Le directeur adjoint du Bureau sous-régional de l'Organisation internationale du travail (OIT), Dramane Haïdara a invité ce jeudi à Dakar, au Sénégal, les pays africains à "approfondir l'espace de dialogue dans la pêche afin d'améliorer les conditions de travail des pêcheurs et d'en faire un instrument au service du développement".
Selon le directeur adjoint du bureau sous-régional de l'OIT, il existe de profondes inégalités entre les sous-secteurs de la pêche artisanale et de la pêche industrielle, mais aussi un manque de dialogue tripartite et une absence de conditions de travail décentes pour la grande majorité des pêcheurs de plusieurs pays africains.
M. Haïdara s'exprimait au cours d'un séminaire régional de deux jours (09-10 octobre 2008), sur le travail décent dans le secteur de la pêche qui regroupe la Mauritanie, le Maroc, la Guinée-Bissau et le Sénégal.
"Si on prend en considération les données du Programme des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) concernant la surexploitation des ressources halieutiques, on obtient un scénario préoccupant en termes de perspectives d'avenir au niveau écologique, économique et social dans le secteur de la pêche", a-t-il fait remarquer.
"La pêche joue un rôle primordial", a soutenu M. Haïdara avant de rappeler qu'elle "contribue à l'équilibre de la balance de paiement, à la création d'emplois et à la satisfaction des besoins alimentaires et nutritionnels des populations".
Les données régionales de la FAO indiquent qu'en 2005, l'activité de pêche représentait 1,8% du Produit intérieur brut (PIB) du Sénégal, 2,5% au Maroc, 4% en Guinée-Bissau et 10% en Mauritanie.
Selon toujours le directeur adjoint de l'OIT, dans ces quatre pays, la pêche constitue une des principales sources de devises étrangères avec 300 millions de dollars US par an, soit 18% des exportations du Sénégal, 50% en Mauritanie et 10 millions de dollars US par an en Guinée-Bissau, essentiellement du seul fait des licences de pêche vendues à l'Union européenne (UE).
Le secteur est aussi grand pourvoyeur d'emplois, avec plus de 45.000 emplois indirects en Mauritanie, 120.000 en Guinée-Bissau, 280.000 au Maroc et près de 600.000 emplois au Sénégal, selon toujours l'OIT qui cite les données de la FAO.
Pour M. Haïdara, le rôle nutritionnel des produits de la pêche est également considérable dans le régime alimentaire des populations puisqu'ils constituent 20% des apports en protéines totaux en Mauritanie et 75% au Sénégal.
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