Le Premier ministre marocain, Abbas El- Fassi, a sollicité l'aide de l'Espagne pour trouver une solution au conflit du Sahara occidental, vieux de plus de 30 ans, lors d'une rencontre, jeudi à Rabat, avec la vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega, indique un communiqué de la Primature rendu public vendredi à Rabat.
"J'ai demandé à l'Espagne d'aider à ce que ce problème trouve une issue car nous désirons un Maghreb arabe uni, nous ne voulons pas de conflit avec nos voisins et parce que, dans la région, il existe un problème de terrorisme", a souligné M. El-Fassi, cité par le communiqué.
L'Union du Maghreb arabe (UMA), créée le 17 février 1989 à Marrakech, regroupe, outre le Maroc, l'Algérie, la Libye, la Tunisie et la Mauritanie. Cet ensemble sous-régional est littéralement paralysé depuis le dernier sommet tenu à Tunis en avril 1994 à cause de divergences entre Rabat et Alger sur le conflit du Sahara Occidental.
M. El Fassi s'est, en outre, déclaré "satisfait" du soutien international à la proposition d'autonomie du Sahara occiental, sous souveraineté marocaine, selon la même source.
Selon le communiqué de la Primature marocaine, Mme de la Vega a exprimé la disposition du gouvernement espagnol à jouer un rôle actif pour parvenir à une solution à ce conflit, ajoutant que son pays est "confiant" quant à l'aboutissement du processus de négociations sur cette question, entamé à Manhasset (banlieu new- yorkaise) et que Madrid oeuvre activement à la recherche d'une solution durable et acceptée par toutes les parties.
"Nous oeuvrons activement pour trouver une solution durable et acceptée par les parties, qui mette fin à ce contentieux", a affirmé Mme de La Vega, qui a entamé mercredi une visite de travail et d'amitié de deux jours au Maroc.
En avril 2007, le Maroc a présenté à l'ONU une initiative pour la négociation d'un statut d'autonomie de la région du Sahara. Il s'agit d'un projet de large autonomie, que le Roi Mohammed VI propose d'accorder au Sahara occidental dans le cadre de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du royaume alaouite.
Cette proposition, selon Rabat, permettra aux populations du Sahara occidental de gérer -elles-mêmes et démocratiquement- leurs affaires à travers des organes législatif, exécutif et judiciaire dotés de compétences exclusives. Elles disposero nt également des ressources financières nécessaires au développement de la région dans tous les domaines.
Quant à l'Etat marocain, il conservera ses compétences dans les domaines régaliens, en particulier la Défense, les Relations extérieures et les attributions constitutionnelles et religieuses du souverain chérifien.
Cette proposition est rejetée par le Front Polisario qui réclame l'indépendance totale de l'ancienne colonie espagnole.
Le Maroc et le Front Polisario poursuivent depuis juin 2007, sous l'égide de l'ONU, des négociations à Manhasset, destinées à déterminer l'avenir du territoire.
Ancienne colonie espagnole, le Sahara Occidental est sous contrôle du Maroc depuis 1975. Le Polisario, soutenu par l'Algérie, réclame un référendum d'autodétermination dans lequel l'indépendance serait l'une des trois options offertes. Les deux autres options étant le rattachement au Maroc et l'autonomie.
|