A partir du 01 septembre 2008, la reconnaissance mutuelle des certificats de conformité des produits tunisiens et libyens est entrée en vigueur. Le comité mixte tuniso-libyen, relatif à la reconnaissance mutuelle des certificats de conformité des produits, a tenu, du 26 au 28 août 2008 au siège de l'Institut National de la Normalisation et de la propriété industrielle (INNORPI), sa 15ème réunion et qui a porté sur la détermination des analyses et essais essentiels pour l'octroi de certificats de conformité suivant les secteurs.
Cette réunion vient suite aux recommandations du haut comité exécutif tuniso-libyen, lors de sa 21ème session, d'accompagner obligatoirement les produits échangés entre les deux pays de certificats de conformité.
Il y a lieu de signaler que les accords de reconnaissance mutuelle (ARM) des certificats de conformité des produits échangés entre la Tunisie et la Libye sont entrés en vigueur à titre facultatif à partir du premier janvier 2008.
Et depuis, deux commissions relevant des administrations douanières et fiscales des deux pays ont été créées afin « d’élaborer les mécanismes adéquats de nature à faciliter toutes les formalités les concernant, en vue d’établir une taxe et un poste douaniers communs, et d’encourager les citoyens des deux pays à faire confiance aux produits locaux et à en faciliter l’échange ».
Cette procédure, destinée à faciliter le commerce entre les deux pays, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de libre-échange, signé entre les deux pays le 14 juin 2001, et qui prévoit la création de la zone de libre-échange tuniso-libyenne dans la région de Zaoura-Boukemache, près des frontières tunisiennes.
La Libye et la Tunisie cherchent à porter leur volume d’échange à plus de 4 milliards de dinars par an, construire un village touristique à proximité de la frontière entre les deux pays et réaliser de projets mixtes notamment dans le domaine des travaux publics.
De mesures encourageantes ont été décidées à cet égard : dispenser les tunisiens du visa d'entrée en Libye, faciliter la circulation des véhicules lourds, renforcer la desserte et les liaisons terrestre, maritime et aérienne entre Tripoli et Tunis, adopter les dinars tunisien et libyen comme monnaies d'échange pour régler en liquide les transactions dans les deux pays.
Jusqu'à ce jour, une trentaine de projets tunisiens d'investissement ont été réalisés en Libye pour un montant de 176 millions de dollars.
Les investisseurs libyens occupent la quatrième position parmi les investisseurs arabes en Tunisie avec une quarantaine de projets dont une trentaine dans le secteur industriel, les autres dans le tourisme et les services.
Récemment le ministre libyen du commerce et de l’investissement a annoncé que « La Libye réfléchit actuellement à réaliser un oléoduc et d’un gazoduc ainsi qu’à construire une raffinerie de pétrole dans la région de Skhira en Tunisie dans le cadre d’un projet conjoint tuniso-libyen en collaboration avec des investisseurs internationaux ».
Courtisé par plusieurs entreprises multinationales exerçant dans diverses activités, le marché libyen connaît ces dernières années une ouverture irréversible aux marchés étrangers. En témoigne, la présence de plus en plus massive des produits étrangers notamment asiatique, européen et américain.
Le processus de libéralisation de l’économie libyenne, amorcé en 2003, connaît chaque année de nouvelles avancées. Les grandes lignes du plan de développement, doté de 80 milliards de dollars, sont : l’encouragement du secteur privé et de l’économie de marché, la privatisation d’entreprises publiques, l’institution d’une Bourse de valeurs et la décision d’adhérer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).