Plusieurs dirigeants africains réunis à Nairobi, au Kenya, sous les auspices de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), ont demandé au gouvernement somalien de mettre en place une nouvelle équipe dans un délai de deux semaines et de finaliser un train de nouvelles mesures entrant dans le cadre de la nouvelle feuille de route censée amener le pays à la paix.
Le sommet de l'IGAD, qui s'est tenu mardi et mercredi a fustigé l'incapacité des dirigeants politiques somaliens à réformer le pays, et ce malgré la mise en place de plusieurs réformes en quatre ans, notamment l'élaboration d'une nouvelle constitution et d'un texte de loi régissant tout particulièrement l'organisation des élections législatives.
Par le biais du communiqué rendu public à Nairobi, à l'issue de la rencontre de deux jours, qui s'est tenue en présence des dirigeants politiques de la région, en particulier du Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, du président kenyan, Mwai Kibaki, du Premier vice-président du Soudan, Salva Kiir, des présidents djiboutien et ougandais, Ismael Omar Guelleh et Yoweri Museveni, les participants ont donné lecture d'une loi sur les émeutes destinée aux leaders politiques de la Somalie, les jugeant responsables du chaos dans le pays.
Le sommet de l'IGAD a décidé de nommer un facilitateur de paix en Somalie chargé de superviser la mise en oeuvre d'une nouvelle feuille de route pour l'instauration de la paix dans ce pays déchiré de la Corne de l'Afrique, une mesure qui pourrait être suivie par une reconduction du président Abdullahi Yusuf à son poste afin de lui permettre d'appliquer les réformes politiques envisagées.
Le Gouvernement fédéral de transition (TFG) a été créé en octobre 2004 dans le but de promouvoir un retour à la normale en Somalie.
Il faut cependant noter que les combats se sont intensifiés en Somalie depuis l'installation de ce gouvernement.
Une alliance des chefs de guerre et de divers clans opposée au président Yusuf a organisé plusieurs tentatives pour assassiner le chef de l'Etat et réussi à éliminer certains des hauts responsables du gouvernement.
S'exprimant à Nairobi, les dirigeants se sont plaints de la poursuite des violences en Somalie et ont ouvertement critiqué le président Yusuf pour le bras de fer interminable qui l'oppose au président du Parlement, deux poids lourds engagés dans un combat pour la suprématie, une situation qui a entraîné l'échec des efforts de réconciliation.
Le sommet d'urgence, convoqué à la demande de la Commission européenne (CE) et des puissants alliés du processus de paix en Somalie, le Forum des Partenaires de l'IGAD (IPF), a également accusé le Conseil de Sécurité des Nations Unies d'avoir refusé d'accorder son appui audit processus.
“La situation en Somalie n'a pas reçu l'attention requise de la part du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la manière dont le Conseil de Sécurité de l'ONU a jugé inutile de faire quelque chose pour un pays africain dont le sort méritait de retenir son attention est aussi révélatrice de l'incapacité de l'Union africaine à agir”, a déclaré Meles Zenawi.
Le vice-président de la Commission de l'Union africaine, Erastus Mwencha, a affirmé que l'UA est sur le point d'organiser une collecte de fonds pour financer la force de paix et de stabilisation en Somalie.
Il a également expliqué que malgré les efforts consentis pour sécuriser le pays, le déficit de personnel militaire et du fait des extraordinaires exigences des Etats fournisseurs de contingents militaires, il n'a pas été possible d'assurer la sécurité des diverses installations du gouvernement somalien.
“Cette réunion est extrêmement importante pour le rétablissement de la paix en Somalie. La communauté internationale doit jouer un rôle en oeuvrant à la promotion de la paix en Somalie. Les efforts déployés pour restaurer la paix en Somalie n'ont jusqu'ici pas été couronnés de succès car les effectifs militaires nécessaires n'ont jamais été mis à disposition, ce qui a contribué au règne de l'insécurité dans le pays”, a mentionné le responsable de l'UA.
Il a indiqué que l'UA est en voie de mobiliser des forces supplémentaires pour la Somalie.
Le Kenya a récemment promis d'apporter sa contribution à la formation de 10.000 personnels de la police et de l'armée pour aider la Somalie à se remettre sur ses pieds.
Cependant, des responsables soulignent que l'échec du précédent dialogue inter-somalien est seul responsable des obstacles rencontrés par les efforts de paix.
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