paix sociale en 2009 avec l’UGTT (Centrale syndicale ouvrière tunisienne), sans grèves, et sans occupation d’usines » afin de préserver un climat de paix auprès des industriels tunisiens et d’envoyer un message fort aux promoteurs étrangers. L’Etat est aussi appelé, affirme Hédi Djilani, à contribuer à cet effort par «l’accélération de certains grands projets qui ont été annoncés pour les années à venir et qui se doivent de commencer dés maintenant à recruter et faire travailler les usines». Le Président de la centrale patronale tunisienne a affirmé que les entreprises seront touchées des degrés différents et que les six premiers mois de l’année 2009 seront difficiles, et c’est « pour cela qu’il faut garder le moral assez élevé  pour contrecarrer les effets de cette crise dans tous les secteurs».    



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