Au regard du niveau actuel des Technologies de l’Information et de Communication (TIC) par les entreprises tunisiennes ou encore celles étrangères installées en Tunisie, de l’essor du marché d’outsourcing des services TIC et des opportunités de croisement avec les autres filières, notamment le secteur de l’électronique embarquée, le secteur des TIC est appelé à être un nouveau fer de lance de l’économie tunisienne et un moteur de l’export national des services.
L’objectif stratégique fixé pour le secteur par le ministère tunisien de l’Industrie, de l’Energie et des PME, est d’augmenter les exportations des TIC en 10 ans (de 53 Millions de dinars en 2007 à 500 Millions de dinars en 200), et de passer de 8000 à 15 000 étudiants de l’enseignement supérieur par an. Cette stratégie nationale prévoit la contribution de ce secteur au PIB de 8% en 2007 à 20% en 2016. Le nombre d’emplois qui seront créés par ce secteur passeront quant à eux de 6000 emplois en 2007 à 15 000 en 2016. Le secteur privé, incluant bien entendu les investissements étrangers, sera le principal pourvoyeur d’emplois et de contribution en grande partie de l’envol du secteur.
Devenir un hub régional et s’associer à des pôles européens
Selon cette note, le ministère souligne qu’en termes d’orientations stratégiques, le développement du secteur devra nécessairement passer par le développement du marché local, notamment par les applications classiques (ERP, CRM, Solutions décisionnelles) et dans les grands systèmes hautes performances, hautes disponibilité et haute sécurité afin d’accélérer la généralisation de l’économie numérique. Développer le secteur des TIC en Tunisie passe absolument aussi par le renforcement de l’activité informatique sur le marché local. Des grands projets d’envergure et une plus grande promotion des TIC, permettront aux sociétés tunisiennes de services de TIC de se positionner par la suite sur le marché de l’export.
Afin de répondre à l’ambition stratégique de la Tunisie de devenir un hub régional dans le secteur des TIC, les rédacteurs de la note n’ont pas manqué de mentionner qu’il serait convenu de mettre en œuvre une approche de ciblage des opérateurs mondiaux dans l’objectif de voir s’implanter des centres de compétences et de développement régionaux. La connexion aux grands projets européens dans les domaines de la R&D, du transport ou encore et surtout de l’aéronautique, grands consommateurs de compétences TIC, et la collaboration avec les pôles de compétitivité européens dans ces domaines, (System@tic, SCS…), est en mesure d’attirer des opportunités de taille notamment dans l’externalisation des activités de développement de logiciels et de test.
Une vision ambitieuse dont le coût passe par une infrastructure à la hauteur
Mais ces objectifs aussi ambitieux nécessitent non seulement une volonté mais aussi et surtout une vision susceptible de créer le meilleur environnement pour l’achèvement d’un aussi ambitieux projet, la première question concerne notamment la question de l’infrastructure. La Tunisie dispose-t- elle des fondements qui leur permettrait d’atteindre ces objectifs ? Pour le ministère de tutelle il s’agit tout d’abord de répondre aux besoins en infrastructure immobilière. La stratégie de ce secteur, comme prédéfinie, prévoit une infrastructure immobilière renforcée, avec la mise à disposition de 100 000 m² couverts sur une superficie totale de 400 hectares, outre la construction de 30 cyberspaces dans les régions du pays. Le développement d’un pôle de compétitivité multi sites dédié au secteur des TIC. Ce pôle, construit en extension et autour du technopôle El Ghazela, est en cours de déploiement. Par ailleurs, l’assurance qualité des services (CMMI et autres certifications internationales) est également un nouveau champ de bataille pour gagner les marchés d’outsourcing TIC. Ces certifications devraient être généralisés au niveau des grands acteurs du marché d’outsourcing TIC, souligne encore la note du ministère de l’Industrie.