La reconstruction de l'économie moribonde du Zimbabwe doit être une priorité de la communauté internationale, a plaidé l'ONG internationale Oxfam, à la suite de la signature ce lundi d'un accord de partage du pouvoir au Zimbabwe.
"Le report n'est pas une option. La communauté internationale doit apporter un soutien et une assistance au nouveau gouvernement de coalition", a estimé Charles Abani, directeur régional d'Oxfam pour l'Afrique australe. Selon lui, cette assistance doit être soigneusement coordonnée et gérée, afin que les institutions étatiques "très faibles" ne soient pas trop sollicitées. "La société civile zimbabwéenne doit aussi être impliquée dans un processus transparent", a-t-il dit.
Les citoyens ont désespérément besoin de vivres, de soins de santé, d'eau potable et d'un véritable assainissement, rappelle Oxfam, en notant que le peu de denrées alimentaires disponibles est hors de portée de la bourse de la majeure partie de la population. Environ 3,8 millions de personnes auront besoin d'ici à octobre d'une aide alimentaire d'urgence. L'espérance de vie pour les femmes n'est que de 35 ans, et le chômage s'affiche à 85 pour cent, signale Oxfam.
"La communauté internationale ne doit pas venir jeter l'argent puis s'en aller et dire que le travail a été fait. Le Zimbabwe a besoin d'un plan à long terme, de construire un partenariat et partager les responsabilités, et d'être soutenu par une aide prévisible des bailleurs internationaux", a observé M. Abani.
"Il est aussi important d'autre part que le gouvernement du Zimbabwe respecte ses engagements en faveur de la reconstruction de la nation. Le gouvernement de coalition doit montrer la voie à suivre dans le processus de reconstruction pour que le soutien international porte ses fruits. Il doit assurer un accès équitable et efficace à l'assistance humanitaire, étendre l'espace opérationnel pour toutes les organisations de la société civile, et traiter rapidement les problèmes 'enregistrement non réglés pour les ONG", a-t-il ajouté.
Selon Oxfam, de nombreuses organisations locales et internationales souhaitant reprendre leur aide à la population pauvre du Zimbabwe ne sont toujours pas en mesure de le faire à cause des problèmes d'enregistrement. L'ONG a invité, à cet effet, le nouveau gouvernement à faciliter le processus d'enregistrement "ce, dans l'intérêt des Zimbabwéens qui ont besoin d'aide".