La privatisation en Tunisie est devenue une constante du paysage économique. Elle est même devenue une nécessité, tant le désengagement de l’Etat des secteurs productif est aussi devenu nécessaire dans la démarche d’une économie de marché que suit la Tunisie. Ces résultats sont probants et ont pu sauver plus d’une institution qui aurait pu rester un lourd fardeau pour toute la communauté économique. La privatisation n’en trouve pas moins quelques voix, rémanences d’une ère révolue de dirigisme et d’Etat providence, qui veulent encore que l’Etat dirige tout. Pris sous la loupe, un cas de privatisation donne pourtant raison à cette démarche tunisienne qui en parle comme une « exigence du renouveau de l’économie tunisienne dans un environnement devenu, de plus en plus, hostile aux modalités managériales paternalistes héritées et exigeant des changements systémiques stratégiques touchant le ressort de la dynamique de l’économie où l’Entreprise se retrouve en première ligne , au lieu et place de l’Etat et contribue au replacement de l’entreprise privée au cœur de la nouvelle régulation de l’économie». Ce cas est celui de la Socomena. L’entreprise spécialisée dans le secteur des réparations mécaniques et navales, a été privatisée en juin 2004. Rachetée par une JV Franco-Tunisienne dont le partenaire tunisien est la Pireco d’Abdessalem Ben Ayed (CMRT), l’entreprise retrouve graduellement des couleurs et donne maintenant des signes évidents d’une reprise. Mieux encore, l’entreprise qui était sous perfusion publique tunisienne, multiplie par deux ses recrutements et quintuple sa masse salariale. Quelques chiffres et un document téléchargeable, pour s’en convaincre.
En décembre 2004, le chiffre d’affaire de la Socomena était de presque 2 MDT entre export et marché local. Au 15 octobre 2008, le chiffre d’affaire de la CMRT a dépassé les 17 MDT (15,4 MDT à l’export et 1,7 MDT en local). Le résultat net de l’entreprise avant sa privatisation qui était de 0,5 MDT en décembre 2004, passe à 1,9 MDT en octobre 2008. L’investissement qui a transformé, de fond en comble et au propre comme au figuré comme l’indiquent les photos de notre document, passent de 0,22 MDT à 2,3 MDT en octobre de cette année, avec un pic à 4,2 MDT rn 2006 et un cumul sur les quatre dernières années à plus de 10 MDT.
Côté emplois, craintes toujours de ceux qui n’acceptent pas encore que l’Etat ne soit plus le seul pourvoyeur d’embauche, le nombre des employés de cette compagnie passe de 237 lors de sa privatisation, à 553 en octobre de cette année et les charges salariales correspondantes, passent de 1 MDT à 5,125 MDT au 15 octobre 2008 ! Qui peut dire que cette privatisation et que LA privatisation en Tunisie ne marche pas et n’est pas un projet économique viable ?