le président béninois, Boni Yayi, a dénoncé mardi à Cotonou le fonctionnement du Fonds monétaire international (FMI) au détriment des pays les plus pauvres.
«Garant de la surveillance de la stabilité des changes, le Fonds monétaire international est caractérisé par un fonctionnement dissymétrique et même asymétrique au détriment des économies les plus pauvres de la planète», a-t-il écrit dans lettre ouverte envoyée au président en exercice de l'Union européenne (UE), le président français Nicolas Sarkozy.
«L'aptitude du FMI à soumettre les pays pauvres aux politiques conditionnelles, à l'utilisation de ses ressources tranche largement avec son incapacité à faire adopter la vertu à certaines économies développées en déséquilibre qui ne recourent pas à ses ressources», a ajouté le président béninois.
Selon lui, les conditionnalités du FMI ont souvent été sanctionnées par le quasi-abandon de l'Etat, dans son rôle stratégique, même en période de crise, pour redonner confiance et relancer la croissance économique.
«Toujours soumis à des rappels à l'ordre du FMI, les pays africains ont beaucoup souffert de ce dysfonctionnement asymétrique du FMI», a poursuivi le président Yayi.
Il a estimé que le moment semble propice pour mûrir la réflexion sur la réforme de du FMI et de la Banque mondiale pour rétablir leur crédibilité aux yeux de l'opinion.
«L'humanité a besoin d'apporter une réponse efficace et durable à la vulnérabilité des marchés financiers internationaux et, par ailleurs, de soutenir les activités économiques dans le monde», a soutenu le président béninois.
Il a salué l'initiative prise par l'Europe, soutenue par l'Amérique du Nord et l'Asie, de réunir dans les prochains jours un sommet mondial pour refonder le système monétaire et financier international afin d'aboutir à une architecture qui garantisse le développement à moyen et long terme de toute l'humanité.
«Si les économies développées se sont ressenties des effets pervers de l'instabilité permanente des monnaies et des marchés financiers, les économies en développement notamment les plus pauvres n'en n'ont pas moins souffert, non seulement des fluctuations des monnaies mais du dysfonctionnement du système financier actuel», a affirmé le président Yayi. |