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Mercredi 17 Mars 2010

12-10-2008 : Tunisie : Des associations professionnelles peu performantes, et des PME conservatrices !
AM.

Le Famex (Fonds d’Accès aux Marchés d’Exportation), est un organe de grande importance dans la promotion des exportations tunisiennes. Il est l’une des 3 composantes du PDE 2 (Second Programme de Développement des Exportations) qui intègre l’accès aux marchés d’exportation, la garantie de financement des exportations avant expédition et la logistique du commerce. Le Famex 2 est un programme mis en place par le ministère du Commerce et de l’Artisanat, en collaboration avec la Banque Mondiale et mis en œuvre par le Centre de Promotion des Exportations. Le Famex II vient de publier son premier bilan chiffré,  «L’essentiel du Famex II». Ce bilan fait une évaluation des premiers impacts de l’assistance que le fonds a apporté aux entreprises et aux secteurs ayant bénéficié de ses services, ainsi que les conclusions tirées et les principales recommandations qu’il voudrait souligner pour une meilleure percée des entreprises exportatrices tunisiennes dans leurs marchés traditionnels et par conséquent leur fournir de meilleures conseils pour la conquête de nouveaux marchés. Le document est d’importance, surtout lorsqu’on sait que "La capacité d'exportation actuelle, se limite à 7 types de produits. 71 % des exportations vont vers 4 marchés traditionnels". Des éléments soulignés lors de la Consultation Nationale sur l'Emploi organisée le 7.10.2008 à Tunis.

Les Entreprises Non Totalement Exportatrices, plus appréciées

Depuis sa création en Avril 2000, le Famex a approuvé 1400 projets et a bénéficié à 1100 entreprises. Le programme Famex 2 qui a  démarré ses activités le 15 mars 2005 avec un budget de 31,5 millions d’euros, a approuvé 828 projets dont 460 ont été finalisés alors que les 368 restants sont en cours. Le Famex 2 rapporte que 165% de ses objectifs initiaux ont été réalisés (à savoir 500 projets) et que grâce à cette contribution, 88.000 emplois ont été crées et 75% des bénéfices du programme sont partis aux profits d’entreprises ayant moins de 100 emplois. En millions de dinars, le Famex 2 a dépensé 21,5 MD pour la finalisation de 460 projets qui ont représenté 55.3% du budget final. Les projets en cours ont nécessité 16,9 Millions de dinars. Le décaissement du total de ces projets a atteint 13,6 MD (11,9 MD pour les projets finalisés, et 1,7 MD pour les projets en cours). Cette répartition donne un compte global qui favorise le financement des Entreprises Non Totalement Exportatrices à hauteur de 72%, alors que 28% des financements partent aux profits des Entreprises Totalement Exportatrices.

Les Services en tête des projets subventionnés !

72% des projets finalisés ayant ont bénéficié du support du Famex 2, sont des Entreprises Non Totalement Exportatrices à savoir 329 entreprises. Les  131 autres entreprises et à hauteur de 28%, sont des Entreprises Totalement Exportatrices. Pour ce qui est des projets en cours, 268 projets, soient 73% ayant absorbé les financements, sont des entreprises Non Totalement  Exportatrices. 100 autres Entreprises Sont Totalement Exportatrices, soit 27% du nombre total. Le secteur des  services est le secteur qui a le plus bénéficié du support du Famex 2, puisque 232 projets qui ont été financés représentent 28% du total des entreprises subventionnées et qui ont absorbé 24.4% du budget alloué à hauteur de  9,388 Millions de  Dinars. Il a été suivi par le secteur du textile et de l’Habillement avec 21,4% des engagements. En quatrième position on trouve le secteur des Industries agroalimentaires qui a bénéficié de 13,1% des financements puis les industries Mécaniques et Electroniques avec 9,8%, l’Artisanat  a bénéficié de 6,5% des financements. Au bas de la liste, c’est le secteur des Industries des Matériaux de Construction, Céramiques et Verrerie, qui n’a bénéficié que de 2,3% du budget à savoir 884 mille dinars, grâce à seulement 17 projets approuvés.

Implantations réussies dont plusieurs dans des pays non traditionnels

Dans son évaluation des premiers impacts de ces interventions, le Famex II a tiré maintes conclusions sur ce travail effectué en collaboration avec 460 entreprises. Selon une classification selon les résultats atteints, 267, soit (58%)  du nombre des entreprises, ont obtenu un « A » soit des « Résultats Bons », 100 autres soit 22% ont été classées sous le signe « B » ayant obtenu des « Résultats Moyens », alors que les 93 entreprises restantes et représentants 20% du total ont obtenu un « C », soit des « Résultats Faibles ». Mais les résultats  de l’évaluation montrent aussi que grâce à cette effort du Famex 2, 170 Millions de dinars ont été enregistrés en tant qu’exportations additionnelles (estimations des bénéficiaires), outre un ratio de 14,2 des exportations additionnelles/ subventions (dépassant ainsi 10, ratio visé en tant qu’objectif). 40 pays non traditionnels ont été ciblés, dont une majorité de pays africains ainsi que trois pays asiatiques notamment la Chine, l’Indonésie et la Malaisie, avec 7 MD, chacune. Le Famex 2 a aussi permis de créer un marché d’un chiffre d’affaires de 4 Millions de dinars pour au profit du marché du Consulting pour 245 entreprises et au profit de 60 consultants. Il a aussi contribué à ce que 90% des entreprises aient crée ou modernisé leurs sites web. Ainsi que la création de 14 consortiums d’exportation qui se comptent parmi les plus importants résultats du Famex II, puisque ces consortiums ont été dans différents domaines tels que les TIC, la confection, le consulting et l’Artisanat. Ils ont en gros contribué avec 3 Millions de dinars sous forme d’exportations additionnelles réalisées.

Associations professionnelles « peu performantes », et PME « conservatrices »

Malgré tous les résultats, que le programme Famex 2 a dégagé quelques points faibles et les dirigeants du programme n’ont pas oublié de mentionner et de recommander les solutions qu’il faut. Le Projet a pu constater que les associations professionnelles restent « peu performantes », à cause du « très peu de moyens et de compétences dans le domaine des exportations ». La taille des PME et leurs structures financières restent ainsi des handicapes  pour l’action d’exportation qu’elles considèrent un  investissement de moyen- long terme. Ces PME restent plutôt réactives que proactives et sont plutôt conservatrices que novatrices, et par conséquent elles éprouvent beaucoup de difficultés à fixer une stratégie et à s’y tenir. Les PME trouvent aussi des difficultés à passer de la production vers le Marketing, la stratégie, la communication, l’organisation et le développement des ressources humaines. Le véritable problème de l’exportation, conclut le Directeur Coordonnateur  du Famex 2 réside dans la capacité des chefs d’entreprises à exécuter des programmes d’actions clairement définis dans le cadre d’une stratégie qui a été établie avec l’étroite collaboration d’experts qualifiés.  

Gagner la confiance des PME et collaborer avec des experts qualifiés

Le Famex 2  a donné ses recommandations. Il appelle surtout à éviter la coupure entre le Famex 2 et le Famex 3 et à continuer à faire appel à de véritables professionnels de l’export pour en assurer la gestion. Il a aussi conseillé de donner le droit à son successeur (le Famex 3) de trancher sur l’aide accordée aux entreprises les plus performantes à l’export pour défendre les parts de marché, si cette aide partira aux profits des PME en espérant qu’elles deviennent exportatrices un jour. Le Projet a crée une dynamique d’exportation aux niveaux des PME, des secteurs des services et des entreprises travaillant sur le marché local comme il a permis de diversifier les marchés d’exportation (Sénégal, Mauritanie, Indonésie, Mali Soudan,…). Le Famex a acquis une bonne notoriété, souligne le rapport, en tant que programme public-privé basé sur l’assistance technique au profit des PME et le partage des coûts et des risques avec les entreprises bénéficiaires. Il conseille de continuer à travailler avec la Banque Mondiale dont l’assistance technique est un gage qui permet de booster régulièrement le programme, ainsi que d’optimiser les audits et les procédures administratives, leur multiplicité et parfois même leur redondance ont bloqué l’avancement du programme sans y apporter le plus espéré.



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