La Cession d'un bloc d'actions représentant entre 35 et 51% du capital de la Compagnie Tunisienne de Forage (CFT) qui est le principal opérateur local en matière de forages pétroliers notamment est en cours. Pas moins de 5 grands groupes internationaux ont manifesté leur intérêt et on été short-listés pour cette opération. Remarque importante, au moins deux entreprises tunisiennes du secteur, se sont présentées en consortium avec les cinq étrangères.
On retrouve ainsi dans la short-liste, la plus grande entreprise de forage du monde qui réalisait en 2007 un chiffre d’affaire (CA) de 940 millions Usd et qui est de nationalité américaine. Nabors, l’entreprise en question, dispose déjà de plus de 1300 engins de forage et emploie plus de 24 mille personnes. On retrouve ensuite un autre américain qui s’est présenté en consortium avec un autre étranger. Weatherford est présenté comme le leader mondial des services pétroliers avec un CA de 832 millions Usd l’année dernière. Troisième short-listé, le croate Crosco qui se présente en consortium avec le tunisien Ofis, filiale du groupe Setcar de Farid Abbès. Le croate fait montre d’un CA de 295 millions Usd pour 63 appareils dont 3 en mer. Le quatrième prétendant au rachat de la CFT, est un argentin qui se présente en consortium avec Pireco d’Abdessalem Ben Ayed. Son partenaire, DLS est filiale de l’américain Allis Chamlers Energy et montre un CA de 216 millions Usd pour un parc de 72 appareils de forage. Le dernier sur la liste des prétendants à la CFT et qui se présente seul, est l’algérien ENTP. Filiale de la Sonatrach, il affiche un CA de 398 millions Usd pour 44 appareils et qui a été en partenariat avec Weatherford pour un autre projet en Algérie.
Notons, de sources sûres, que la vente des 51 % de la Compagnie Tunisienne de Forage, devrait se faire dans des conditions bien précises. Selon nos sources, la privatisation de cette entreprise publique qui réalisait en 2006, un important bénéfice de 5,4 millions de dinars en 2006 en nette augmentation par rapport aux 642 milles dinars de l’année 2005, devrait se faire sans pour autant que l’entreprise sorte d’entre les mains des Tunisiens. On croit ainsi savoir, qu’une des conditions qui serait faite aux investisseurs, pourrait être que la majorité du capital futur de l’entreprise reste entre les mains des Tunisiens, qu’ils soient Etat ou privé ou les deux ensemble. Il serait ainsi demandé au nouvel acquéreur de donner au moins 1 % du capital à acquérir, c'est-à-dire les 51 %. Si cette condition est acceptée, les 49 % du capital qui resteront entre les mains du secteur public tunisien (directement l’Etat tunisien et indirectement à travers les institutionnels tunisiens) pourraient être complétées par les 1 ou 2 % du partenaire tunisien de l’acquéreur étranger, pour faire de telle sorte que la CTF reste majoritairement tunisienne.
Créée en 1981, la CTF détient 60% du marché du forage en Tunisie pour des revenus en croissance de 20 % entre 2005 et 2006 et qui passent de 24,7 MDT à 29,7 MDT et un RBE qui passent de 198 milles dinars à 8 MDT. Filiale de l'entreprise publique des activités pétrolières (ETAP) spécialisée dans le forage et l'entretien de puits d'hydrocarbures à plus de 6.000 mètres de profondeur, emploie quelque 600 personnes, opère actuellement sur six plateformes et souffre d’une fuite de cadres, attirés par la concurrence qui lui est actuellement faite par les multiples entreprises qui s’installent en Tunisie à la recherche de pétrole et de gaz en Tunisie.
Il faut rappeler que la CTF fait partie du programme de privatisation des entreprises publiques et que la banque d'affaires de Tunisie (Bat que dirige Habib Karawli) qui assiste l'État tunisien dans l'opération de cession à un investisseur stratégique du secteur forage pétrolier.