Jean Azéma était dernièrement en Tunisie, pour finaliser l’entrée de Groupama dont il est Pdg du groupe, dans le capital de la «Star des assurances », comme aime à le dire son Pdg Abdelkrim Merdassi. Avec lui, nous avons évoqué dans cette interview, ses impressions de la Star et sa vision sur ses perspectives et les nouveaux services que l’entrée de l’assureur français pourrait à faire entrer dans la gamme des services Star. Du nouveau, il y en aura. Interview.
Comment avez-vous trouvé la STAR de l’intérieur, est ce que vous êtes allés dans la Data Room ?
D’abord je pense que si nous avons une question aujourd’hui, c’est que nous avons dans la Star à la fois de vrais atouts et des vraies capacités que constituent sa part de marché, son expérience et son potentiel humain et les personnes qui y travaillent. Nous avons besoin d’approfondir, le management de la Star avec dans les semaines qui viennent, notre connaissance de la société et du secteur.
Et les points négatifs, vous en avez trouvés ?
On a certainement un nombre de points que nous devrions discuter au sein du conseil de l’administration.
Quel est le point le plus important à rectifier ?
Nous pensons que nous avons des capacités à apporter à la Star, en termes de qualité des services client, en termes de distribution ainsi qu’un certain nombre de moyens nouveaux et de capacités, pour faire en sorte qu’elle soit un pôle de référence dans le secteur des assurances et devienne une entreprise de meilleure qualité, c’est-à-dire encore plus qu’elle l’est aujourd’hui.
Votre position dans le Conseil d’Administration, vous le permettra-t-elle, puisque vous n’aurez pas des postes de direction dans ce Conseil ?
Nous avons plusieurs administrateurs qui présenteront le groupe. Nous entendons également apporter des moyens humains et des moyens techniques dans le cadre du fonctionnement de la Star de façon à permettre cet échange de compétences et de savoir faire.
Quel est le plus important à faire dans votre stratégie de développement de la Star à travers votre présence. Qu’est ce que vous estimez le plus urgent à faire dans la Star ?
Ce qu’il faut chercher à améliorer en permanence, en matière d’assurance en général et cela vaut aussi pour la Star, c’est la qualité de la relation clients et le service au client. C’est là-dessus que nous comptons travailler.
Vous n’estimez devoir rien faire sur le plan financier et sur le plan de l’assise financière de la Star ?
Sur le plan financier de la Star, vous savez que notre entrée dans son capital s’est faite par une augmentation de capital.
Est-ce que ça suffira pour en faire la Star des assurances que vous voulez par votre présence dans son capital ?
Ça suffira certainement pour aujourd’hui, mais demain nous accompagnerons aussi le développement de la Star, ce qui demandera sans doute des capitaux supplémentaires.
Vous avez aussi évoqué l’assurance agricole. Vous comptez aussi amener la Star vers l’assurance agricole ?
L’assurance agricole est l’une des spécialités du Groupama, et nous ferons profiter la Star de notre savoir faire dans ce secteur, dans la mesure où, après les études de marché que nous pourrons faire, c’est aussi un domaine où nous avons vocation à investir.
A part l’assurance vie qui n’a pas une très grande part de marché généralement en Tunisie, quels sont les nouveaux produits qu’on risquerait de retrouver en Tunisie à travers la présence de Groupama chez la Star ?
On a parlé de l’assurance agricole, on peut aussi parler du développement de l’assurance transport et de l’assurance des personnes. Mais là, je pense que nous aurons besoin d’approfondir notre connaissance des choses avant de répondre plus précisément.
Et qu’est ce que vous comptez offrir plus en matière d’assurance aux personnes ? Serait-ce seulement d’offrir mieux que les autres ?
Je pense que le groupe est le premier assureur santé individuelle en France. C’est aussi l’un des grands assureurs retraite depuis longtemps et c’est aussi un assureur accidents. Dans tous ces domines nous avons à la fois la technique, la capacité d’innovation. Nous avons beaucoup aussi investi dans la prévention, car nous pensons qu’au-delà de l’indemnisation, il nous faut éviter les sinistres. Notre politique ne consiste pas simplement à conclure des contrats d’assurance, mais aussi d’offrir à nos clients des contrats riches en matière de services. C’est par exemple, être capables de fournir des gardes d’enfants lorsque les parents sont hospitalisés, fournir des assistances scolaires à des enfants lorsqu’ils ne peuvent pas eux-mêmes aller à l’école, etc.… Pour tout ceci nous avons besoin de regarder le marché et nous allons analyser ce que fait la Star dans ces domaines pour voire comment nous pourrions apporter ce savoir-faire supplémentaire à la Star.
Comptez vous vous en tenir aux 35%, ou est ce que vous comptez aller plus loin, dans quelle perspective et dans combien de temps ?
Aujourd’hui nous entrons à la hauteur de 35% dans le capital de la Star. C’est une prise de participation significative et ça s’inscrit dans une privatisation en plusieurs étapes…
On vous a promis plus que ça ?
On ne nous a pas promis. Il y’a certaines choses qui sont prévues, en particulier que l’Etat tunisien a la possibilité de réduire sa participation dans les trois ans qui viennent. Mais ça reste à sa décision.