Tunisie : Et maintenant, pourquoi ne dit-on plus rien ?
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Mercredi 03 Décembre 2008

15-09-2008 : Tunisie : Et maintenant, pourquoi ne dit-on plus rien ?
par : K. Boumiza.

Le baril de pétrole Brent pour livraison en octobre échangé à Londres, est passé jeudi 11 septembre 2008, sous les 98 dollars, touchant 97,85 dollars et réalise ainsi son record au plus bas depuis le mois de février dernier. Et même s’il avait, en fin de semaine très légèrement remonté au-dessus de la barre des 100 Usd, il redevient tout de même nettement plus abordable pour des économies comme celle de la Tunisie. Dans le sillage, les prix de presque la totalité des matières premières, s’orientent, inexorablement selon les experts, vers la baisse.

Dans la foulée aussi de cet effritement continu depuis plusieurs semaines, des prix du pétrole, on constate cependant un raffermissement du billet vert, qui touche un de ses plus hauts pics depuis un an, à 1,39 dollar pour un euro. Selon le site internet du journal le Figaro, «les craintes d'une récession en zone euro ont fait plonger la monnaie unique à un plus bas de 11 mois. L'euro est repassé sous les 1,39 dollar jeudi, soit un plus bas depuis le 18 septembre 2007. Les inquiétudes autour des perspectives de croissance sur le vieux continent ont un peu plus fait chuter la monnaie unique face aux autres devises, dont le dollar». Confirmant ces craintes et expliquant cela par un ralentissement économique plus important que prévu, la Commission européenne avait abaissé mercredi dernier sa prévision de croissance 2008 pour la zone euro à 1,3%, contre 1,7% auparavant et temporise, pour ne pas y participer elle-même, en estimant que la zone euro va éviter de justesse la récession.

Communiquer, n’est pas seulement crier au loup !

Ces quatre informations contenues dans ces quelques paragraphes (baisse du prix du pétrole, baisse des prix des matières premières, hausse du dollar américain et la croissance européenne plus lente), apportent à la fois de bonnes et de moins bonnes nouvelles pour une économie tunisienne qui a été fortement contrainte.

En effet, il est permis de penser que cette baisse du prix du pétrole est de nature à soulager le budget tunisien à travers la baisse des charges de la Caisse de Compensation. Le gouvernement tunisien avait pendant plusieurs mois longtemps mis en exergue que chaque dollar ajouté sur les prix du pétrole, depuis qu’ils avaient dépassé les 100 dollars, équivalait pour lui à une charge supplémentaire de 5 MDT. Il est désormais permis de faire le raisonnement contraire. Il est aussi permis de penser que ce revirement vers la baisse des matières premières, soulagera la balance commerciale d’une Tunisie à l’industrie de transformation. Cette baisse devrait, normalement, signifier une baisse (à quantifier !) des coûts de production et amener à une certaine baisse des prix domestiques. Il semble en effet normal que ces industriels qui avaient vite de répercuter les augmentations des prix internationaux sur ceux de leurs ventes locales, devraient maintenant à leur tour amorcer la décrue.

Pour l’instant, il n’en est rien et on ne voit nulle part des baisses de prix, ni à la pompe, ni sur les étagères. L’inflation, où l’une des composantes est l’inflation importée, pourrait pourtant en bénéficier. Pour l’instant aussi, la politique de communication du gouvernement tunisien ne change pas de cap et garde le silence sur ces nouveaux développements et se garde bien de tout commentaire.

La croissance européenne et celle de la Tunisie.

Ces deux «bonnes» informations, ne sauraient cependant cacher les deux autres, aux perspectives moins bonnes. Il y a d’abord le raffermissement du cours du dollar et donc, par incidence, le repli du cours de l’euro. Sur le marché des changes, selon le dernier communiqué de la Banque centrale de Tunisie, le dinar tunisien a enregistré une baisse face à l’euro de 0,6%  et une appréciation par rapport au dollar américain de 0,3% et ce, depuis le début de l’année et jusqu’au 22 août 2008. Si le raffermissement du dollar se poursuit, ces ratios pourraient bien changer. L’appréciation du Dinar tunisien face au dollar US avait au moins ce bon côté d’atténuer le coût par exemple de la facture pétrolière. Le dollar remontant, il paraît inévitable que l’euro, un fait qui impactera nécessairement le résultat financier des exportations tunisiennes. A cela, il faudra ajouter les perspectives moins bonnes encore, d’une économie européenne dont la croissance se relâche. L’information n’est pas toujours bonne, pour une économie tunisienne dont presque 20 % des échanges se font avec l’Europe.



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